Au Bourget 2019, les Etats-Unis et Israël se partagent le marché des drones militaires

Au Bourget 2019, les experts l’admettent : il est très difficile de concurrencer les israéliens et les Américains sur le marché des drones militaires.Les Reaper américains ou les Herons TP israéliens dominent le marché des drones militaires.

Premier exportateur de drones devant les Etats-Unis, Israël continue de remporter de jolis succès à l’étranger, malgré un environnement plus concurrentiel. Le champion national reste, Israel Aerospace Industries (IAI), avec le système Heron, le produit best-seller de la division MALAT (avions sans pilote d’IAI). Pionnier du secteur, le fabricant n’est pas le seul groupe israélien à continuer de marquer des points. Le drone MALE Hermes 900 construit par l’entreprise de Haïfa, Elbit Systems pousse aussi une offre sur les drones tactiques.

Peu de pays peuvent se permettre de s’offrir un système de drone stratégiqueD’autant plus que le projet du drone européen fait face à des difficultés.

Au début des années 2010, plusieurs initiatives ont été lancées en Europe pour mettre au point un drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance]. Et aucune n’a pu voir le jour, que ce soit pour Talarion d’Airbus [projet porté par l’Allemagne, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni] ou pour le Telemos [confié à BAE Systems et Dassault Aviation].D’où l’achat ou la location d’appareils américains [MQ-9 Reaper] ou israéliens [Heron TP] pour combler un déficit capacitaire criant.

« L’EuroMale, piloté par l’Allemagne en collaboration avec la France, l’Italie et l’Espagne […] n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme. Les quatre États clients ont jugé le projet trop coûteux », a en effet écrit le quotidien Les Échos [édition du 17 juin 2019].

Airbus, maître d’œuvre du programme baptisé EuroMale, présente, au Salon du Bourget, une maquette de grande taille. D’une envergure de 26 mètres, doté d’un fuselage de 16 mètres, ce drone de nouvelle génération de 11 tonnes devrait effectuer son premier vol d’essai en 2024. Le contrat initial passé par la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, porte sur 63 EuroMale ainsi que les stations terrestres (à raison de deux exemplaires pour trois aéronefs)

«Les premières livraisons aux quatre pays engagés dans ce programme sont prévues à partir de 2025», précise Jana Rosenmann, directrice de la division drones d’Airbus Defence.

Airbus et ses partenaires stratégiques, Dassault Aviation et Leonardo, ont remis une offre à l’Organisme conjoint de coopération en matière d’armement (Occar). Ils espèrent signer un contrat d’ici à la fin 2019.

L’EuroMale sera interopérable avec d’autres drones, notamment les Reaper américains ou les Herons TP israëliens. Il s’intégrera dans le Système de combat aérien du futur (Scaf).

Flexible, capable de s’adapter à des scénarios militaires très variés, multimissions, le drone de surveillance européen sera aussi dual. «Nous travaillons à sa certification militaire mais nous discutons aussi avec l’Agence européenne de la sécurité aérienne de son insertion dans le ciel commercial, pour obtenir une certification civile», explique Jana Rosenmann.

Faute d’avoir anticipé leur rôle, devenu majeur sur les théâtres d’opérations, depuis les années 2000, le Vieux Continent a raté le virage des drones Male (pour moyenne altitude et longue endurance).

Afin de surveiller et de collecter des informations au-dessus de la gigantesque bande sahélo-sahélienne, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les militaires de l’opération Barkhane travaillent depuis plusieurs années avec des Reaper américains, télé-opérés depuis Niamey, au Niger.

Souhail Ftouh

 

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