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Le jeûne du 9 du mois d’Av a débuté hier soir. Le 9 av n’est pas un jour chômé en Israël, bien que les banques soient fermées.

Une enquête menée auprès d’environ 500 personnes en 2010 fait apparaître que 22% des Juifs d’Israël observent le jeûne du 9 av et que 52% disent respecter son atmosphère de deuil, évitant de sortir dans des lieux de divertissement ou avec des amis.

Ce jeûne a été instauré en souvenir de la destruction des Premier et Second Temples et par voie de conséquence, la perte de toute souveraineté nationale du peuple juif sur sa terre et le début d’un exil qui durera dix neuf siècles. Le 9 Av est devenu le symbole des malheurs du peuple juif.

Le jeûne du 9 av dure, à l’instar, de Yom Kippour, plus de vingt-quatre heures et est soumis aux mêmes restrictions sur les parfums, le port de chaussures de cuir et les rapports conjugaux.

La source biblique du jeûne est une prophétie évoquée par Zacharie.

Selon le professeur de philosophie Benno Gross, auteur de nombreux ouvrages de pensée juive, la détermination de la date du 9 av pour la première de ces calamités repose sur un calcul chronologique d’après les versets bibliques et sur une tradition orale qui n’avait pas été consignée dans la Mishna.

Pour la seconde, elle est déduite de la résolution d’une apparente contradiction sur les dates dans les Livres contemporains : le Livre des Rois indique que la ville et le Temple ont brûlé le 7 av tandis que Jérémie indique le 10 av pour les mêmes évènements ; selon les Sages, le 7 av, des étrangers sont entrés dans le sanctuaire et l’ont profané ; ils y ont mis le feu le 9 av et le 10 av8, le Temple a fini de brûler.

Selon Rabbi Yohanan, c’est cette date du 10 av qui aurait dû être choisie pour le jeûne mais les Sages lui ont préféré le 9 parce que l’affliction est plus importante au moment où elle se déclenche qu’à celui où elle se termine 9. Plusieurs docteurs du Talmud jeûnaient d’ailleurs le 9 et le 10 av ou, au moins, la nuit du 10 av

En ce qui concerne la destruction du second Temple, Flavius Josèphe, contemporain des évènements, écrit que « Dieu avait, depuis longtemps, condamné le Temple au feu. La succession des temps amenait le jour fatal, qui fut le dixième du mois de Loos. A cette même date le Temple avait autrefois été brûlé par le roi de Babylone »

Alors que les coutumes de deuil dominent, les hassidim tiennent à rappeler que le jour n’est pas totalement dépourvu d’espoir : d’une part, une tradition talmudique affirme que le Messie naîtra un 9 av et, d’autre part, « qui pleure la destruction de Jérusalem mérite de se réjouir de sa reconstruction ». Le 9 av devient donc, paradoxalement, un temps d’espoir et d’anticipation, une opportunité de tisser un lien plus étroit avec Dieu.

Ftouh Souhail

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