Selon une déclaration scandaleuse publiée ce mercredi, 22 septembre 2010, l’ancien Président américain Bill Clinton a soutenu que les immigrés russes juifs étaient un problème pour parvenir à la paix au Proche-Orient, selon un compte rendu publié dans la revue Foreign Policy.

Bill Clinton, dont l’épouse Hillary est l’actuelle chef de la diplomatie américaine, avait estimé à New York lors d’une conférence qu’un nombre de plus en plus important de membres des Forces de défense israélienne « étaient les enfants de Russes et de colons, le noyau dur de ceux qui s’opposent à une division du pays »

Pour lui, « les juifs israéliens les plus partisans de la paix » sont ceux qui sont nés en Israël, qui peuvent remonter leurs origines familiales sur plusieurs siècles. « Ils peuvent imaginer partager un avenir » parce qu’ils sont capables de replacer les évènements dans un contexte historique, a-t-il commenté. (1)

Israël Beitenou, parti du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, a répondu rapidement aux propos injurieux de l’ancien Président américain qui avait affirmé que les migrants de l’ancienne Union Soviétique faisaient obstacle au processus de paix.

« Ces mots prouvent que M. Clinton ne connait pas l’extraordinaire contribution des migrants de la Russie et de l’ancienne URSS à la fondation de l’Etat juif », a affirmé en retour le parti.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a aussi « regretté » dans un communiqué ces commentaires.

Pour donner une image du caractére scandaleux que comporte la déclaration de Clinton sur la population russophone d’Israel , il faut d’abord se pencher sur le passé de cet ancien Président, et sur les hommes qui l’entourent et l’influencent.

Né le 19 août 1946, Clinton c’est un homme de centre-droit au sein du parti démocrate. Il a bénéficié de donations illégales pendant sa campagne électorale, en particulier en provenance de la Chine communiste. On ressort des dossiers sur des contrats douteux qu’il aurait passés pendant ses mandats de gouverneur en Arkansas.

Durant son manadat Bill Clinton avait une admiration particuliére pour le leader terroriste palestinien Yasser Arafat, malgré son implication dans de nombreuses opérations qui ont coûté la vie à des civils israéliens.En juillet 2000, Clinton a invité Arafat au sommet de Camp David. Ce derrnier avait meme quitté la table des négociations sans faire des propositions pour la paix.

La seconde Intifada est alors initiée en septembre 2000. Elle est initiée en septembre 2000 sous le regard de Bill Clinton impuissant à calmer la révolte se son ami qui décide de se joindre à l’Intifada en diffusant un appel dans lequel il exhorte les Palestiniens à se soulever contre « l’usurpateur israélien ».

Des négociations de paix sont engagées dans l’urgence en janvier 2001 au cours du Sommet de Taba alors que les violences sur le terrain se multiplient. Arafat a refusé également les propositions de son allié américain Bill Clinton de renoncer à la violence.

Pendant sa présidence Bill Clinton entretiendra aussi d’excellentes relations avec le président francais Jacques Chirac ; ce dernier apportera son soutien à Clinton lors de l’affaire Lewinsky. Les deux présidents resteront amis à partir de ce moment-là et s’entendront politiquement dans plusieurs domaines, ce qui explique en partie les relations tendues entre Jacques Chirac et le successeur de Clinton, George W. Bush.

La déclaration de l’ancien Président américain Bill Clinton sur « les enfants de Russes et de colons, le noyau dur selon lui de ceux qui s’opposent à la paix » est comprable dans son caractére outrancier à celle de Jacques Chirac d’Arabie qui a visité le 23 Octobre 1996 l’Etat virtuel de Palestine appelant « à la fin de la colonisation juive des territoires occupé et à la fin de construction de routes réservées aux colons. »

Il est allé meme, s’aventurié sur le terrain sensible de Jérusalem, contestant de facto le refus israélien de toute concession sur le statut de la «capitale éternelle du peuple juif». «Il ne pourra pas y avoir de paix excluant la ville de la paix, Jérusalem», a-t-il dit (2).

La fibre pro-arabe de Jacques Chirac explique aussi comment aujourd’hui la Fondation de l’ancien président français consacrée « au développement durable et au dialogue des cultures », reçoit des fonds généreux de la Clinton Foundation.

Convenons-en, les dirigeants comme Bill Clinton ou Jacques Chirac ont les meilleures raisons du monde d’en vouloir à Israël. Ils sont jaloux que ce peuple « dominateur et sûr de lui »,qui a construit, de ses propres mains, des routes, des villes, des usines dans un pays qui était des dunes de sable et désert.

Golda Meir a dit « nous, les Israéliens nous en avons contre Moïse : il nous a fait marcher dans le désert pendant 40 ans pour nous conduire vers l’unique endroit du Moyen-Orient où il n’y a pas de pétrole ».

L’arrogance et l’allergie anti-israélienne de ce Bill Clinton qui stigmatise la population russophone d’Israel vient d’une jalousie profondes envers de ces « prisonniers de Sion » de retour de Russie qui se sont intégré dans leur nouveau pays en mettnat en avance leurs aspirations propres au service de l’Etat qui les a accueilli.

Bill Clinton, comme beaucoup d’anciens présidents dans le monde, après son mandat, est devenu un conférencier à la solde des institustions de la gauche politique qui sont obsédés de calomnier Israël. D’ailleurs ses interventions lui auraient rapportées plus de 40 millions de dollars (de 200 000 à 475 000 dollars par conférence) depuis qu’il a quitté la Maison Blanche (3).

Il discourt sur les problèmes politiques d’actualité en cherchant à rallier les groupes de pressions des pétrodollars.Comme le financement saoudien des centres d’etudes aux États-Unis augmente, la rhétorique anti-israélienne se manifeste encore plus facilement dans ces tribunes et le lobby saoudien embauche des lobbyistes américains les plus chers et les plus influents comme Bill Clinton.

En Parallèle, Clinton a publie juin 2004 ses mémoires dans un livre intitulé Ma vie. Ce livre reste longtemps en tête des meilleures ventes, en particulier sur les sites Internet, lui rapportant au total 12 millions de dollars.

Le 26 juillet 2004, il s’adresse à la Convention Nationale du Parti Démocrate, pour la cinquième fois de suite, en soutien du candidat John Kerry. Dans son discours il critique le le républicain George W. Bush.

L’ancien vice-président Al Gore , le prophète contemporain de l’apocalypse planétaire, aussi tout fait pour la victoire de Barack Hussein Obama, seul capable selon lui de tirer un trait sur les années Bush (4).

En plus Bill Clinton n’est une personne des plus crédibles .Il est marqué par un certain nombre d’affaires comme le Scandale Whitewater et celui de l’affaire Lewinsky. Il a admis aussi avoir essayé la marijuana, mais il affirme « ne pas avoir avalé la fumée » !

La sortie de Bill Clinton, lorsequ’il parle des immigrants russes en Israël, est surtout infondée. Il apparaît que l’ancien Président américain prend la minorité de la population russe d’Israel pour des envahisseurs puisque plus d’un million d’Israéliens parlent russe, soit 20% de la population. Les immigrés de l’ex-Union soviétique ont contribué et continuent de contribuer largement au progrès, au développement d’Israel.

Certains oublient que la majorité des immigrants juifs russophones sont parmi les fondateurs de l’Etat juif. Cette communauté très talentueuse a donné des gens comme David Ben Gourion, né en Russie tsariste (Pologne) ou encore Golda Meir, venue en 1912 d’Ukraine, Premier ministre de 1969 à1974.

Certains ont fondé des kibboutzim, comme Joseph Baratz, nés en Ukraine.D’autres rejoignent le mouvement ouvrier créant la Histadrout ou, la Hagana, comme Dov Hoz. C’est encore eux qui vont créer les structures du nouvel Etat, les banques, les caisses maladies, les dispensaires, les premiers collèges hébraïques, le Technion, au début du siècle. Citons Katznelson Berl, de Bielorussie, qui va jouer un rôle important dans la création de ces instituts, en particulier de la banque Hapoalim. Sans oublier Eliezer Kaplan, de Russie (1920) trésorier de l’Agence juive, puis ministre des Finances 1948-1950.

Mais il faudrait aussi parler d’écrivains comme Bialik Haïm Nahman (1924), des poètes comme Haméri Avigdor, ou Rahel, qui composera très vite en hébreu (1909), de Ahazonovich Yosef, écrivain (1900), de peintres et de musiciens. C’est aussi un Russe, Imber Naftali Hetz, qui a composé l’hymne national, la Tikva, On ne peut pas ne pas mentionner le théoricien du sionisme culturel, Ahad Haam (1922).

Le minable propagandiste Bill Clinton résume tout simplement le role des immigrants arrivant en Israel comme « des colons, le noyau dur de ceux qui s’opposent à une division du pays »

Cette vision est biaisée, puisque ces gens (comme le reste de la population du pays), si ils pensent que la paix est possible, ils votent pour la paix. Mais quand ils pensent que ce n’est pas possible, ils votent pour les partisans de la ligne la plus dure. Ce qui est de plus normal dans un pays qui a subit plusieurs attaques militaires de la part des États arabes qui l’entoure.

La majorité de ces nouveaux immigrants n’ont jamais eté un obstacle à la paix.Le million de Russes jouent aujourd’hui fortement sur la carte politique du pays. Les deux grands partis en Israel vont tout faire pour les attirer. Si, au début, les voix russes se portent vers la droite israélienne qui leur a ouvert les portes (1991), le Likoud les déçoit, ne répondant pas à leurs besoins.

En 1992, ils votent à à 60% travaillistes. Ce parti semble avoir mieux compris leur préoccupation majeure : leur intégration économique et sociale. Pendant la campagne électorale, des émissions télévisées travaillistes sont sous titrées en russe. Shimon Pérès dit quelques mots en cette langue et le feu Itzhak Rabin rappella les origines russes de ses parents.

Dans cette période la gauche a meme rejoint le désir des russophones de séparer la religion de l’Etat. Leur soutien aux travaillistes a facilité les accords d’Oslo.

Quatre ans plus tard, les Russes décident de constituer leur propre parti. A ce moment là, avec 500 000 électeurs, ils représentent 12,5% de l’électorat. Le 29 mai 1996, ils créent Israël Ba-Alya, dirigé par Natan Sharansky, qui récolte 1/3 de l’électorat russe, soit 7 sièges et ce parti participera au gouvernement avec deux ministères. Israël Ba-Alya doit son succès à son leader, un ancien refuznik.

Son parti rassemble l’aile droite et l’aile gauche de l’électorat russe. Même si ce parti soutient Netanyahou, affirmant que le peuple juif possède un droit inaliénable sur la terre d’Israël, très peu de Russes se sont installés dans les Territoires : 7 000 dans les différentes implantations de Judée Samarie. Le parti Israël Ba-Alya disparaîtra en rejoignant le Likoud en 2003.

Il existe un autre parti politique créé par Avigdor Liberman en 1999 regroupant les ressortissants russes qui soutiennent une ligne dure dans la négociation avec l’Autorité palestinienne. En 2006 il obtient 11 sièges à la Knesset. Avigdor Liberman devient ministre des affaires stratégiques. Pour les élections du 28 mars 2006, la communauté russe représente de 18 à 20 sièges sur un total de 120 sièges (5).

Israel Beytenou est constitué afin de représenter les immigrants en Israël originaires des pays de l’ex-Bloc de l’Est. En octobre 2006, le parti a été intégré à la coalition gouvernementale menée par le parti Kadima avec le Parti travailliste.

Lors des élections législatives de février 2009, en obtenant 15 sièges, Israel Beytenou devient le troisième parti de la Knesset, devançant le parti travailliste (13 sièges). Son chef devient ministre des Affaires étrangères. Avigdor Lieberman n’est hostile au processus de paix.

Dans une interview au Washington Post, en mars 2009, il a dévoilé une partie de ses projets. Le processus de paix que Lieberman veut « continuer », en allant « par étapes » signifie pour lui qu’il « ne faut pas commencer par un accord final sur Jérusalem et l’évacuation des Territoires », mais par « la sécurité et l’économie », en « renforçant l’Autorité Palestinienne ».

Au passage, Lieberman, qui habite Nokdim, une petite implantation du Goush Etzion au Sud de Bethléem, a déclaré être prêt à quitter sa propre maison en échange de la paix. Si le programme d’Israel Betainou repose sur la séparation absolue entre population juive et arabe, cette séparation implique à son tour, la dévolution d’une partie des terres actuellement sous souveraineté israélienne, à l’Autorité palestinienne, dont Lieberman ne nie pas qu’elle ait vocation à diriger un Etat.

Lieberman a également affirmé que le principal problème du Moyen-Orient n’était pas le conflit israélo-palestinien, ni la question territoriale, mais l’attitude de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan et de l’Irak. Sur le problème iranien, il est partisan de sanctions internationales dures, économiques et politiques, mais a ajouté qu’il « n’osait pas imaginer » les conséquences d’une action militaire contre Téhéran. Bref, un discours qui se veut « modéré »

L’émigration russe n’etait donc jamais un probbléme. C’est gens sont chez eux. On parle d’une petite Russie en Israël.Meme si plus d’un million de Soviétiques ont émigré vers l’État d’Israël depuis les années 1970 et surtout les années 1990, à partir de 2006, il y a plus de Russes qui quittent Israël que d’immigrants. Cette nouvelle tendance pose un sérieux problème à l’Etat d’Israël. Ils sont actuellement des milliers à émigrer. Ces départs négatifs pour Israel, doivent réjouir les Bill Clinton et consorts.

Il est curieux de constater combien ceux qui sont doué d’un féroce critique d’Israël sont en fait des véritables ignorants.

Ftouh Souhail, Tunis

(1) Source : http://www.jpost.com/International/Article.aspx?id=188958

(2)Source :http://www.liberation.fr/monde/0101196142-docteur-chirac-en-palestinea-ramallah-et-a-gaza-le-president-francais-a-plaide-la-cause-palestinienne

(3) Sophie Gherardi, Les anciens présidents parlent d’or, Le Monde, 19 mai 2007.

(4) Source : http://www.jpost.com/Home/Article.aspx?id=104626

(5)La tendance politique actuelle est beaucoup moins communautariste, les candidats russes se répartissant dans les divers partis. Par exemple, Kadima présentait en 2006 six candidats russophones.

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