Bitcoins en Israël : la souplesse du fisc face à la méfiance des banques

 

 

Le commerce des crypto-monnaies est certes légal, mais comme tout nouveau secteur d’activité, la réglementation adéquate reste floue. Contrairement au fisc israélien qui a commencé à promouvoir la réglementation de la question et devient de plus en plus indulgent face aux investisseurs, les banques elles, multiplient les obstacles aux détenteurs de monnaies anonymes et restent encore assez frileuses. 

Alors évidemment, ce phénomène ne laisse pas indifférent et au-delà du fait que sa couverture médiatique soit impressionnante, il suscite un grand intérêt auprès des analystes dont certains n’hésitent pas clamer que ces monnaies virtuelles sont l’avenir financier, et affirment même que leurs cours pourraient atteindre dans les prochaines années le million de dollar.

Mais comme tout phénomène, les pics font partie de la règle du jeu et l’instabilité est un danger réel. En effet, 2018 fait figure d’alerte rouge : nous assistons à une chute vertigineuse de ces crypto-monnaies et la principale, le bitcoin, chute sous la barre des 6000 dollars !

Malgré une dégringolade assez impressionnante, les investisseurs en font fi, et continuent d’inonder le marché qui atteint, au premier semestre 2018 un nouveau record de 13.6 milliards de dollars. Notez qu’en Juin 2018, il atteint le pic de 5.5 milliards de dollars contre 5.48 milliards sur toute l’année 2017 !

Naturellement, le fisc israélien s’intéresse à ce phénomène nouveau et les autorités compétentes ont décidé d’appliquer aux crypto-monnaies une fiscalité sur les revenus générés.

Le Bitcoin considéré comme un titre boursier au même titre que les actions ou les options, en conséquence, la plus-value réalisée à titre personnel sera imposée à hauteur de 25% ; non assujettie à la TVA.

De plus, le fisc israélien conclut récemment de nombreux accords, notamment avec l’une des plus grandes sociétés de Trade de Crypto-monnaies qui lui transmettra la liste des plus gros investisseurs.

 

« Les banques restent méfiantes »

Face à une souplesse notoire de la part du fisc, les banques adoptent une attitude différente en faisant ouvertement part de leur méfiance et leur scepticisme.Elles se positionnent ainsi donc en principal obstacle en refusant d’accepter les fonds provenant de bénéfices générés par le Bitcoin.

La raison principale étant l’anonymat de ces monnaies qui peut faciliter le blanchiment d’argent. Cette situation sans issue laisse ainsi les détenteurs de monnaies virtuelles impuissants, gains en main (sans solution de dépôt) avec imposition déclarée et payée !

Plusieurs raisons peuvent expliquer la méfiance des banques envers cette monnaie.

Avant tout, la réception de ces monnaies virtuelles peut engendrer une crise économique. Bien que médiatisée, cette monnaie diffère des monnaies déjà reconnues (tel le Dollar, l’Euro…).Aussi, elle est rarement utilisée et sa valeur est difficile à déterminer en ne cessant de varier de façon drastique.

Hormis l’aspect économique, ces devises étant anonymes, il est donc difficile de prouver l’origine des fonds pouvant dans certains cas provenir d’argent blanchi.Les banques risqueraient alors, de lourdes sanctions, à plus fortes raison, de nos jours où la lutte contre l’évasion fiscale est d’actualité. L’administration fiscale quant à elle, défend son intérêt et remplit ses caisses suite aux accords et à l’imposition des bénéfices de cette monnaie.

Le courtage du bitcoin n’est plus une priorité chez Goldman Sachs

Goldman Sachs a décidé de différer son projet d’ouvrir une salle de marché destinée au courtage des cryptomonnaies, rapporte mercredi la presse américaine, ce qui faisait chuter le bitcoin.

La devise virtuelle la plus connue s’échangeait aux alentours de 7000 dollars vers 10h00, en baisse de 5% comparé à la veille.
Face aux incertitudes réglementaires, Goldman Sachs aurait décidé de suspendre pour l’instant son projet d’échanger des produits financiers liés au bitcoin, assure le site financier Business Insider, citant des sources anonymes.Ce projet ne fait plus partie des priorités de la banque, qui va se concentrer sur la détention des cryptomonnaies pour certains clients. Les ambitions de Goldman Sachs avaient donné de la légitimité au bitcoin, cryptomonnaie opaque qui divise les milieux financiers.

Le bitcoin, qui s’appuie sur un système de paiement de pair-à-pair basé sur la technologie dite «blockchain» ou «chaîne de blocs», a été lancé en 2009 et s’échange essentiellement sur internet sans être régulé.

Bulle en voie de disparition ou monnaie de l’avenir ? Le temps nous le dira et qui vivra verra !

Souhail Ftouh