Diminuer les embouteillages :Tel-Aviv envisage une taxe pour financier le transport collectif

Afin de lutter contre les embouteillages, le ministère des Finances envisagerait d’instaurer de nouvelles taxes pour frapper au porte-monnaie des conducteurs qui engorgent les routes à l’heure de pointe et utilisent leur voiture dans les centres-villes.

Tel-Aviv est prête à imiter New York qui implantera en 2021 un système de péage autour de son centre-ville afin de financer son transport collectif.

Le nouveau prélèvement vise à réduire le recours à la voiture, notamment dans le centre-ville de Tel Aviv constamment en proie à des embouteillages monstres et pour le financement des besoins du développement du transport collectif.

Le plan prévoit la mise en place d’une taxe spéciale visant les voitures, dans les zones surpeuplées, pour essayer de réduire le nombre de véhicules qui saturent les centres-villes, tout particulièrement à Tel Aviv. Toutefois les nouvelles propositions doivent être présentées au prochain gouvernement une fois qu’il sera formé.

Londres, Singapore et Stockholm ont introduit des systèmes similaires, connus sous le nom de la « taxe embouteillage », qui ont conduit à une réduction du trafic et à des améliorations de la qualité de l’air, tout en créant un revenu croissant pour développer les transports publics et d’autres infrastructures.

Pourtant, des critiques du projet ont affirmé que, dans la pratique, ce système signifiera que la conduite en centre-ville sera réservée aux riches.

Le changement de la structure de taxe de transport en Israël vise aussi à faire payer plus les conducteurs qui encombrent plus le système routier.

Des rapports approfondis sur l’économie israélienne publiés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Fonds monétaire international (FMI), deux institutions de recherche économique les plus réputées au monde, aboutissent à la même conclusion : la congestion routière en Israël est le problème numéro un du pays comparé aux autres pays développés.

Israël souffre de la pire congestion de l’OCDE, et la situation ne fera que s’aggraver”, a déclaré le directeur adjoint du FMI, Craig Beaumont, lors d’une conférence de presse résumant la visite d’une délégation du FMI en Israël. “La population d’Israël augmente, la qualité de la vie augmente, de plus en plus de gens se tournent vers les véhicules privés et le défi de l’infrastructure s’accélère.”

Le Fonds monétaire international (FMI) a attribué une note peu satisfaisante aux transports en commun dans les villes israéliennes, affirmant que la congestion routière coûtait en moyenne 60 minutes par jour aux passagers.

“Insatisfaisant” est la note attribuée par le (FMI) aux transports en commun dans les villes israéliennes. Dans le rapport complet du FMI le mois dernier, publié le mois dernier, le FMI explique comment Israël a pris beaucoup de retard par rapport aux pays de l’OCDE en matière d’infrastructures et pourquoi il est impossible de combler le fossé sans augmenter les impôts ni éliminer les exonérations fiscales.

Un rapport semestriel de l’OCDE présentait des chiffres soulignant la gravité du problème.

La densité de transport en Israël est en moyenne de 2 800 véhicules par kilomètre de routes, 3,5 fois les 800 véhicules par kilomètre de densité moyenne dans les pays de l’OCDE et presque le double de la densité moyenne de 1 300 véhicules par kilomètre de routes en Espagne.

La raison en est simple : le rythme de construction des infrastructures de transport en commun est loin de dépasser la place de l’augmentation du nombre de véhicules particuliers. En 2017, Globes a rapporté les résultats d’une enquête menée par le Centre de recherche et d’information de la Knesset montrant que le nombre de véhicules en Israël a augmenté de 17% au cours des cinq dernières années, alors que la route n’a augmenté que de 6%.

Cordon de péage autour de New York

L’État de New York a confirmé en adoptant son budget, en avril 2019, qu’il implanterait un cordon autour d’une importante partie de Manhattan afin de financer la réfection du réseau de métro.

New York devrait devenir la première ville américaine à utiliser une taxe embouteillage pour faire diminuer le trafic et financer des améliorations importantes en matière de transport, suivant les traces de Londres, Singapore et de Stockholm. Ces villes ont fait l’expérience d’une réduction du trafic et ont engrangé un revenu important pour développer les transports publics.

La Ville de New York prépare la mise en place de ce cordon, à l’instar de villes comme Londres et Stockholm.

Les taxes à New York ne commenceront pas avant la fin 2020, au plus tôt, et même s’il n’est pas certain que ces taxes décourageront les gens à utiliser leurs voitures, les péages devraient générer des revenus supplémentaires pour améliorer les transports publics.

La Communauté métropolitaine de Tel-Aviv recommande de mettre en place un tel système de péage, mais seulement à partir de 2024, le temps d’améliorer l’offre de transport collectif. En attendant, la ville israélienne travaillait à court terme à élargir la taxe sur les immatriculations afin d’augmenter le financement du transport collectif.

Les automobilistes de la région de Tel-Aviv paient 80 $ sur leurs immatriculations pour financer le transport collectif. Tel-Aviv envisage d’étendre à toute la région cette surtaxe, ce qui ferait passer la contribution à 100 $ pour tous.

Les spécialistes estiment que Tel-Aviv devra davantage s’engager en faveur du transport collectif. Présentement, Israël est à l’inverse de la tendance des pays de OCDE.Elle investit davantage dans le système routier que le transport collectif.

Cette “taxe de congestion» reste tabou en Israël à cause d’un homme :le ministre Yisrael Katz. Il n’est pas disposé à accepter une taxe sur la congestion à l’entrée de Tel-Aviv, même si tous les experts en transport estiment que cette mesure est essentielle et très efficace.

L’argument de Katz est qu’il est injuste de punir les conducteurs en les forçant à quitter leur véhicule privé sans leur donner une solution de transport en commun appropriée. La vraie raison, cependant, c’est l’ambition politique, pas l’équité. Katz sait qu’il paiera pour cela et qu’il ne deviendra jamais Premier Ministre s’il faisait cela… Et au vu du nombre de publicités qu’il paye sur Facebook pour se faire mousser, pas sûr qu’il renonce à son rêve pour le bien des automobilistes.

 

Une « voie rapide » payante

Dans une précédente tentative de lever des fonds pour résoudre le trafic à Tel Aviv, le ministère des Transports a construit une « voie rapide » de 13 kilomètres sur l’autoroute 1 très chargée qui permet de se déplacer depuis l’est de la ville.

En utilisant la voie payante, les conducteurs peuvent choisir de payer des frais supplémentaires pour éviter une partie des embouteillages quotidiens qui bloquent cette artère principale. Le projet comprend un emplacement de parking gratuit pour 2 000 voitures et un service gratuit de navettes de bus.

Pourtant, le projet n’a pas réussi à réduire le flot quotidien de voitures ni à désengorger les rues du centre de Tel Aviv des embouteillages.

Le gouvernement israélien investit beaucoup dans les réseaux ferrés et dans la construction d’un système de tramway pour Tel Aviv. Mais ces investissements doivent encore faire leur preuve pour diminuer le volume de véhicules sur les routes et des critiques affirment que le transport public en Israël reste largement très inadapté.

Une conférence rassemblant des experts pour essayer de résoudre le problème des embouteillages est prévue pour juin 2019 à Tel Aviv. L’événement « anti-embouteillage » va permettre au secteur israélien des transports de réfléchir à différentes solutions comme l’augmentation de taxes ou le développement des transports publics.

Souhail Ftouh

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