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Bahreïn, seul pays du Golfe peuplé d’une majorité chiite, a organisé ce samedi des élections partielles de sa Chambre des députés alors que les tensions confessionnelles inter-musulmanes restent vives.

Ces élections visent à pourvoir les sièges de 18 députés du principal mouvement de l’opposition chiite, Al-Wefaq, qui avaient démissionné suite au complot déjoué à la mi-mars. Un complot planifié par l’Iran, pays à majorité chiite, qui a encouragé les troubles inspirés par le « printemps arabe » et qui ont dévasté le pays depuis la mi-février.

Une forte affluence était enregistrée ce samedi aux bureaux de vote à Bahreïn à l’occasion des élections législatives partielles boycottées par l’opposition chiite. Le ministère bahreïni de la Justice a estimé samedi que le taux de participation aux élections législatives partielles était d’au moins de 51%, contrairement aux attentes de l’opposition chiite qui avait appelé au boycottage du scrutin.

Les élections partielles du 24 septembre 2011 interviennent alors que l’opposition a recommencé à mobiliser ses partisans sur le terrain.

Le Bahreïn a chargé fin juin 2011 une commission indépendante de cinq membres, dont des juristes de renommée internationale, d’enquêter sur les troubles qui ont fait une trentaine de morts dans le pays.

Le plan iranien visait la création d’un autre État islamique chiite, cette fois à Bahreïn.

Le roi de Bahrein a annoncé publiqument en mars dernier que “Le royaume a mis en échec un complot étranger qui était fomenté depuis au moins vingt ou trente ans”, a assuré le souverain. Ce complot visait, selon lui, tous les pays du Conseil de Coopération du Golfe c’est à dire, outre le Bharein, l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Oman et le Koweit.

Certains de ces pays, avaient été sollicités par le souverain pour aider à faire face contre le plan de déstabilisation contre la monarchie sunnite en place.

Le roi de Bahreïn a proclamé l’état d’urgence 15 mars 2011 pour trois mois, au lendemain de l’arrivée de troupes du Golfe venues l’aider à contenir le plan chiite.

En juin dernier huit condamnations à la perpétuité ont été prononcées contre des opposants chiites accusés de complot à Bahreïn.

Le chef de la diplomatie bahreïnie, cheikh Khaled al-Khalifa, a publié des informations dans le quotidien panarabe Al-KHayat, selon lesquelles le mouvement chiite du Hezbollah a entraîné aussi des opposants bahreïnis au Liban.

L’enjeu de ce complot était géopolitiquement très intéressant puisque le Bahreïn, tel qu’il est aujourd’hui, est considéré comme l’ami du grand et du petit Satan (les États-Unis et Israël), mais aussi l’ami du pire ennemi des iraniens: les saoudiens !

L’archipel fut soumis à l’occupation des Perses jusqu’en 1782. L’occupation par les Perses explique pourquoi les deux tiers de la population musulmane sont des colons chiites (70 %) et pourquoi l’Iran n’a pas abandonné toute prétention à l’hégémonie dans cette région. En 1783, la famille Al-Khalifa, de confession sunnite, renversa la dynastie chiite (persane) régnante et constitua un émirat arabe indépendant de la puissance perse.

Ftouh Souhail

Note : Il est dommage que les médias français (notamment France24) déforment la réalité en prétendant que les bureaux de vote connaissaient une faible affluence ce samedi , jouant ainsi le jeu de l’opposition pro-iranienne qui avait appelé au boycottage du scrutin.

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