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Rafle des Juifs  tunisiens 

Ce jour du 8 décembre 2013 au mémorial de la Shoah à Paris, une partie de la communauté juive de Tunisie a rendu un hommage,dans le silence, aux 4000 Juifs Tunisiens déportés par les Nazis.

En Israël aujourd’hui, lundi 9, on organise une cérémonie à la mémoire de ces victimes qui furent astreints au travail obligatoire dans des Juden Arbeitslager au nord du pays.

Les Nazis sont passés par la Tunisie, ils y sont restés pendant six longs mois de décembre 1942 à mai 1943, au cours desquels ils ont organisé des rafles sauvages contre les juifs (en particulier à partir du 9 décembre 1942).

Même s’il n’y a aucune comparaison entre ce qui s’est passé en Tunisie et le sort subi par des millions de juifs et d’autres minorités en Europe, il faut rappeler à cette occasion que dix-sept déportés juifs, originaires de Tunisie, ne sont jamais rentrés chez eux ; que les communautés juives de Tunis, Djerba, Sfax, Gabès ont été contraintes, sous la menace de liquidation collective, de payer de fortes amendes en argent liquide et en or.

Les historiens avancent le nombre de 4 000 Juifs internés dans les 32 camps en Tunisie, repartis sur le territoire en général des hommes âgés de 15 à 45 ans. Les conditions de vie y sont très difficiles : travail physique exténuant, punitions corporelles, manque de nourriture, conditions sanitaires très mauvaises, maladies.

Durant le Rafle des Juifs de Tunis, un jour du 2 Tevet 5703 quelques 2 000 juifs furent arrêtés, et les Allemands iront même les ramasser jusque dans les synagogues. Des centaines d’entre eux avaient trouvé la mort et plusieurs d’entre eux en trouvé la route de la déportation.

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Comme l’écrira Albert Memmi, l’histoire du monde rattrape violemment les Juifs de Tunisie.

Les juifs tunisiens représentent dans cette période environ 7 % de la population. En 1941, sur le million d’habitants que compte la Tunisie, on dénombre quelque 90 000 juifs, dont 68 000 de nationalité tunisienne, 16 500 naturalisés français et environ 5 000 immigrés originaires de Livourne, dont la protection relève du gouvernement italien qui fait partie de l’Axe.

“Ce sont aussi les autorités françaises qui, au mois de février 1943, firent arrêter et transporter en France une vingtaine de personnalités françaises, connues pour leur hostilité au régime de Vichy. Deux d’entre elles, de confession juive, Me Victor Cohen- et le Dr Benjamin Lévy, furent acheminées vers les camps d’extermination et y trouvèrent la mort”. (Cité par Paul Sebag dans Histoire des juifs de Tunisie , L’Harmattan page 252).

Il faut savoir qu’une forte censure de la presse a été mise en place dès novembre 1942, date qui correspond à l’arrivée dans ce protectorat français du représentant du maréchal Pétain, Georges Guilbaud. Tous les journaux sont interdits, pour ne publier plus qu’un seul quotidien en français.

Aujourd’hui le gouvernement islamiste tunisien nie encore ces faits, refuse de commémorer cet anniversaire sur le territoire du pays et empêche tout financement publique de recherches historiques dans ce sujet.

L’an dernier une élue d’Ennahdha à la constituante, Basma Jbali, a dénigré la communauté juive en attirant l’attention sur la vente de terrains de l’île de Djerba à des juifs pour faire de Djerba une seconde Palestine. Ces déclaration avaient suscité l’indignation de la communauté de l’île qui y voient des « propos racistes incitant à la sédition ».

La communauté Juive s’est installée pourtant en Tunisie avant la conquête arabe au 7ème siècle.C’est une communauté qui peut-être considérée, historiquement parlant, comme une communauté autochtone.

On devrait aussi se rappeler combien les juifs ont souffert dans les pays arabes qui les ont spolié de tous leurs biens et les massacres qu’ils ont endurés .On parle toujours de “réfugiés palestiniens”, mais jamais d’un million de réfugiés juifs chassés des pays arabes !

Depuis 1956 (l’année de l’indépendance) en passant par 1961 (crise de Bizerte), puis en 1967 (la Guerre des Six Jours) et 1973 (la Guerre du Kippour) , les Juifs tunisiens ont été poussé pour partir en masse, les en France, les autres en Israël.

Souhail Ftouh

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