Arabie Saoudite: Vague d’interpellations contre des Palestiniens sous l’accusation de “soutien au Hamas”

Les autorités saoudiennes ont arrêté au moins trente personnes qui sont interpellées et placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur le terrorisme sur le territoire saoudien.

L’universitaire saoudien Said bin Nasser al-Ghamdi, résident à l’étranger, a dit que Riyad a lancé une nouvelle campagne d’arrestations parmi les résidents palestiniens  soupçonnées d’appartenir au Hamas et de sympathiser avec la résistance palestinienne.

Al-Ghamdi a déclaré dans un tweet que certains des Palestiniens se sont vu refuser le droit de voyager, d’autres ont gelé leurs comptes bancaires et leurs biens ont été confisquées.

Les autorités saoudiennes n’ont pas commenté ces informations dans l’immédiat.Le gouvernement saoudien considère le mouvement de Frères Musulmans comme terroriste. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est proche de la position israélienne dans le dossier du Hamas.

Pays allié des États-Unis, ces nouvelles arrestations ont été annoncées alors que Israël a facilité  le départ pour pèlerinage à La Mecque de milliers de palestiniens.

Plus de 5 000 Palestiniens ont franchi le pont Allenby la semaine dernière pour se rendre à La Mecque en Arabie saoudite afin de faire de la Omra, comme chaque année.

En août 2018, l’Arabie saoudite a durci les règles d’immigration régissant l’accès à son territoire. Les Palestiniens n’ayant pas la nationalité de leur pays d’accueil ne pouvaient plus s’y rendre. Le royaume saoudien est revenu sur sa décision, en décembre 2018.

Un journal saoudien publie une liste de “40 terroristes”, y compris Cheikh Yassine

Un journal saoudien a publié une liste de “40 terroristes” dans le monde, influencés par les idées des Frères musulmans, classées comme terroristes et interdites en Égypte.

Le journal “La Mecque” publie un rapport dans lequel 40 “terroristes” influencés par l’idéologie “terroriste” des Frères musulmans sont classés.

Un journal saoudien a déclenché une tempête dans le royaume après que les dirigeants du Hamas eurent été qualifiés de “terroristes, élevés au sein des Frères musulmans“. Parmi les dirigeants mentionnés dans le rapport de La Mecque figurent Ismail Haniyeh, Yahya al-Senwar, Mohammed al-Deef, Ahmed Yassine, Abdel Aziz al-Rantissi et Khaled Meshaal.

On y trouve aussi dans la liste le cheikh Yusuf al-Qaradawi, président de l’Union mondiale des érudits musulmans, Sayyid Qutb, le père spirituel des Frères musulmans, le président égyptien Mohamed Morsi, Abdul Majeed al-Zindani, fondateur des Frères musulmans au Yémen et Mohammed Deif, commandant en chef des brigades Qassam.

Le rapport a ensuite été supprimé après avoir suscité de vives critiques.

Le reportage a mis en exergue les “relations entre les Frères musulmans” et les organisations décrites par le journal comme “terroristes”. Ces dernières années, les médias saoudiens ont pris d’assaut plusieurs fois, qualifiant le Hamas d ‘”organisation terroriste”.

Le journal “La Mecque” cite le site que les Frères musulmans ont des liens idéologiques avec les groupes “terroristes” violents, tels qu’Al-Qaïda et Hadash et le Front Nasra et autres.

Un activiste palestinien en Norvège est menacé et la CIA intervient

Le Guardian a appris que la CIA avait averti la Norvège qu’un important militant arabe vivant dans le pays sous protection d’asile risquait d’être menacé par l’Arabie saoudite.

Dans un reportage publié le mardi 7 mai 2019, Iyad al-Baghdadi, écrivain d’origine palestinienne actif sur Twitter, s’est rendu célèbre lors du Printemps arabe lorsqu’il a commencé à écrire des tweets sur la révolution égyptienne. Militant en faveur des Frères Musulmans et critique acharné du prince Mohammed bin Salman.

al-Baghdadi a eté informé le 25 avril lorsque les autorités norvégiennes se sont rendues chez lui, l’ont emmené dans un lieu sûr et l’ont averti qu’il courait un risque imminent d’une menace non précisée de l’Arabie saoudite.

Le Guardian, a appris qu’une agence de renseignement étrangère,il s’agissait de la CIA, et avait informé les autorités norvégiennes de la menace sur ce militant islamiste palestinien.

“<em>Si je comprends bien, les Saoudiens me visent, mais on ne sait pas ce qu’ils vont faire“, a déclaré Baghdadi lors d’un entretien téléphonique. “Les autorités m’ont assuré qu’elles prenaient cela au sérieux. Et en effet, ils sont venus », soulignant qu’ils étaient arrivés avec deux équipes: une pour l’éloigner et l’autre pour s’assurer de ne pas le suivre.

Pour sa part, le journal britannique a contacté l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington pour des commentaires, le lundi 6 mai 2019, mais n’a reçu aucune réponse avant sa publication.

Al-Baghdadi a obtenu l’asile en Norvège en 2015 après son arrestation et son expulsion des Émirats arabes unis, le forçant à partir sans aucune accusation ni procès formel.

Toutefois, le fait que la CIA ait alerté les services de renseignement norvégiens ne signifie pas nécessairement que Baghdadi est en danger imminent.

Selon la politique des États-Unis connue sous le nom de Directive sur le renseignement n ° 191, l’agence a “l’obligation de prévenir” légalement, ce qui signifie que la CIA doit alerter la victime potentielle si “des informations crédibles et spécifiques sont recueillies qui indiquent une menace imminente de meurtre ou de blessure intentionnelle“. Enlèvement physique ou dangereux dirigé contre une personne ou un groupe de personnes ».

Il est vrai que cette politique comporte des exceptions légales limitées, mais elle demande à l’agence d’informer la victime potentielle de la menace, même dans les cas qui ne sont pas résolus.

Souhail Ftouh