Des chiffres qui parlent : les universités israéliennes attirent de plus en plus d’étudiants arabes

 

Le nombre d’étudiants arabes dans les universités israéliennes est passé à 47 000. Près de 3.000 étudiants arabes se sont inscrits pour cette année universitaire 2018-2019 dans les différentes universités israéliennes, un chiffre qui ne cesse de s’envoler avec les années. La qualité des diplômes et les excellents résultats de ses universités sont les facteurs d’attraction clefs. La Tech israélienne se met aussi à embaucher des Palestiniens.

Le nombre d’étudiants arabes dans les universités israéliennes a augmenté de 97% au cours des sept dernières années, selon une nouvelle étude du Conseil israélien de l’enseignement supérieur (Israel’s Council for Higher Education – CHE).

Le nombre de doctorants arabes israéliens ont plus que doublé en une décennie.Le Conseil israélien de l’enseignement supérieur qualifie ces statistiques de “révolution”.

Le nombre de candidats est passé de 355 en 2008 à 759 en 2018. En 2018, 40% des candidats au doctorat arabes-israéliens étaient dans les domaines de l’ingénierie et des sciences naturelles et 40% dans celui des sciences sociales.

Au total, le nombre d’étudiants arabes dans les universités israéliennes est passé de 26 000 en 2010 à 47 000 en 2019.

Selon l’enquête, les étudiants arabes représentaient 16,1 % des étudiants de premier cycle dans les universités israéliennes, contre 10,2 % en 2010.

Les étudiants arabes de la ligne verte (85,2 %) et les étudiants palestiniens (7 %) constituent l’essentiel des diplômés arabes de l’enseignement supérieur.

L’augmentation rapide du nombre d’étudiants arabes d’Israël cherchant des diplômes d’études supérieures concerne en en particulier les facultés de médecine.

Les nouveaux programmes proposés par le Conseil israélien de l’enseignement supérieur pourraient contribuer à accroître encore l’accès des citoyens arabes à l’enseignement supérieur.

Le nombre d’inscription de non-juifs dans les facs du pays grimpe.

Les universités israéliennes font le plein d’étudiants arabes.

C’est un chiffre record pour 2019 : 2958 étudiants arabes ont fait une inscription cette année en Israël. C’est 10% de plus que l’année précédente et cette croissance à deux chiffres se poursuit avec les années. Deux facteurs principaux viennent expliquer cette demande. La première, ce sont le bon classement des établissements israéliens dans les classements universitaires internationaux. La seconde, ce sont le niveau élevé des diplômes délivrés par ces établissements.

La majorité des nouveaux venus sur viennent des arabes israéliens. Selon le recteur de l’Université de Tel-Aviv, qui dirige un groupe de travail sur l’ouverture aux étudiants arabes, ces bons résultats sont le fruit d’un travail de promotion dans le secteur arabe entamé il y a dix ans.

Selon l’étude du Registre des étudiants inscrits et diplômés de Tel-Aviv,le nombre de diplômés a augmenté globalement de 1,6 % l’an dernier. Sciences sociales, commerce et droit, ingénierie et informatique ainsi que santé sont les domaines de prédilection des nouveaux inscrits non juifs.

Le succès d’un programme du Conseil israélien de l’enseignement supérieur visant à mieux intégrer la communauté arabe israélienne dans l’enseignement supérieur rapporte donc ses fruits. Le gouvernement a dépensé 300 millions de shekels (88 millions de dollars) pour ce programme en 2012-2016.

Le succès du programme a conduit le gouvernement à l’étendre jusqu’en 2022, avec un budget total de 1 milliard de shekels (294 millions de dollars).

Le programme se concentre sur la préparation des étudiants arabes au lycée pour les études dans les universités israéliennes, où l’hébreu est la langue principale, et pour les examens de fin d’études. Le programme vise également à empêcher les étudiants arabes de décrocher pendant les premières années difficiles des études de premier cycle.

Les 1,75 million de citoyens arabes d’Israël constituent 21 % de la population et pour la tranche d’âge des étudiants universitaires de premier cycle, ils constituent 26 % de la population.

Dans les domaines dans lesquels les étudiants arabes étaient représentés proportionnellement à leur pourcentage de la population étaient l’éducation et les professions médicales.

Selon l’enquête, il y a eu une augmentation du nombre d’étudiants arabes dans des matières pour lesquelles leur représentation a été faible dans le passé. Cela comprend l’augmentation des inscriptions en génie (66 %), en mathématiques et en sciences exactes (44 %), en sciences humaines (66 %) et en administration des affaires (87 %).

La communauté bédouine, cependant, continue d’être sévèrement sous-représentée dans les universités israéliennes. Selon le CHE, il n’y avait que 850 étudiants bédouins inscrits dans les instituts israéliens d’enseignement supérieur en 2016, alors que des milliers d’étudiants bédouins israéliens sont inscrits dans des universités palestiniennes en Cisjordanie.

Le CHE a élaboré un plan quinquennal doté d’un budget de 100 millions de shekels (294 millions de dollars) pour augmenter les taux de scolarisation bédouine de 75 %.

La professeur Yaffa Zilbershats, présidente du comité de planification et de budgétisation du CHE, a déclaré sur le site web du conseil : « Le comité de planification et du budget a défini le plan pluriannuel d’accessibilité et de réduction des écarts dans le système d’enseignement supérieur comme un objectif central. »

Elle a ajouté : « L’université est la clé de l’intégration dans la société et l’industrie. Par conséquent, dans les prochaines années, nous allons investir beaucoup de ressources, y compris le soutien professionnel et individuel, afin d’ouvrir la voie à l’université pour les étudiants, les Bédouins en particulier. »

Il convient de noter que les études ont grandement contribué à la vie et à la carrière personnelle des étudiants arabes d’Israël, en particulier des femmes.

La Tech israélienne se met à embaucher des Palestiniens

Pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre, les sociétés israéliennes se tournent vers les ingénieurs palestiniens, même si certains se refusent à coopérer pour des raisons politiques.
Un manque criant de main-d’œuvre oblige les entreprises technologiques israéliennes à recruter des Palestiniens de Cisjordanie, créant ainsi des liens économiques entre les deux camps en dépit des tensions politiques persistantes.

Le secteur israélien des nouvelles technologies – qui a inspiré l’expression “start-up nation” – a besoin de quelque 10?000 programmeurs et ingénieurs, indique le gouvernement. Cette pénurie représente l’une des plus graves menaces pour la croissance israélienne, après le risque de guerre avec le Hezbollah au Liban.

Aujourd’hui, près d’un millier d’ingénieurs palestiniens travaillent pour des entreprises israéliennes ou des multinationales, soit une hausse d’environ 10 % par rapport à l’année dernière, explique Murad Tahboub, un représentant d’Asal Technologies, une société installée dans les Territoires qui met en contact des travailleurs palestiniens avec des employeurs en Israël.

Oday Dahadha, un ingénieur âgé de 26 ans employé par Asal, dit qu’il n’avait jamais rencontré d’Israélien avant de commencer à travailler pour Mellanox, une entreprise israélienne spécialisée dans les équipements pour réseaux informatiques, en 2014.

C’est comme dans n’importe quelle entreprise internationale”, explique Oday Dahadha, qui espère créer un jour sa propre entreprise.

Souhail Ftouh

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