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Les Juifs libyens semblent fiers de leur patrimoine et même nostalgiques de leur foyer ancestral.

David Djerbi, un Juif originaire de Tripoli, qui a quitté la Libye en 1967, à la suite de la Guerre des Six jours, a reçu dimanche l’autorisation du Conseil national libyen de transition (CNT) de retourner dans son pays afin de lancer la restauration de la grande synagogue, Dar Bichi, située dans le centre historique de la capitale libyenne.

David Djerbi, se présente comme le premier Juif à revenir en Libye depuis la révolte populaire qui a entraîné la chute de Kadhafi en août. David Djerbi est aussi un représentant de l’Organisation mondiale des Juifs de Libye.

Dès le début du soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, David Djerbi, s’est employé à défendre la cause du CNT en Afrique du Sud, qui n’a reconnu l’instance de transition qu’à la fin du mois d’août, et à venir en aide aux victimes de la guerre dans les hôpitaux de Benghazi, dans l’est du pays.

Djerbi souhaite aider les dirigeants intérimaires à reconstruire la Libye perdue de son enfance en favorisant la tolérance religieuse qui existait entre juifs et musulmans au Maroc et ailleurs au Maghreb. Il veut aussi que la synagogue Dar Bichi devienne un symbole de réconciliation entre Libyens juifs et musulmans.

David Djerbi a fait une série d’entrevues avec les responsables du CNT sur les perspectives de réinsertion des Juifs dans la Libye de l’après-Kadhafi.

Alors qu’il avait 12 ans, Djerbi et sa famille ont fui Tripoli en 1967, la guerre des Six-Jours ayant nourri l’hostilité des Arabes contre Israël et provoqué des agressions contre les Juifs de son quartier.

Mouammar Kadhafi avait expulsé le reste des 38.000 Juifs libyens deux ans plus tard en confisquant leurs biens. Depuis, la plupart des synagogues de Tripoli ont été détruites ou transformées en mosquées. Sur la côte, des cimetières juifs ont été rasés pour faire place à des immeubles de bureaux.

Aujourd’hui s’eléve encore la synagogue Dar Bichi. Néanmois l’inscription en hébreu qui la surmonte, “Ecoute, Israël”, n’est presque plus lisible et des pots de peinture vides jonchent le sol. L’emplacement des bains rituels est decenu un dépôt d’ordures où des chats errants cherchent de quoi manger à côté dans l’endoit où setrouvaient autrefois les rouleaux sacrés de la Torah.

En 2007, les autorités libyennes avaient arrêté David Djerbi et interrogé lors d’une précédente visite dans le pays, où il venait déjà s’enquérir des moyens de restaurer la synagogue.

David Djerbi, Juif libyen exilé depuis 44 ans, rêve de restaurer cette synagogue qui lui rappelle certains souvenirs de son enfance libyenne.

A présent, David Djerbi dit chercher à devenir membre du CNT pour y représenter une population juive encore inexistante. Le retour des Juifs en Libye et leur représentation au CNT seront sans doute des questions délicates dans un pays musulman dont l’ancien dirigeant fut, des décennies durant, un contempteur virulent d’Israël sur le plan international.

Psychotérapeuthe installé en Italie, David Djerbi dit recourir aux enseignements de la psychothérapie pour tenter de nouer des liens avec la population libyenne. “Je dois les regarder droit dans les yeux » di t-il. « L’antisémitisme a été enraciné si profondément par Kadhafi que les gens ont besoin de s’en extraire. J’essaie de les transformer par mon comportement », indique-t-il en s’adressant en arabe aux habitants de son ancien quartier.

Ftouh Souhail

Note : un article de Haaretz a parlé le 19 juin 2011 de la grande synagogue, Dar Bichi à Tripolie
http://www.haaretz.com/jewish-world/libya-fighting-stirs-memories-of-country-s-jewish-past-1.368364

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