| More

 

Une source anonyme émanant des services de sécurités au Proche Orient, révèle l’envoi éminent de trois officiers militaires israéliens à Ryad, sur demande de l’Arabie Saoudite.

Leur objectif sera de conseiller les forces armées locales à mener le combat au Yémen contre les combattants chiites Houthis, dont la progression rapide, au point de menacer le régime Saoudien, a eu pour conséquence le déclenchement de frappes aériennes de la coalition arabe sous conduite saoudienne.

Les israéliens ont une longue tradition en matière de formation aux armées de pays étrangers.

Le gouvernement israélien, selon son habitude, ne confirme pas l’envoi de conseillers israéliens, mais elle semble avérée. Cela représenterait une première pour Israël qui va œuvrer indirectement contre des miliciens chiites loin de ses frontières et sur un sol étranger.

En effet, l’Arabie Saoudite souffre de lacunes dans sa sécurité et subit le chantage de la part des rebelles chiites, affiliés a l’Iran qui ont décidé de s’en prendre au pays tant qu’il ne n’arrêtera pas les bombardements sur Sanaa, Sadaa, Al-Jawf et de la quasi-totalité des provinces yéménites.

Sachant que l’Arabie Saoudite a investi des milliards de dollars dans ses forces que l’on dit composées de plus de 600.000 membres, on aurait pu s’attendre à ce qu’elles soient en mesure de faire face aux miliciens au Yemen. Or, il n’en est rien.

Le 19 décembre 2017, les forces chiites ont tiré un missile de moyenne portée de type « Borkan H2 » en direction du palais d’al-Yamamah de Riyad. Le 4 novembre dernier, un autre missile balistique a été tiré sur l’aéroport Malek Khalid près de la capitale saoudienne.

Le palais d’Al-Yammamah de Riyad est un palais qui se trouve dans l’ouest de la ville où siège le Parlement saoudien. L’aéroport se situe dans le nord de la capitale saoudienne, ce qui prouve que les quatre coins de la capitale saoudienne  sont désormais exposés aux missiles yéménites.

Le prince héritier saoudien Ben Salmane, qui s’apprête à reprendre les rênes du pouvoir, se trouve heurté à un défi de taille : la situation va de mal en pis dans la mesure où le périmètre d’action balistique des rebelles pro iraniens s’élargit de jour en jour. Jusqu’ici, les puissances balistiques des rebelles Houthis étaient sous-estimées par Riyad et ses alliés.

Vendredi dernier, l’ambassadrice US auprès de l’ONU, a exposé sous les caméras une pièce du reste de « Borkan H2 » tiré le 4 novembre. Haley a accusé l’Iran d’avoir trafiqué ce genre d’engin au Yémen, pays qui subit depuis trois ans un blocus aérien, naval et terrestre total, imposé par l’Arabie saoudite. Pour leur part, des responsables politiques et militaires iraniens ont, plus d’une fois, annoncé que les questions défensives et sécuritaires dont celles liées au programme balistique ne sont pas négociables.

Le chef du mouvement yéménite Ansarallah, Abdel Malek al-Houthi a prononcé un discours le 19 décembre. Il a affirmé que le régime saoudien n’est qu’un instrument entre les mains des Américains.

Les ennemis de l’Arabie Saoudite sont aussi les ennemis d’Israël

Riyad se trouve déjà sous le feu des critiques de certains médias arabes, qui n’avaient pas apprécié le soutien offert par un pays musulman à Israël.

Mais depuis, les attaques yéménites par des missiles balistiques, a ouvert une brèche dans le mur diplomatique érigé par les pays arabes et a amorcé un changement de cap dans une partie de l’opinion publique saoudienne.

Ben Salmane, le maître d’œuvre d’une alliance avec Israel qui cherche à freiner la propagation du fondamentalisme chiite, a ouvert la voix pour une normalisation progressive entre Israël et l’Arabie Saoudite. A cette occasion, le ministre israélien du Renseignement a invité le prince héritier saoudien à se rendre à Jérusalem.

L’État hébreu a mis en garde ses interlocuteurs arabes Sunnites dans les pays du Golfe sur le danger du terrorisme chiite et d’une nucléarisation de l’Iran, qui risquaient d’avoir des répercussions dans leur propre région. Et proposé une assistance aux niveaux des renseignements, sans contrepartie politique contraignante.

Quand, en juillet 2016 le général saoudien à la retraite Anwar Eshki s’est rendu en Israël à la tête d’une délégation d’universitaires et d’homme d’affaires saoudiens, il exprimé la préoccupation au sujet de la montée en puissance des iraniens.

Dans ce conflit, les israéliens vont prendre ” fait et cause ” pour l’Arabie Saoudite, perçu comme un utile garde-fou contre l’Iran.

Les rebelles Houthis reçoivent du Hezbollah une assistance et une formation dans l’utilisation des missiles et des roquettes, des drones, des engins explosifs, et participent à des exercices tactiques sur le champ de bataille. Ils sont aujourd’hui capables avec leurs missiles d’atteindre, à partir du territoire yéménite, différentes cibles stratégiques en Arabie saoudite, et notamment des aéroports et des infrastructures civiles.

Les Houthis sont aussi très actifs dans le détroit de Bab el-Mandeb qui, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden dans l’océan Indien, sépare Djibouti, le Yémen, l’Arabie saoudite et l’Afrique. Il est clair qu’une présence iranienne permanente y aurait des conséquences géopolitiques graves sur toute la région. Elle menacerait notamment l’Égypte et son canal de Suez mais aussi Israël et la Jordanie.

Les Occidentaux ont scandaleusement ignoré, lors des pourparlers avec les Iraniens, le vaste programme de missiles balistiques que développe l’État islamique chiite. Ce programme se trouve au cœur de la menace iranienne pour détruire Israël.

 

Souhail Ftouh 

 

 

Leave a Reply

*