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L’ancien premier ministre israélien Ariel Sharon est mort, ce samedi 11 janvier, sept  jours après l’anniversaire de l’attaque cérébrale qui l’avait terrassé, le 4 janvier 2006. Au fil de ces huit années de coma profond, les Israéliens n’ont pas oubliés cette figure éminente et courageuse de l’histoire contemporaine de l’État juif.

Une brillante carrière militaire

À 14 ans, Ariel Sharon s’engage dans la Hagana, l’autodéfense juive qui formera le point de départ de l’armée israélienne. Durant la guerre d’indépendance de l’État juif en 1948, lieutenant de section, il est blessé dans l’attaque de la forteresse de Latroun, sur la route vers Jérusalem.

Après l’armistice de 1949, il prend le commandement de la brigade Golani dans le nord d’Israël. En 1952, officier des renseignements, il entame des études en Histoire et Études orientales à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il les interrompt en 1953 pour fonder l’Unité 101, un corps d’élite  contre les infiltrations palestiniennes

Durant la campagne du Sinaï en 1956, commandant d’une brigade parachutiste, il refuse d’attendre les ordres et s’empare du passage de Mitla, non sans un combat sanglant. Cette indiscipline amènera ses supérieurs à freiner sa carrière militaire durant quelques années. En 1962, il est promu commandant des brigades blindées de l’armée et, en 1964, chef du commandement Nord du pays.

En 1966, il devient le plus jeune chef d’entraînement de l’armée. Durant la guerre des Six-Jours en 1967, il combat à la tête de la brigade parachutiste dans le Sinaï. De 1969 à 1971, général de division et chef du commandement Sud, il “nettoie” la Bande de Gaza et la frontière israélo-égyptienne du terrorisme palestinien.

En 1972, ayant perdu l’espoir de devenir chef d’état-major, il quitte l’armée. Mais, en octobre, avec la guerre du Kippour, il est rappelé au front. Là encore, sans attendre les ordres, il traverse le canal de Suez à la tête de ses blindés et encercle la 3e armée égyptienne. L’opération renversera le cours de la guerre en faveur d’Israël, mais coûtera la vie à de nombreux soldats israéliens. Lui-même sera blessé à la tête.

Général de réserve rappelé d’urgence durant la guerre de Kippour d’octobre 1973, il n’en fait qu’à sa tête ; il lance une offensive de sa propre initiative pour franchir avec succès le canal de Suez et encercler une partie de l’armée égyptienne. Plus tard, ministre de la Défense, il lance une offensive défensive au Liban en 1982 pour en chasser les terroristes l’Organisation de Libération de la Palestine de Yasser Arafat.


Un homme politique à la recherche de la paix

L’ homme à la forte corpulence a l’échine solide finit par refaire surface pour arriver au sommet du pouvoir, son ambition de toujours.

Après la guerre du Kippour, il se lance dans la politique. Fin 1973, il est élu à la Knesset sur la liste du front centre-droit qu’il vient de former : le Likoud, qui va réunir le Hérout (la droite révisionniste de Menahem Bégin), divers partis libéraux-centristes et des partisans du “Grand Israël”.

En 1975, le Premier ministre travailliste, Yitzhak Rabin, le prend pour conseiller. En 1976, il crée son propre parti, Chlomtsione, où il cherche à enrôler des intellectuels “colombes”. Mais, en 1977, il n’obtient que deux sièges à la Knesset.

Début 1982, c’est lui, alors ministre de la Défense, qui évacuera le Sinaï en vertu du traité de paix avec l’Égypte. Il en délogera 5?000 personnes , manu militari, et y rasera toute la petite ville de Yamit.

En 1996 M.?Sharon approuve l’autonomisation de la Bande de Gaza et d’une partie de la Judée Samarie. En 1998, ministre des Affaires étrangères, M. Sharon chapeaute les négociateurs israéliens pour le statut final des territoires

En 2003,  réélu Premier ministre, qu’il s’engage a endosser la “feuille de route” du quartet (États-Unis, Union européenne, Russie, Nations unies) pour un État palestinien et et promet aux Palestiniens des concessions israéliennes “douloureuses”.

Fin 2003, nouveau défi : Ariel Sharon annonce son plan de désengagement de Gaza et du nord de la Judée Samarie. Le Likoud Palestiniens, le monde, personne n’y croit. Ariel mène son projet à bien durant l’été 2005.

Enfin, pour entamer un chapitre décisif de conciliation avec les Palestiniens, il lance une ultime gageure : rassembler l’opinion israélienne dans un vaste mouvement centriste. En novembre 2005, il abandonne son Likoud, forme Kadima et rapproche les législatives à mars 2006.  Mais il n’atteindra pas la ligne d’arrivée.  Il sombre dans le coma.

Le peuple israélien gardera néanmoins  le souvenir de l’action politique du onzième premier ministre d’Israël  qui a pris une acuité nouvelle au moment où le processus de paix israélo-palestinien était marqué par une intensification des efforts diplomatiques américains pour le faire aboutir. Il est le premier chef de gouvernement à avoir ordonné un retrait d’une partie des territoires disputés.

Nous saluons le Premier ministre Sharon pour son dévouement à la terre et au peuple d’Israël, ses qualités d’homme d’État et son courage à adopter des mesures audacieuses en faveur de la stabilité et de la paix pour Israël et ses voisins

Souhail Ftouh

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