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Israël a perdu deux places en un an dans le classement « Doing Business ». Pour l’année 2018, Israël se situe désormais au 54 ème rang sur 190 économies classées selon la facilité de faire des affaires dans cet indice publié  par la Banque mondiale.

Doing Business 2018: Réformer pour créer des emplois est une publication phare du Groupe de la Banque Mondiale et est la 15ème d’une série de rapports annuels mesurant les régulations favorables et défavorables à l’activité commerciale. Doing Business présente des indicateurs quantitatifs sur la réglementation des affaires ainsi que sur la protection des droits de propriété de 190 économies.

Les économies sont classées de 1 à 190 par rapport à la facilité d’y faire des affaires. Une note plus élevée indique un environnement réglementaire des affaires plus favorable à la création et au développement d’entreprises locales. Le classement est déterminé en fonction des scores de distance à la frontière agrégés par rapport aux 10 thématiques Doing Business, qui sont elles-mêmes composées de sous indicateurs. La pondération par indicateur est la même. La classification de toutes les économies est effective jusqu’à Juin 2017.

Doing Business mesure les réglementations concernant 11 domaines du cycle de vie d’une entreprise. Dix de ces domaines sont inclus dans le classement de cette année sur la facilité à faire des affaires : création d’entreprise, l’obtention d’un permis de construire, raccordement à l’électricité, transfert de propriété, obtention de prêts, protection des investisseurs minoritaires, paiement des impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité. Doing Business mesure également la réglementation du marché du travail, ce qui n’est pas inclus dans le classement de cette année.

L’Inde a réalisé une des meilleures performances sur ce classement, passant de la 130e à la 100e place grâce à des réformes implémentées par le Premier ministre Narendra Modi, élu en 2014 avec un gage d’améliorer le climat des affaires au pays, alors classé au 142e rang.

Classement Doing Business : des pays sciemment rétrogradés 

La démission cette semaine de l’économiste en chef de la Banque mondiale (BM), Paul Romer, de son poste après la polémique suscitée par ses révélations fracassantes sur le classement Doing Business, est largement reprise par la presse aux Etats-Unis, jetant le trouble sur la valeur réelle de ce classement suivi par les investisseurs.

Le Chili qui est souvent bien classée, est rétrogradée – il a perdu une dizaine de places dans le classement Doing Business pour l’année 2018, se classant au 57e rang sur 190 – malgré les bonnes intentions qu’elle montre et ses tentatives de redresser la barre, pour attirer des IDE, est-elle évaluée à sa juste valeur ?

Paul Romer – en photo-a en effet confirmé sa décision de quitter ses fonctions avec «effet immédiat», selon la presse américaine, qui cite une note en interne du président du groupe de la BM, Jim Yong Kim. Depuis sa prise de fonctions en 2016, l’économiste en chef était en conflit permanent avec les responsables de la BM sur la méthodologie et la rédaction des rapports produits par cette institution financière internationale.

En janvier 2018, il avait accusé l’institution de Bretton Woods d’avoir modifié injustement les indicateurs de son rapport annuel sur le climat des affaires dans le monde pour des motivations politiques.

Dans un entretien accordé le 12 janvier 2018 au Wall Street Journal, Paul Romer a admis que les changements de la méthodologie du rapport Doing Business, opérés ces dernières années, ont été motivés par des considérations politiques, citant le cas du Chili dont la notation a été volontairement abaissée depuis l’arrivée au pouvoir de la socialiste Michelle Bachelet en 2014.

Le Chili, qui avait enregistré depuis 2010 une progression constante dans le Doing Business, a vu son classement chuter de la 34e place en 2014 à la 57e en 2017 en raison de l’introduction d’un indicateur sur les délais de paiement des impôts par les entreprises, qui a coûté cher à ce pays en matière d’attractivité économique.

Ce recul important a été enregistré alors que les conditions économiques du Chili n’ont affiché aucune détérioration, selon l’économiste en chef de la BM. Les auteurs du rapport auraient voulu donner une mauvaise image de la situation économique de ce pays d’Amérique Latine, a-t-il laissé entendre.

La régression du Chili aurait profité au Mexique qui a capté, durant quatre années, l’essentiel des IDE vers l’Amérique Latine. «Je veux m’excuser personnellement auprès du Chili et des autres pays qui auraient pu être affectés par ces changements», a indiqué Paul Romer au Wall Street Journal.

Paul Romer, qui s’est exprimé cette semaine après sa démission, a indiqué sur son blog que la Banque mondiale, appelée à opérer dans le domaine de la diplomatie, faisait l’objet d’une tension «inévitable» résultant des difficultés de concilier les objectifs diplomatiques et les exigences de la recherche scientifique.

Souhail Ftouh 

 

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