Les Israéliens contribuent à la relance du tourisme au Sinaï.Le tourisme repart grâce à un afflux massif des israéliens.Le nombre de touristes israéliens dans la péninsule égyptienne a bondi de 60% jusqu’à présent cette année.

Plus de 23 000 Israéliens ont traversé la frontière sud vers la péninsule du Sinaï à l’occasion de la fête de Pessah, ont annoncé les médias israéliens.

De nombreux Israéliens ont décidé de profiter de cette zone proche et attractive, sans tenir compte des mises en garde du gouvernement sur les risques d’attaques terroristes dans le Sinaï.

Le marché israélien demeure important pour le tourisme au Sinaï et il contribue à sa relance. Destination populaire grâce à ces plages désertiques, son atmosphère détendue et des prix attractifs.

Les Israéliens passent leurs séjours agréablement et dans des bonnes conditions. Les bungalows en paille au camp de la Grande Dune sont populaires chez les touristes juifs israéliens. Des nombreux Arabes israéliens et Européens préfèrent les hôtels construits à Dahab, Taba et Sharm El Sheikh.

L’Egypte demeure la destination la plus attractive et phare pour les Israéliens. En 2018, près de deux millions de touristes israéliens ont séjourné au Sinaï.

Le nombre de touristes israéliens au Sinaï, ne cesse de s’accroitre pour atteindre d’ici fin 2019 2,2 millions. La hausse du nombre de touristes israélien dans ce pays serait due à la campagne de promotion menée par les Egyptiens, selon les explications officielles. Mais les mesures prises par renforcer la sécurité et pour réduire le temps d’attente aux postes frontaliers ont profité au tourisme au Sinaï.

Des rencontres seront programmées, en automne, avec les responsables du tourisme égyptien pour faire le bilan de la saison d’été et préparer dès à présent la saison 2020.

En 2018,il y a de bons indicateurs, les revenus ont progressé de 11%, à 622 millions d’euros rapportent plusieurs médias, en précisant que 3,58 millions de touristes étrangers ont visité le Sinaï durant la période du 1er janvier au 30 août.

 

Le marché israélien est des plus importants en ce qui concerne le nombre de nuitées passées dans les hôtels au Sinaï.

Le tourisme, qui représente 8% du produit intérieur brut (PIB) égyptien, a été durement touché par les attentats contre des sites touristiques ont fait fuir les touristes.

La zone a été la cible de plusieurs attaques terroristes majeures qui ont tué plus de 100 étrangers, y compris des Israéliens, au cours des dernières décennies.

En juillet 2005, 88 personnes, dont un Israélien, ont été tuées dans une série d’attaques à la bombe dans la ville balnéaire de Sharm El Sheikh dans le sud du Sinaï.

Le 7 octobre 2004, 12 Israéliens comptaient parmi les 34 victimes d’une série d’attaques à la bombe contre des touristes dans le Sinaï.

Le Bureau du contre-terrorisme du Conseil de sécurité national d’Israël a déclaré qu’il existait une « sérieuse menace d’attaques terroristes contre des touristes dans le Sinaï, y compris des Israéliens ».

Le Bureau a réitéré son appel à tous les Israéliens présents sur place de « quitter immédiatement la zone et de revenir en Israël » et a déclaré « recommander formellement à tous ceux qui souhaitent y aller d’éviter de le faire ».Mais, beaucoup d’Israéliens n’ont pas été dissuadés par ces mises en garde.

« C’est plein à craquer ici. Je suis sûr qu’il y a plus de gens ici que pendant l’Exode d’Egypte », a déclaré une voyageuse à la Douzième chaîne depuis le point de passage de Taba, en référence à l’histoire de Pessah.

Elle a expliqué qu’elle avait dû attendre à la frontière pendant plus de trois heures pour trouver un taxi car les chauffeurs locaux étaient débordés par la demande.

Interrogée pour savoir pourquoi elle voulait aller dans le Sinaï, la femme a répondu : « Premièrement, nous n’avons pas d’argent, et c’est vraiment pas cher. Deuxièmement, c’est proche. Troisièmement tout le monde y va, alors pourquoi n’irions-nous pas ? Et quatrièmement, il n’y a aucune raison valable de ne pas y aller. »

Quant aux mises en garde de risques terroristes, elle a répondu : « Des mises en garde ? Il y a maintenant ici plus d’Israéliens que d’Egyptiens; »


Le terminal de Taba, côté israélien

A la frontière, la mise en garde de voyage résonne en bruit de fond via des haut-parleurs. Cette mise en garde est seulement une recommandation et n’implique pas de contrainte juridique. Le message précise d’ailleurs que la décision est « à la discrétion de chaque personne et de leur seule responsabilité ».

Il y a deux ans, dans une décision très inhabituelle, Israël avait fermé sa frontière avec l’Egypte pendant 11 jours durant les vacances de Pessah, à cause de craintes d’attaques terroristes, principalement de la part de groupes affiliés à l’Etat islamique qui contrôlent une partie du territoire du Sinaï et qui luttent contre l’armée égyptienne depuis plusieurs années.

Il s’agissait de l’une des rares fois où le point de passage de Taba était fermé depuis son ouverture en 1982 après l’accord de paix israélo-égyptien. Le point de passage a également été fermé en 2014 après une attaque terroriste du côté égyptien, et en 2011 quand Israël a estimé qu’il y avait un risque très élevé d’attaques.

Quatre policiers et trois civils ont été tués, le 9 avril 2019, dans un attentat à la bombe perpétré par un jeune kamikaze dans le Nord-Sinaï, région du nord-est de l’Egypte où est implanté le groupe Etat islamique (EI).

«Un kamikaze d’environ 15 ans s’est fait exploser près des forces de sécurité, provoquant la mort de deux officiers, de deux policiers et de trois citoyens dont un enfant de six ans», a déclaré le ministère dans un communiqué.

Souhail Ftouh