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Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a reçu ce jeudi 11/11/2010 le titre de citoyen d’honneur de la ville de Katsrin, sur le plateau du Golan.

Lors de la cérémonie qui a suivi la remise de la médaille, il a pris la parole pour rappeler notamment que la région « faisait partie intégrante de l’État d’Israël » et qu’il ne fallait à aucun prix s’en séparer, même dans le cadre d’un traité de paix.

Le Golan, annexé donc non négociable a affirmé Mr Lieberman : « Le Golan est israélien et le restera » a-t-il ajouté.

Il a en outre soutenu les prises de position du Premier ministre Binyamin Netanyahu, qui a décidé de continuer à construire à Jérusalem.

Pour le président du Conseil local de Katsrin, la « capitale » du Golan, l’attribution de cette médaille à Avigdor Lieberman montre la reconnaissance de la population juive au chef de diplomatie israélienne qui est toujours avec le Golan.

Israël a gagné le plateau du Golan lors d’une guerre défensive ou les pays arabes voulaient détruire Israël (la guerre de 1967). Le droit international reconnaît le droit d’Israël sur cette terre puisque ces quelques kilomètres carrés ont étés remportés alors que les israéliens se défendaient d’une agression antijuive. Depuis, la Syrie exige la restitution du Golan ayant une vue stratégique sur tout le Nord d’Israël.

Le 14 décembre 1981, le gouvernement a approuvé la « loi du plateau du Golan » qui imposait la loi israélienne dans le Golan, en faisant une région à part entière de l’Etat d’Israël. Une décision de la Knesset, de rendre le référendum obligatoire avant tout retrait du Golan, a aussi assuré la population locale en 2009 (2).

En 1976, sous le premier gouvernement d’Itshak Rabin, fut créée la ville de Katsrin à proximité d’un ancien village juif de l’époque du Second Temple.

Katsrin est le nom d’un village juif du Golan. Les ruines de l’ancien village juif de Katzrin sont situées au cur du Golan, à quelque 13 kilomètres au nord-est du lac de Tibériade.

Ce village avait été construit sur un versant en pente douce environné de champs fertiles. Au nord du village, dans l’oued (lit de rivière) plusieurs sources pérennes fournissaient un peu d’eau, mais l’approvisionnement principal provenait d’une source située dans le village d’où l’eau était acheminée vers une petite citerne taillée dans le basalte. Au cours des siècles, le niveau des rues du village s’éleva, et il fallut construire des murs de soutènement autour de la source pour continuer à puiser l’eau.

Le site de Katzrin, mentionné dans les anciennes sources juives, fut identifié vers la fin du XIXe siècle. Une synagogue fut mise à jour en 1967 au cours d’une fouille qui permit également de découvrir l’inscription en hébreu sur une ancienne pierre tombale Rabbi Aboun, puisse-t-il reposer dans l’honneur . Les fouilles durèrent de 1971 à 1984 pour la synagogue et, au début de 1983, des maisons du village à l’est de la synagogue furent également mises à jour (1).

Après les fouilles, les ruines de l’ancien Katzrin ont été restaurées : les colonnes de la synagogues sont à nouveau relevées et les maisons de deux étages situées près de la synagogue sont dotées d’un toit. Des échantillons d’anciens ustensiles domestiques et d’outils agricoles sont exposés dans ces maisons.

Les vestiges du village de Katzrin sont exposés à l’est de la synagogue. Les bâtiments possèdent des murs particulièrement épais en pierres de basalte taillées, et les vestibules sont constitués de longues pierres soigneusement préparées.

Ces édifices étaient particulièrement bien adaptés au climat de la région : ils entretenaient une température agréable aussi bien durant les rudes hivers que pendant les canicules de l’été. En outre, en l’absence de bois de construction dans le Golan, l’usage généralisé de la pierre constituait une solution architecturale.

Les fouilles permettent de retracer l’évolution architecturale du village depuis l’époque romaine (IIIe-IVe siècles) jusqu’au début de la conquête arabe (VIIIe siècle).

A l’origine, l’habitation principale consistait en une grande pièce ouvrant sur la rue et surmontée d’un étage. Derrière la maison, s’étendait un vaste enclos comprenant parfois une pièce supplémentaire servant de débarras ou de cuisine.

Au cours des années, d’autres habitations furent ajoutées à ce logement familial principal. Un amas dense d’habitations vit ainsi le jour sans la moindre planification. Chaque îlot (groupe de demeures entouré de rues) comprenait plusieurs appartements et un grand nombre de pièces et de jardins s’ordonnant autour d’une cour centrale. D’étroits sentiers sinueux séparaient ces constructions de la synagogue.

Des jarres de céramique et des marmites, ainsi que des instruments en basalte local servant à broyer et à moudre ont été retrouvés à l’intérieur des maisons. Plus surprenante fut la découverte de nombreux trésors composés chacun de plusieurs centaines de pièces de monnaie, cachés sous les planchers et les pas de porte ainsi que dans les murs des maisons. L’un d’eux contenait 9 000 pièces datant du IVe siècle.

La forte inflation de cette époque avait provoqué une dévaluation considérable des monnaies ; l’hypothèse a donc été émise que cet argent n’était pas thésaurisé pour un usage ultérieur mais enfoui pour porter chance, une croyance largement répandue chez les villageois de cette époque.

Ont été découverts également des vestiges mineurs datant de l’âge du fer sur lesquels une localité fut construite durant la période hellénistique (IIe siècle avant l’ère chrétienne). A l’époque romano-byzantine (IVe-VIIe siècles), le village s’agrandit et prospéra, pour ensuite décliner progressivement ; il fut totalement abandonné sous les Mamelouks (XIIIe-XIVe siècles).

Depuis 1967, Israël ne cesse de donner la vie et l’espoir sur le plateau du Golan ; on compte des jardins d’enfant, des collèges, des lycées ainsi qu’un collège universitaire. On dénombre près de 1000 sociétés et entreprises florissantes .Le Golan est devenu grâce aux efforts des israéliens un lieu touristique particulièrement développé ou des millions de visiteurs s’y sont rendent chaque année pour constater la résurrection juive sur le plus vieux plateau biblique.

Ftouh Souhail

(1) La synagogue a été mise à jour par D. Urman, M. Ben-Ari et S. Barlev, puis par Z. Maoz, R. Hachlili et A. Killebrew, et le village par A. Killebrew. Les fouilles ont été réalisées pour le compte de la Direction des antiquités d’Israël
(2) Toute décision concernant une restitution de territoires dans le Golan et à Jérusalem-est dans le cadre de futurs accords de paix devra être approuvée par le vote populaire. C’est ce qu’a approuvé la Knesset en décembre 2009 à, une large majorité de 68 députés contre 22.

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