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Quand des Palestiniens ont été massacrés ce week-end par leur frères syriens, le silence de la communauté musulmane dans le monde entier a été assourdissant.

Alors que le régime syrien réprime dans le sang une révolte sans précédent depuis mars 2011, les avions de l’armée syrienne ont bombardé ce dimanche, 16 décembre 2012, le camp palestinien de Yarmouk pour la première fois en 21 mois de conflit, ainsi que les quartiers l’entourant dans le sud de la capitale, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

“Des chasseurs de l’armée de l’air ont visé le camp de Yarmouk, faisant plusieurs blessés et, selon les premières informations, des morts”, a affirmé l’organisation qui s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins civils et militaires à travers la Syrie.

Des habitants ont affirmé qu’au moins 25 personnes sont tombées lorsque un obus s’est écrasé sur la Mosquée Abdel Qader Husseini.
“Les gens se sont rassemblés au centre du camp, fuyant ses abords bombardés et en proie aux combats”, a affirmé un Palestinien en Syrie joint par l’AFP via Internet.

Le camp de Yarmouk abrite 150 000 Palestiniens dans le district de la ville de Damas. Selon l’UNRWA (Office des Nations unies chargé exclusivement des réfugiés palestiniens), plus de 500 000 Palestiniens vivent en Syrie.

Des milliers de Palestiniens ont fui leur camp de Yarmouk, a expliqué L’Organisation des Nations Unies pour les secours et de travaux, l’UNRWA. Les rapports de diverses sources indiquent des morts et des blessés parmi la population des Palestiniens.

L’absence de toute critique – au moins jusqu’à la rédaction de ces lignes sinon plus- envers l’attaque aérienne de l’armée arabe syrienne sur la population palestinienne de Yarmouk laisse à penser que on peut voir massacrer 100000 Arabes palestiniens par d’autres armées arabes sans jamais voir une seule condamnation ou une manifestation de solidarité !

Les ONG et les médias arabes ont toujours condamné violemment Tsahal, accusé à tort d’avoir commis « des crimes de guerre » et tous ont exigé des commissions d’enquête internationale ainsi que l’arrestation de généraux israéliens. Bizarrement, quand il s’agit de massacres inter-arabes tous font la sourde oreille et aucune commission d’enquête n’est réclamée.

En août 2011, l’armée syrienne avait attaqué aussi des camps palestiniens de Lattaquié et des quartiers palestiniens de Ramel et Saknatour causant la mort de 42 personnes. Plus de 5.000 Palestiniens ont alors fui le camp de “réfugiés” de Raml à Lattaquié, à la suite de tirs des forces de sécurité syriennes. Selon les sources arabes, les autorités syriennes sont accusées d’avoir lâché une milice armée, le Hezbollah, sur les palestiniens vivants à Lattaquié.

Jusqu’ici 600 Palestiniens sont morts dans la guerre civile qui sévit en Syrie selon un décompte de L’OLP. Zakariya al-Agha, un des leader de l’OLP a déclaré le 20 septembre dernier à la radio “la voix de la Palestine” que 400 palestiniens ont été tués par les Syriens dans le seul camp de Yarmouk (près de Damas), depuis le début de la guerre civile.

Les Palestiniens de Syrie sont divisés sur la question du conflit brutal qui frappe ce pays, certains ayant même pris les armes, une partie aux côtés des rebelles et d’autres avec les forces pro-régime.

Depuis juin dernier de violents combats ont commencé à opposer sporadiquement des rebelles avec des Palestiniens armés, membres du Front populaire de Libération-commandement général (FPLP-CG) d’Ahmad Jibril, un allié indéfectible et de longue date du régime syrien. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, le camp de Yarmouk est surtout divisé entre partisans et détracteurs du FPLP-CG, basé à Damas.

Ces affrontements entre Palestiniens fidèles au dictateur Assad et les insurgés syriens, se sont intensifiés samedi dernier avec la progression des rebelles à l’intérieur du camp, forçant Ahmed Jibril à fuir. Selon des sources palestiniennes et des sources proches des rebelles, le leader du FPLP âgé de 84 ans et son fils ont quitté le quartier de Yarmouk pour Tartous sur le littoral syrien, un fief allaouite, l’ethnie des Assad.

De fait, des combats entre rebelles et des Palestiniens du (FPLP-CG) se poursuivent à Hajar al-Aswad et aux abords de Yarmouk. Des sources arabes ont également rapporté que l’armée d’Assad est venue prêter main forte au FPLP-CG, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis. D’autres Palestiniens se sont eux au contraire rangés du côté de la rébellion et ont pris les armes contre les hommes du (FPLP-CG).

En outre, le Hezbollah, la milice libanaise chiite pro-iranienne à laquelle Damas assure toujours à l’heure actuelle un important soutien logistique dans sa lutte contre Israël, a également accusé les Palestiniens de Syrie d’être rangés du côté de la rébellion du front sunnite qui lutte contre le front chiite représenté par l’Iran et la minorité allaouite de Syrie.

Ftouh Souhail

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