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Un cortège d’environ 1,000 personnes a défilé à Tel Aviv, depuis la Place de Habima vers la Place Rabin, pour manifester à l’occasion de cette journée pour les Droits de l’Homme.

Les manifestants ont porté des pancartes sur la Place Rabin, avec des appels : “Les réservistes de Tsahal ont aussi des Droits de l’Homme” et “Les résidents Sderot ont aussi des Droits de l’Homme.”

Israel s’associe aux autres pays du monde pour célébrer, aujourd’hui, les Soixante trois ans après la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH).

Considérée comme fondement du droit international relatif aux droits de l’Homme, la Déclaration universelle et ses principes de base a été adopté le 10 décembre 1948, lorsque les 58 États Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris.

Incontestablement, la réussite de l’expérience israélienne dans ce domaine particulier trouve sa substance dans l’héritage réformiste du peuple juif, les valeurs de modernité qui l’ont nourri et la particularité de la démarche sioniste.

Les Droits de l’Homme est un aspect incontournable de la culture juive et l’héritage juif. Le judaïsme est fondé sur l’idée de la dignité de l’Homme. Les différentes spécialistes du judaïsme nous rappellent ce qui fonde La Torah c’est le respect de la personne et la dignité humaines. L’idée des Droits de l’Homme tire sa base dans le judaïsme notamment dans les 10 commandements (on ne doit pas l’oublier) . La Torah ordonne meme de respecter l’ennemi à telle point qu’il est écrit que nous ne devons manger qu’après lui. Les juifs ont été aussi les premiers à se prononcer contre la peine de mort et à lutter contre l’esclavage.

Marc Agi, dans son livre « Judaïsme et droits de l’Homme » (Préface de René-Samuel Sirat), nous éclaire sur la teneur et la signification des rapports entre Judaïsme et droits de l’Homme et nous apprend comment ces derniers sont étroitement liés quant à leurs fondements et principes. Les droits de l’Homme ayant en effet hérité de nombre de principes aux sources du Judaïsme (1). Cet ouvrage nous rappelle ce qui fonde la personne et la dignité humaines, ainsi que l’histoire des droits de l’Homme et celle du Judaïsme et nous rendent pour finir à notre propre universalité… quelle que soit notre religion.

Les juifs ont beaucoup souffert dans l’histoire ; c’est pour cela aussi que les Droits de l’Homme restent un aspect incontournable de l’esprit sioniste né à la fin du 19ème siècle. Le sionisme a donné un second souffle au peuple juif survivants des camps de concentration et aussi à ceux qui étaient déjà là-bas! Le sionisme, qui se définit comme un «mouvement de libération national», apparaît au moment de l’affaire Dreyfus et du pogrom de Kichinev. Jusqu’en 1945, il etait minoritaire parmi les Juifs européens.

Le sionisme pour tous ceux qui y ont adhéré, spontanément où sous la pression des événements, a été un formidable espoir pour les hommes et les femmes opprimés. D’inspiration socialiste et humaniste, il a aussi été l’incarnation d’un idéal ” prophétique ” : justice sociale, tolérance et fraternité humaine. De fait, malgré l’état de guerre permanent, l’état d’Israël est la seule démocratie du Proche-Orient.

Ceci dit, ceux qui ne supportent pas aujourd’hui de prononcer le mot de « sionisme » savent t-ils l’engagement de l’internationale sionisme pour la lutte pour les droits civiques et la consolidation de la culture des Droits de l’Homme ?

L’illustre militant pour les droits civiques, le révérend Martin Luther King Jr, avait publié un texte intitulé « Lettre à un ami antisioniste » daté d’août 1967 qui révèle un aspect, inconnu à savoir l’idée de justice sociale et des Droits de l’Homme fait partie, dès le début, du mouvement sioniste.

Le plus intéressant dans tout cela est que le grand leader pacifiste afro-américain Martin Luther King avait une reconnaissance pour tous les juifs sionistes qui ont lutté contre la ségrégation touchant les populations noires américaines (des américains juifs comme Andrew Goodman et Michael Schwerner sont morts aux côtés d’un homme noir).

Ce noble héritage sioniste a fait naître un pays qui est d’une liberté de parole et de mouvement exemplaire, dans un contexte où c’était très difficile, au vu des menaces constantes, des agressions, des risques terroristes qui parfois se concrétisent.

Les détracteurs de l’existence d’Israël, qui veulent forger de toute pièce l’image d’un sionisme assimilé au colonialisme, doivent savoir que lorsqu’ils dénoncent Israël et le sionisme, ils dénoncent en réalité les Droits de l’Homme et les droits civiques (2).

Il est précisé aussi que la Déclaration universelle des droits de l’Homme etait une réponse aux atrocités commises par l’Allemagne nazie après la Seconde Guerre mondiale. Le consensus au sein de la communauté internationale était que la Charte des Nations unies ne définissait pas suffisamment les droits auxquels elle faisait référence. Une déclaration précisant les droits des individus était nécessaire afin de renforcer les dispositions de la Charte sur les droits de l’Homme.

Le 9 décembre 1948, en souvenir de l’Holocauste et en grande partie grâce aux efforts infatigables du Professeur et juriste juif polonais, Raphaël Lemkin (1900-1959), les Nations Unies ont approuvé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Cette convention fait du génocide un crime international que les nations signataires « s’engagent à prévenir et à punir » (3).

Israël n’a pas complexe, maintenant de se vanter qu’il a un meilleur dossier des Droits de l’Homme que n’importe lequel de ses voisins. À aucun moment dans l’histoire, il n’y a eu un État démocratique et de Droit au Moyen-Orient.

L’engagement d’Israel à l’égard de Droits de l’Homme s’est d’abord manifesté par l’adoption de la Déclaration du 14 mai 1948 prononcé par David Ben Gourion. En l’absence de constitution, cette déclaration est actuellement au sommet de la hiérarchie des normes israélienne. Elle présente l’Etat d’Israël comme un État juif démocratique fondé sur la liberté, la justice et la paix conformément au message des prophètes d’Israël. Elle garantie les libertés individuelles, la liberté de cultes et appelle à des relations de bon voisinage avec les États arabes voisins pour le plus grand profit de l’ensemble de la région.

Israel continue de défendre les principes de liberté et de dignité de tous ses citoyens. Environ 1,2 million Arabes, chrétiens, musulmans, druzes, bédouins sont citoyens de plein droit, votent et sont représentés à la Knesset. Un des membres de la Cour suprême d’Israël est un musulman. Nombre d’officiers de l’armée et de la police sont des Arabes. La diplomatie israélienne compte un grand nombre de consuls arabes.

Dans cet engagement, aussi, à aller de l’avant sur la voie des Droits de l’Homme, le 1 mai 2011, le président Shimon Pères a déclaré lors d’une cérémonie qu’Israël est déterminé à être le pays le plus antiraciste du monde.

« Nous, membres du peuple juif, avons été victimes du racisme, de persécutions et de discriminations, mais nous n’avons jamais abandonné l’obligation de respecter chaque personne, nous n’avons pas été aveuglés par l’obscurité », a-t-il dit. « Même dans un monde sombre, nous avons aspiré et nous aspirons toujours à être une lumière pour les nations. »

Le chef de l’Etat a expliqué, de la sorte, l’action militante d’Israel conférant aux Droits de l’Homme leur effectivité et garanties suffisantes pour leurs pleines expressions et épanouissement.

Cette démarche authentique d’Israel a fait que tous les citoyens et résidents ont la liberté de s’adresser à la Cour suprême d’Israël sur tout soupçon d’une violation des droits fondamentaux par tout organisme gouvernemental ou officiel.

La conduite exemplaire d’Israël a valu à ce pays une reconnaissance internationale. Freedom House est une ONG qui publie un rapport annuel sur la démocratie et les libertés civiles dans chacun des 195 pays dans le monde. Elle situe le pays comme «libre», «partiellement libre», ou «non libre». Au Moyen-Orient, Israël est le seul pays qui a décroché la mention de «libre». Pas étonnant compte tenu du niveau de la liberté accordée aux citoyens.

La célébration, cette année des Soixante trois ans de la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, intervient cette année où plusieurs pays arabes subissent des mutations profondes qui sont venues réaffirmer que les générations successives réprimées et censurés ne peuvent plus supporter leurs gouvernements.

Ftouh Souhail

(1) Collection: Des Idées et des Hommes /Editeur: La Librairie des Libertés

(2) L’amalgame qui veut joindre le sionisme au colonialisme relève de la même logique insidieuse qui veut associer le sionisme et le racisme .Notons que le sionisme fut considéré entre 1975 et 1991 comme une forme de racisme par les Nations Unie.

(3) En 1944, Raphaël Lemkin a cherché à décrire les politiques nazies d’extermination systématique, destruction de la communauté juive incluse. Il a créé le mot « génocide » en associant geno-, la racine grecque désignant une race ou une tribu, et -cide, la racine latine synonyme de destruction.

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