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Le recours aux sociétés israéliennes dans le domaine de la sécurité est une tendance de plus en plus répandue qui coïncide avec la recrudescence des attaques  ayant conduit à une demande exponentielle des besoins sécuritaires des Etats. Un marché en plein essor pour Israël qui s’impose d’ores et déjà comme le leader en la matière.

Une firme israélienne  sera sollicitée l’an prochain pour sécuriser les Jeux olympiques de 2018 prévus à Pyeongchang, en Corée du Sud.

ThetaRay, basé à Jérusalem, fournit une plate-forme et des solutions d’analyse de données volumineuses pour la cybersécurité avancée, l’efficacité opérationnelle et la détection des risques contre les menaces inconnues.

 

ThetaRay a été fondée en 2012 sur la base de la recherche algorithmique des fondateurs Amir Averbuch de l’Université de Tel Aviv et Ronald Coifman de Yale. L’algorithme du produit apprend le comportement “normal” d’un système et signale toute activité inhabituelle.

ThetaRay sera chargée d’appuyer les efforts visant à se protéger contre les risques de piratages  et des conséquences catastrophiques pour cette manifestation sportive d’envergure internationale. Sa responsabilité est de s’assurer que les technologies de pointe fonctionnent correctement pour l’une des manifestations sportives les plus importantes au niveau international: les Jeux Olympiques de 2018.

Piratage de résultats, fuite d’information personnelle et menace des infrastructures : les experts  israéliens vont superviser les efforts  contre toutes sortes d’attaques informatiques potentielles qui pourraient viser les Jeux olympiques en Corée du Sud dans quatre mois. Un piratage des Jeux pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour cette manifestation sportive d’envergure internationale.

Aux commandes de ThetaRay,   des anciens membres de l’industrie de la Défense en Israël désormais spécialistes de la cybersécurité avancée. Aux yeux de ses experts, un nombre croissant d’opportunités de manipulations numériques existe alors que le monde du sport utilise les nouvelles technologies pour améliorer les entraînements des athlètes, enrichir l’expérience des fans et même aider les arbitres à déterminer des résultats.

Piratage des tableaux indicateurs, fuite d’informations personnelles sur les athlètes, voire cibler les spectateurs ou les moyens de transport… Les tentations seraient nombreuses pour les flibustiers du clavier.Car le monde du sport n’échappe pas à la numérisation des biens et des services. Qu’il s’agisse d’acheter des billets ou carrément pendant les parties, la technologie s’infiltre partout.

En effet, les tentatives d’infiltration de systèmes informatiques menées dans le cadre des élections présidentielles américaines de 2016 doivent servir d’avertissement quant à l’importance des possibles impacts d’une offensive numérique contre les Jeux.

Des événements sportifs se seraient d’ailleurs déjà retrouvés dans la ligne de mire de pirates.

Le collectif Anonymous a ainsi soutenu avoir piraté le site internet de la Formule 1 pour dénoncer le Grand Prix de Bahreïn, en 2013. Et pendant la Coupe du monde de soccer, en 2014, des pirates se sont emparés des adresses courriel de plusieurs responsables brésiliens.

Aujourd’hui  donc  les pays chargées de préparer les futurs Jeux olympiques prennent la question de la sécurité très au sérieux.

La sécurisation de grandes manifestations sportives et culturelles est en particulier devenue un cauchemar pour les pays hôtes qui n’hésitent plus à se tourner vers l’Etat hébreu.

Outre la mobilisation de quelque milliers de policiers et militaires, c’est vers Israël que le Brésil avait décidé de se tourner pour assurer la sécurité des Jeux en 2016.

L’entreprise qui était choisie pour cette tâche colossale est l”ISDS” (International Security and Defence System), une multinationale dont les bureaux se situent dans un Moshav (village) au centre d’Israël. Aux commandes de l’ISDS, des anciens membres de l’industrie de la Défense en Israël désormais spécialistes de la sécurité sous tous ses aspects. L’ISDS s’est vue allouer un budget de 2,2 milliards de dollars.

Le rôle d’ISDS à Rio était d’analyser chaque événement en lien avec les Jeux – les environs du stade, les infrastructures (…) le village Olympique, les parkings etc.

Par ailleurs, l’entreprise était chargée d’imaginer tous les scénarios catastrophes possibles et de trouver une solution pour chacun d’eux: de l’attaque terroriste de grande envergure à une attaque dit de “loup solitaire”, tout comme un mouvement de foule suspect.

Afin de réduire au maximum les menaces potentielles, l’ISDS s’ est appuié sur le facteur humain ainsi que sur de nombreuses technologies de pointe comme un système capable de détecter un mouvement dit “suspect” en fonction de facteurs définis au préalable et relié aux caméras de surveillance. Ainsi, comme l’explique “un individu en possession d’un très grand sac ou qui se rendrait dans une zone où il n’a rien à faire”, est directement signalé aux caméras.

Un dispositif de surveillance des téléphones portables dit “Argos” était également prévu, dont l’une des fonctionnalités est de détecter un changement de carte SIM par l’utilisateur. L’entreprise israélienne avait dans le passé participé à la sécurité d’autres Jeux, mais c’est la première fois que le dispositif lui est intégralement confié.

A l’occasion de l’Euro de football en juin 2016, Paris comptait également sur un outil israélien pour sécuriser les stades: une technologie capable de neutraliser la menace posée par les drones.

Un mois plus tôt, lors du festival de Cannes, autre manifestation publique qui implique une importante concentration de personnes et rend la sécurisation des lieux difficile, quatre experts dont un ancien responsable anti-terrorisme israélien avaient réalisé un audit pour définir les points de vulnérabilité de la ville.

Si ces informations sont souvent méconnues du public, la participation d’entreprises israéliennes à la sécurité des grands événements est devenue plus courante. Ce fut le cas pour les Jeux Olympiques en Chine (2008) et à Athènes (2004).

Souhail Ftouh 

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