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En Tunisie des juifs d’Israël n’auront pas peur de venir cette semaine vénérer leurs saints en toute tranquillité.

Comme chaque année, quelque 200 juifs – la plupart d’origine tunisienne -iront de tous les coins du monde, et notamment d’Israël, pour rendre hommage sur la tombe de Rebbi Hai Taieb Lo Met enterré dans cette terre qu’ils “aiment”, priant à l’unisson pour la “paix et la cohabitation entre les deux religions” au Moyen-Orient.

Ce jeudi 7 décembre 2017, qui correspondant au 19 Kislev du calendrier hébraïque, aura lieu à Tunis le pèlerinage annuel sur la tombe de ce rabbin, grand érudit et auteur de miracle est au centre d’une « hiloula »qui aura au cimetière juif du Borgel à Tunis.

Parmi les pèlerins  cette année on trouve des fidèles juifs de synagogue tunisienne “Keter Torah”,de Netanya centre. Ils participeront au pèlerinage ainsi qu’aux rituels de la « minha » et du « chahrit » qui auront lieu dans les synagogues.

Sous surveillance policière, son l’accès sera autorisé aux seuls tunisiens dûment munis d’une autorisation délivrée par la communauté juive du pays. Une collecte sera versée dans une caisse pour la rénovation et l’entretien des sépultures .

A l’occasion de sa « hiloula », un pèlerinage aura lieu au Borgel sur sa tombe et la tradition veut que des dons et des repas soient servis aux démunis.

Auteur de nombreux miracles, Rebbi Hai Taieb Lo Met est très vénéré dans la communauté juive tunisienne et compte parmi les grands « tsadik ».

Grande ferveur durant  sa  hiloula  

Une grande ferveur accompagne ce pèlerinage annuel pour lequel on accourt de partout pour se recueillir et célébrer la mémoire du rabbin disparu.  “Un homme pieux, intègre, bienfaiteur, bon” lit-on sur une plaque ornant la façade d’une synagogue.

Une légende entoure la sépulture de Rebbi Hai Taieb Lo Met qui serait apparu en rêve au tailleur de pierre chargé de sa pierre tombale pour lui demander d’ajouter à son épitaphe l’expression « Lo Met » qui signifie « n’est pas mort ».

Pour mieux comprendre la vénération dont fait l’objet Rebbi Hai Taieb Lo Met, il faut revenir à l’histoire de ce rabbin et à sa tradition sainte qui a fait de sa « hiloula » l’un des plus importants pèlerinages juifs tunisiens.

Mort il y a 180 ans, Rebbi Hai Taieb était un grand érudit, exégète de la Torah et de la Kabbale. Ses œuvres écrites ont été perdues et selon la légende, sa mère les aurait jetées par erreur.

Un chant datant du dix-huitième siècle et dédié au saint personnage continue de nos jours encore à être psalmodié à la mémoire de Rebbi Hai Taieb. Son surnom de Lo met qui signifie « n’est pas mort », il le doit aussi à sa légende.

On raconte en effet que la stèle désignant sa tombe était régulièrement et mystérieusement détruite. A chaque fois qu’on la remplaçait, elle était de nouveau détruite, jusqu’au jour où le rabbin apparut en rêve au graveur de la stèle.

Le saint homme s’adressa au tailleur de pierres en ces termes : « Pourquoi écris-tu que je suis mort à telle date? Mon nom est Hai et signifie le Vivant. Corrige ta stèle et elle ne sera plus détruite ! »

C’est alors que le graveur ajouta la mention « lo met » qui signifie donc « n’est pas mort ». Depuis, la stèle n’a plus été détruite et le rabbin repose en paix avec le nom de Hai Taieb Lo Met.

Souhail Ftouh

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