Une petite équipe israélienne vient de lancer l’application Refundit en Belgique. Cette application gratuite permet aux touristes, en provenance depuis l’extérieure de l’UE, de faciliter les démarches de remboursement de la TVA.

L’idée est très simple : faciliter les démarches afin que les voyageurs en question puissent se faire plus facilement rembourser la TVA. Lancée en Belgique – premier pays à accueillir à bras ouverts la démarche –, Refundit est même déjà fonctionnel dans tout le pays.

L’israélien Uri Levine, le cofondateur de Waze et Ziv Tirosh, le cofondateur de Stockton, viennent tout juste de lancer cette app permettant aux touristes de récupérer la TVA lors de leurs achats en Europe. Le premier pays à avoir été convaincu est la Belgique.

Déjà opérationnelle, l’application Refundit est téléchargeable aussi bien sur l’App Store Android que sur iTunes. D’autres pays vont petit à petit être ouverts à ce système dans les temps à venir.

C’est le genre d’info que les touristes ont tendance à oublier.

En Europe, il est possible pour les visiteurs non-résidents du Vieux Continent de faire des jolies économies lors de leur shopping. Comment? En récupérant le montant de la TVA sur leurs achats. Une potentielle réduction plutôt conséquente donc, mais qui est trop rarement appliquée.

« En Europe, les touristes pourraient récupérer 26 milliards d’euros de taxe. Pour le moment en moyenne ce sont seulement 3 milliards qui sont récupérés via ce moyen« , explique Ziv Tirosh, le cofondateur et CEO de Refundit.

Avec Uri Levine, le cofondateur de la célèbre application de navigation Waze, il a lancé Refundit, une app qui permet de digitaliser et surtout largement simplifier le processus de remboursement.

« Aujourd’hui, c’est un processus beaucoup trop bureaucratique. Il a trop de paperasse à remplir, dès l’achat au magasin, où un il faut remplir un premier formulaire, le plus souvent à la main. Il faut ensuite faire valider le processus à l’aéroport, ce qui prend souvent du temps. Sans parler des frais. Pour le moment cela peut monter jusqu’à 50% de la somme récupérée. En réalité donc, sur les 21% de TVA belge par exemple, le voyageur ne récupère que 10%. Ce sont autant d’éléments qui font que dans la plupart des cas, les gens préfèrent renoncer alors qu’ils sont pourtant en droit de récupérer cet argent« , explique Ziv Tirosh.

Plus de formulaire, place au tout digital pour récupérer la TVA lors de leurs achats en Europe .

La procédure actuelle est plutôt complexe et chronophage. Tout d’abord, il est impératif de faire remplir un bordereau spécifique en boutique, ce qui n’est pas toujours une chose aisée. Les vendeurs des boutiques sont généralement mal renseignés sur la mesure et même parfois totalement ignorants. De plus, les ressources humaines sont souvent assez limitées et il est compliqué pour les plus petites boutiques de pouvoir aider et renseigner les voyageurs.

Cela restant donc une mesure réservée qu’aux plus grosses chaînes de magasins dans les plus grandes villes du pays. Alors que théoriquement, le remboursement de la TVA est quelque chose qui peut être effectué pour n’importe quel achat de plus de 50€ dans tous les magasins du pays.

L’autre aspect le plus complexe de cette procédure est la nécessité de faire valider ces achats avant l’embarquement. Pour se faire, il faut donc se rendre au bureau des douanes présent dans l’aéroport. Les files d’attente peuvent parfois être assez importantes et il n’est pas rare que les voyageurs abandonnent, par manque de temps ou de patience.

Quand on pense que cela permet de se faire rembourser la TVA, soit 21% de ses achats, les sommes impliquées sont parfois dérisoires. Il faut ajouter à ça que les organismes effectuant cette opération ponctionnent entre 30 et 50% du montant total du remboursement. Les économies réalisées dans l’état actuel des choses sont donc parfois minimes. Il est donc parfaitement compréhensible que peu de personnes aillent jusqu’au bout.

Refundit est une véritable révolution dans le tourisme européen.

Face au manque d’efficacité actuel du système, les deux fondateurs ont donc décidé de complètement repenser le processus.

Les économies réalisables sont plutôt conséquentes que ce soit en terme de temps que d’argent. Cette application est donc une excellente nouvelle pour le secteur du tourisme en Belgique.

« Lors d’un achat de minimum 50 euros, le client a juste à photographier son ticket. L’appli va ensuite calculer combien le client récupèrera. Il suffit après de l’envoyer sur la plateforme avant son arrivée à l’aéroport. Une notification sera alors renvoyée à l’utilisateur, précisant si un contrôle de la marchandise doit être effectué ou non« , résume le responsable. Pour se rémunérer, l’application prend une commission 9% sur la somme remboursée.

Pour ses débuts, Refundit a décidé de miser sur la Belgique, le premier pays européen convaincu par l’application développée par les deux entrepreneurs israéliens. Une collaboration indispensable pour pouvoir lancer le projet.

« Pour développer notre technologie, nous avons dû créer l’application. Mais il a fallu également mettre en place une technologie pour permettre les contrôles« , explique le fondateur.

Refundit devra désormais convaincre d’autres pays de l’intérêt de son app.

« L’objectif est de travailler avec autant de pays que possible. Nous venons de signer un accord avec la Slovaquie et sommes en négociation avec beaucoup d’autres. Je passe mon temps à voyager d’un pays à l’autre« , ajoute le responsable. Refundit espère ainsi devenir rapidement la référence du remboursement de TVA.

De quoi permettre aux touristes de belles économies. Et ce, sans que cela soit au détriment des autorités assure Ziv Tirosh . « Les gouvernements n’ont pas une vocation entrepreneuriale. On ne peut donc pas dire qu’ils perdent de l’argent. De plus, plusieurs études montrent que ce genre d’action a un effet neutre, car il permet de dynamiser l’économie d’un pays, même si la recette TVA diminue« , explique encore le cofondateur de l’application.

Si les pays sont visiblement plutôt ouverts à l’idée de la digitalisation, le principal challenge se trouve désormais ailleurs, dans l’attraction des utilisateurs.

« C’est typiquement le plus difficile pour une start-up avec un projet comme celui-ci. Beaucoup d’investissements seront nécessaires pour faire connaitre notre produit », explique le responsable.

L’expérience du cofondateur de Waze dont l’app est désormais utilisée partout dans le monde pourrait bien être décisive.

Pour s’assurer une jolie croissance, les entrepreneurs prévoient une levée de fonds située entre huit et dix millions d’euros prochainement. Ce serait déjà le second tour de table après une première levée de 2.5 millions lors du lancement de la start-up il y a un peu moins de deux ans.

Souhail Ftouh