Benyamin Netanyahu pourrait se diriger vers le Bahreïn dans les prochains jours

 

Selon des sources arabes dans les pays du Golfe, Benyamin Netanyahu pourrait se rendre dans la capitale Manama dans les prochaines jours. Les relations se sont réchauffées entre des deux États. Bahreïn sera le 1er État du Golfe à établir des liens officiels avec Israël tandis que dans le même temps le roi du Bahreïn est sur le point de lever le boycott envers Israël.

Alors que Bahreïn et l’Etat hébreu n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles, la venue de la délégation israélienne dirigée par M.Benyamin Netanyahu dans la capitale du royaume sera une source de questionnement pour plusieurs pays arabes.

La famille al-Khalifa et le gouvernement de Bahreïn encouragent les échanges avec le monde entier. Le roï bahreïni est “fatigué” du boycott d’Israël. Le roi bahreïni Hamad bin Isa al-Khalifa aurait déclaré qu’il était “fatigué” du boycott d’Israël par les États arabes et a appelé à l’établissement de liens diplomatiques entre les deux pays.

Certains médias rapportaient qu’à la question de savoir si une délégation  bahreïnie devait visiter un État considéré comme un ennemi du monde arabe, le roi aurait répondu : « Les citoyens bahreïnis peuvent aller partout dans le monde où ils le souhaitent ; aucune restriction n’est imposée aux citoyens bahreïnis ».

De son côté, Benyamin Netanyahu se vante régulièrement d’une coopération croissante et discrète avec les pays arabes modérés. Si le Premier ministre israélien ne donne pas clairement de noms, il fait clairement référence à des pays du Golfe sunnites tels que l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ainsi que Bahreïn.

Ayoub Kara, ministre et membre du Likoud, entretient une fascination pour le minuscule État de Bahreïn.

Le 4 février 2018, Ayoub Kara avait tweeté une photo de lui et d’un jeune homme qu’il a appelé « le prince de Bahreïn ». « J’ai rencontré publiquement pour la première fois à Tel Aviv Mubarak al-Khalifa, le prince de Bahreïn, afin de renforcer les relations entre nos deux pays », avait-t-il écrit, ajoutant avec enthousiasme qu’il aurait l’honneur d’accueillir le jeune al-Khalifa au Parlement israélien, la Knesset le jour suivant.

Bahreïn sera le 1er Etat du Golfe à établir des liens officiels avec Israël

“Bahreïn ne considère pas Israël comme un ennemi”, a affirmé un officiel du royaume à i24NEWS, en juin 2018, assurant que son pays deviendrait sans doute le premier Etat du Golfe à établir des liens diplomatiques officiels avec l’Etat hébreu.

En juin 2018, une délégation israélienne s’est rendu à Bahreïn pour une réunion de l’UNESCO dans la capitale Manama.

En mai 2018, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn a quant à lui surpris Israéliens et pays arabes après avoir posté un message de soutien à l’Etat hébreu sur Twitter. “N’importe quel Etat, y compris Israël, a le droit de se défendre en détruisant les sources de danger”, avait indiqué le cheikh Khaled ben Ahmed Al-Khalifa suite à des frappes israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie.

En 2017, après que la décision de Washington de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël ait mis le feu aux poudres au Moyen-Orient, les membres d’un groupe appelé “This is Bahrain” se sont déplacés en Israël, où ils sont resté  quatre jours.

La délégation est venue pour “envoyer un message de paix” et visiter la vielle ville. Parmi les membres de l’association, 25 personnes du Barheïn et issues de toutes religions – dont la moitié d’entre eux sont arabes sunnites et chiites – se sont rendues pour la première fois en Israël, notamment dans le quartier chrétien de Jérusalem.

Le but de ce déplacement n’a pas pour vocation d’être une visite politique, mais la réalisation d’une déclaration du roi Hamed ben Issa (Al Khalifa), porteuse d’un message pour la tolérance, la coexistence et le dialogue entre les religions.

“Le roi nous a envoyé pour émettre un message de paix un peu partout. Les Chiites du Bahreïn ou d’ailleurs ne sont pas des ennemis, ils ne propagent pas de messages de haine ou de destruction vis-à-vis des autres religions quelles qu’elles soient”, avait déclaré Fadel el Jimri, iman chiite.

Le site internet « Times of Israël » avait aussi révélé que des rabbins religieux  dénommé Habad ou Loubavitch s’étaient rendus à Manama à l’invitation du roi de Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa. Lors de cette visite, une scène de danse surréaliste mêlant les hôtes bahreïnis à leurs invités  juifs, sur fond de chants hébreux dont le texte évoquait la construction du Temple de Salomon.

Le roi Hamed ben Issa al-Khalifa

Ces dernières années, le roi a dû faire face à une fronde d’une partie des chiites du pays, avec l’aide des forces de l’ordre saoudiennes.Hamed Ben Issa s’oppose au régime iranien, et cette année, il a diffusé une campagne contre l’extrémisme, rénové la dernière synagogue du pays et ouvert un musée de la tolérance qui dispose d’une aile entière dédiée au Judaïsme.

“La paix ne peut être atteinte que par la compréhension et un engagement actif. Aime ton prochain comme toi-même”, avait insisté Cheikh Nasser, le fils du roi du Bahreïn, lors de l’inauguration d’un centre inter-religieux.

Le Bahreïn est le plus petit des pays arabes mais on y trouve  le quartier général de la 5ème flotte américaine.

Souhail Ftouh