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Des dizaines d’ex-habitants de la ville de Yamit et des villages environnants ont marqué ce mardi 10 avril 2012 les 30 ans de l’évacuation de péninsule du Sinaï et de la région, dans le cadre de l’accord de paix signé avec l’Egypte.

Ces habitants du sud d’Israël, relogés en majorité dans les localités du conseil régional d’Eshkol, se sont rassemblés sur le site de Kirot Yamit, où sont dressés les vestiges des murs des maisons détruites et ont élevé un drapeau d’Israël au mémorial d’Otsvat Hafelda.

Tristes mémoires, les souvenirs difficiles de cette évacuation , en avril 1982, est dans tous les visages des ex-habitants de Yamit. Cette implantation israélienne dans la péninsule du Sinaï etait établie après la guerre des Six Jours de 1967. Cette ville exista jusqu’en 1982, à l’application du traité de paix israélo-égyptien et du retrait israélien.

Cette nouvelle ville fut bâtie à un endroit totalement désert. Les relations entre les nouveaux juifs et les Bédouins du Sinaï n’ont jamais soulevé de problèmes, d’après de nombreux témoignages.

Un accord entre Israël et l’Égypte stipulait que l’Égypte pourrait verser 80 millions de dollars pour récupérer les infrastructures et les maisons construites par les Israéliens. Toutefois, le Premier ministre Menahem Begin décida à la dernière minute de tout raser. D’après l’ambassadeur israélien en Égypte à cette époque, Begin craignait plus tard un retour des anciens habitants israéliens et des incidents avec les éventuels futurs résidents égyptiens.

Conformément aux accords de Camp David signés avec l’Égypte en 1978, Menahem Begin a mis un terme à l’annexion du Sinaï qui durait depuis la Guerre des Six jours, en restituant à l’Egypte l’intégralité des 60 000 km² de la péninsule.

Le retrait, progressif, s’était étalé depuis 1979, avec le démantèlement par Israël de nombreux avant-postes et bases militaires et de plusieurs colonies. Il a pris fin avec l’expulsion définitive des 2 500 habitants de Yamit, qui s’opposaient violemment à leur départ forcé depuis plusieurs jours.

Des images difficiles de cette évacuation, des juifs face à d’autres juifs…

Au total, environ de 6 milliards de dollars ont été nécessaires pour déplacer les infrastructures et équipements militaires à l’intérieur de l’Etat israélien, et environ 700 millions de dollars seront versés aux 1 400 familles comme compensation financière.

L’évacuation de la ville de Yamit et des villages environnants a été supervisée par le ministre de la défense Ariel Sharon, et les heurts n’ont pu être évités : depuis le 19 avril 1982 , les habitants juifs s’étaient barricadés dans leur habitation et refusaient de quitter les lieux. Après que l’armée a réussi à faire partir tous ses habitants, la ville a été rasée pour éviter que les habitants ne tentent de revenir sur les lieux. Beaucoup d’entre eux choisiront d’installer de nouvelles communautés dans le désert du Néguev.

Nous Oublions aussi qu’en 1956, Tsahal envahit en quelques jours la péninsule (avec les soutiens français et britanniques) pour mettre un terme au blocus égyptien sur le port israélien d’Eilat sur la mer Rouge et répondre à la nationalisation par Nasser du canal de Suez (voir l’article détaillé). Les pressions américaines et soviétiques obligèrent les Israéliens à se retirer et l’ONU déploya des forces pour démilitariser la péninsule.

En 1967, l’Égypte ordonna le retrait des forces onusiennes, reprit son blocus du détroit et opéra militairement dans le Sinaï. L’offensive israélienne défit en six jours l’armée égyptienne et Israël choisit de garder le contrôle complet de la péninsule pour en faire une zone tampon

Durant la guerre du Kippour en 1973, (appelé ainsi parce que l’attaque-surprise des armées arabes eut lieu le jour de l’une des principales fêtes religieuses juives), les Égyptiens forcèrent la ligne Bar-Lev supposée imprenable qui avait été construite le long de la frontière entre le Sinaï et l’Égypte. Toutefois, les Israéliens repoussèrent finalement l’attaque et passèrent même le canal de Suez.

En 1979, le Sinaï fut échangé par les Israéliens contre un traité de paix avec l’Égypte. Le retrait israélien sur la péninsule entraîna la destruction de colonies de peuplement comme la ville de Yamit, au nord-est. La Force multinationale et observateurs au Sinaï surveille la frontière depuis 1982

Le Sinaï devient aujourd’hui un casse-tête sécuritaire pour Israël. Les autorités militaires israéliennes sont inquiètes de l’installation de forces terroristes liées notamment à al-Qaida mais aussi au Hamas palestinien et à l’aile dure des Frères Musulmans égyptiens.

Au cours ces dix dernière années plus de 10 tentatives terroristes ont été découvertes et anéanties à Sinaï, a déclaré le chef des services du renseignement militaire en Israel avant d’ajouter : il faut s’apprêter pour de nouveaux scénarios, menaces et instabilité dans la région. Israël châtiera ceux qui ont lancé des missiles sur Illat, a affirmé le chef d’Aman. La situation sécuritaire de Sinaï nécessite une autre forme d’interaction, a-t-il fait savoir.

Ftouh Souhail

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