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Yamina Thabet, présidente de l’Association Tunisienne de Soutien aux Minorités (ATSM) a été convoquée devant la justice pour « diffamation » pour avoir osé défendre les droits bafoués en Tunisie de la petite communauté juive.

La convocation est basée sur une plainte déposée en 2012 pour ” diffamation ” par des groupes islamistes influents en Tunisie qui lui reprochent de défendre ”les ennemis sionistes”. Il s’agit d’une méthode d’intimidation basée sur des faits inexistants et sur d’autres accusations aussi absurdes qu’erronées.

Les islamistes ressortent cette affaire, comme par hasard maintenant, pour briser  la volonté de cette femme quelques jours seulement après que son Association a organisé un premier colloque sur la déportation en Tunisie (1). Cet événement, unique dans le monde arabe, a provoqué la colère des milieux conservateurs antisémites car il a rappelé la nécessité du respect de la mémoire des victimes juives suite aux terribles événements de 1942-43, lorsque les Allemands avaient occupé la ville de Tunis (2). 

Association Tunisienne de Soutien aux Minorités

Cette ONG tunisienne  dérange aussi parce qu’elle a ouvert, depuis quelques mois, un dossier très sensible en Tunisie à savoir celui des biens confisqués d’une grande partie de la communauté juive locale qui a quitté précipitamment le pays suite aux crises successives de 1967 et 1973.

Des milliers de Juifs tunisiens sont partis en masse, les uns en France, les autres en Israël
poussés à l’exode et obligés d’abandonner leur immeubles, commerces et maisons.

Au fil du temps une véritable mafia locale, bien placée dans les rouages de l’État central tunisien et l’Administration locale, s’est installée pour exploiter les biens des Juifs et empêcher toute revendication.

Or la présidente de l’Association de Soutien aux Minorités a réussi récemment à gagner un procès et a récupérer une maison d’une dame juive après qu’elle a été squattée illégalement, durant une quarantaine d’années, par une famille musulmane. Cette évolution positive menace les intérêts de la mafia locale car d’autres familles juives pourraient tenter elles aussi des actions pour récupérer des biens spoliés, des maisons, des terrains agricoles, ainsi que des commerces qui ont été confisqués. Il y a eu aussi des biens juifs nationalisés en 1962 et 1964.

Les observateurs locaux en Tunisie notent surtout que le mouvement Islamiste d’Ennahdha ( tout comme le clan de l’ancien président Ben Ali ) est déterminé à protéger la mafia locale de l’immobilier qui détient l’essentiel des biens immobiliers des Juifs.

Basma Jbali, élue d’Ennahdha à la constituante, avait dénoncé en mai 2012 la vente de terrains sur de l’île de Djerba à des Juifs pour faire de Djerba ”une seconde Palestine”. Des propos qui ont suscité l’indignation de la communauté israélite de l’île (3).

En octobre dernier à Paris, l’Association de Yamina Thabet a révélé aussi des actes délictueux commis contre des Tunisiens de confession juive sur l’île de Djerba. Elle rapporté une série d’agressions, toutes commises par un homme qui se présente  comme «le nouvel Hitler de Djerba», qui a crée la panique parmi les quelques centaines de Tunisiens de confession juive habitant dans l’île où se trouve l’une des plus vieilles synagogues au monde, la Ghriba (4).

En juillet 2013, la présidente de l’ONG a reçu une menace de mort via un appel téléphonique, suite à la publication de certains faits dérangeants sur la relation entre les musulmans et les juifs en Tunisie.

En avril 2013 une campagne de diffamation est lancée sur les réseaux sociaux par des militants islamistes à l’encontre de la présidente de l’Association Tunisienne de Soutien aux Minorités. Elle s’est manifestée contre la visite, en Tunisie, de Dieudonné condamné à en France de multiples reprises pour antisémitisme, négationnisme, apologie de crime contre l’humanité.

Yamina Thabet est aujourd’hui de nouveau menacée pour avoir défendu un non musulman dont la maison a été squattée par un arabe musulman. Son combat est ignoré comme d’habitude par les médias tunisiens dans un contexte locale de racisme et d’antisémitisme croissants dans le pays.

En s’attaquant au combat de cette ONG, les islamistes tunisiens et la mafia de l’immobilier en Tunisie veulent faire perdurer la situation actuelle pour que rien ne change de la politique par rapport aux juifs et surtout pour rendre la vérité et la justice impossible.

Nous dénonçons cette nouvelle tentative de mettre en cause la liberté du travail d’une ONG dont l’objectif est défendre les droits légitimes des minorités.

Les membres de la communauté juive vivent depuis trois ans déjà une période de peur et subissent les conséquences de la montée de l’intégrisme religieux.

Nous nous déclarons solidaires avec Yamina Thabet,  présidente de l’Association Tunisienne de Soutien aux Minorités et nous demandons le retrait de la plainte et l’abandon de toutes poursuites judiciaires éventuelles contre elle.

Yamina Thabet a besoin de nous : pour toute volonté de soutien à cette ONG, envoyer un courriel sur : soutenezastm@gmail.com

Souhail Ftouh, représentant d’Avocats Sans Frontières en Tunisie

(1) Voir http://www.tribunejuive.info/international/a-tunis-conference-sur-la-shoah

(2) Tous les gouvernements tunisiens ont refusé de reconnaître le passage des nazis car ils ont fait subir aux juifs de Tunisie des sévices qui ont compris le travail forcé dans les camps, les réquisitions, les amendes collectives, les assassinats, les viols et les déportations, pendant l’occupation de ce pays par leurs troupes. Cette période de six mois, pendant laquelle les Juifs de Tunisie ont souffert directement de l’occupation nazie, la Tunisie tend à occulter ou à minimiser, mais l’histoire se refuse à s’effacer.

(3) Voir notre article: http://www.terredisrael.com/infos/tunisie-une-elue-raciste-dennahdha-veut-limiter-la-vente-de-terrains-aux-juifs/

(4) Voir http://www.tunisiadaily.com/2013/10/02/des-juifs-agresses-a-djerba-par-un-individu-se-presentant-comme-le-nouveau-hitler/

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