En plus des Philippins, Israël augmente de 33% les travailleurs jordaniens dans le tourisme

Israël a accepté jeudi d’augmenter de 33% le nombre de travailleurs journaliers jordaniens pouvant être employés dans les hôtels d’Eilat, passant de 1 500 à 2 000 travailleurs dans le secteur touristique.  1000 Philippins vont aussi venir travailler en Israël, en hôtellerie, qui est confrontée à une importante pénurie de personnel.

Pour les jordaniens, c’est la première augmentation de ce type depuis 2014, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Les permis accordés aux Jordaniens sont conçus pour leur permettre de travailler dans l’industrie hôtelière de la ville d’Eilat, au sud du pays, proche de la frontière jordanienne.

Ils entrent et sortent d’Israël tous les jours et rentrent chez eux la nuit en Jordanie.

L’accord sur les travailleurs supplémentaires a été signé jeudi  8 mars 2019 entre le Royaume de Jordanie, le ministère des Affaires étrangères et l’Autorité israélienne pour la population et l’immigration.

Selon le ministère des Affaires étrangères, cela fait partie du projet jordanien sur les travailleurs de l’hôtellerie qui a permis de renforcer les liens entre les deux pays grâce à des initiatives de coopération économique et sociale.

En Israël le secteur de l’hotellerie est confronté à une pénurie de personnel.

Le ministre israélien du Tourisme, Yariv Levin, et le secrétaire du Département du Travail et de l’Emploi philippin, Silvestre Bello, ont signé un accord bilatéral qui permettra à 1.000 Philippins de venir travailler en Israël, dans le secteur dans l’hotellerie, qui est confronté à une importante pénurie de personnel.

Les futurs salariés philippins rejoindront leurs 28.000 concitoyens qui résident actuellement en Israël, et qui sont employés principalement dans le domaine de l’assistance aux personnes âgées.

Les travailleurs qui arriveront en Israël à la suite de cet accord seront anglophones et devront avoir suivi un programme de formation professionnelle parrainé par le gouvernement philippin. Ils seront employés directement par les hôtels israéliens et non par des sous-traitants.

Israël a conclu un accord similaire avec la Jordanie, permettant à des centaines de Jordaniens de venir travailler dans les hôtels de la région d’Eilat.

En attribuant les postes vacants à des travailleurs étrangers, le ministère du Tourisme espère réduire les coûts liés aux vacances et faire du tourisme un véritable moteur de la croissance économique.

« Le tourisme entrant en Israël continue d’augmenter et de battre des records, les hôtels sont donc pleins, et grâce aux concessions et aux subventions accordées par le ministère du Tourisme, nous avons également assisté à un élan sans précédent dans la construction de chambres d’hôtel après des années de stagnation », a déclaré M. Levin.

« Le principal obstacle auquel le ministère a dû faire face est la pénurie de main-d’œuvre. C’est pourquoi le gouvernement a signé aujourd’hui un accord augmentant le quota de travailleurs étrangers dans l’industrie hôtelière, afin d’apporter une solution à cette pénurie », a-t-il ajouté.?

Selon le ministère du Tourisme, le secteur a rencontré de réelles difficultés pour recruter des travailleurs israéliens, quel que soit leur salaire, pour des travaux de nettoyage dans des hôtels.

En Israël le secteur du tourisme manque de jambes et de bras.Cette pénurie de main-d’oeuvre menace l’industrie. Les recherches indiquent que le bassin de travailleurs disponibles ne sera pas en mesure de suivre la cadence de la croissance continue de la demande de main-d’oeuvre.Et pour suivre la cadence, une hausse de 20 % du nombre d’emplois sera requise. Ainsi, en raison du manque de travailleurs, pas moins de 13 000 postes dans le secteur du tourisme pourraient demeurer vacants d’ici 2035 dont 6 000 à Eilat et 5000 à Tel-aviv.

Des préposés au comptoir et des aides de cuisine, les restaurateurs israéliens vont en nécessiter près de 5 000.Des cuisiniers, près de 3 000. Des superviseurs de services alimentaires, un peu moins de 2 000.

Il existe actuellement 1.550 postes de nettoyage vacants en Israël. Pour les emplois nécessitant une formation, y compris les cuisiniers et les serveurs, il existe environ 1 600 postes prêts à être pourvus.

Pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre, les sociétés israéliennes se tournent vers les étrangers. Les hôtels de la région de la mer Morte seront prioritaires pour accueillir des travailleurs supplémentaires, suivis des régions de Tel-Aviv et du Centre, et enfin de Jérusalem et du nord d’Israël.

A cause des difficultés économiques et du taux de chômage élevé en Jordanie, la recherche d’un emploi convenable continue à susciter d’immenses inquiétudes chez les diplômés qui sortent de l’université en Jordanie.

La principale raison de cette situation réside dans le taux de chômage, très élevé. Il atteignait les alentours de 23 % à la fin de l’année 2017, selon le Département de Statistique Jordanien (DOS). Les résultats de l’enquête du DOS montrent que le taux de chômage est « élevé parmi les détenteurs d’un diplôme universitaire (licence et au-delà), de 16.5% par rapport aux autres niveaux d’instruction ».

L’une des raisons principales de ce niveau élevé de chômage tient à la discordance entre les besoins du secteur privé et les compétences des 50 000 diplômés qui sortent chaque année de l’université. Plus grave, la situation nourrit un sentiment généralisé d’injustice : c’est pourquoi on trouve aujourd’hui beaucoup qui veulent travailler en Israël.

 

La Jordanie est située à la frontière est d’Israël, et les passages frontaliers entre les deux pays ont été ouverts depuis le traité de paix entre Israël et la Jordanie de 1994, avec trois points de passage ouverts actuellement:

*Le terminal frontalier Yitzhak Rabin : anciennement terminal de l’Arava, a été le premier passage frontalier ouvert entre la Jordanie et Israël. Situé à 3 km au nord d’Eilat, il dessert les voyageurs qui font un séjour rapide dans les deux pays. Il est utilisé par les touristes, les Israéliens et pour le fret. Il n’y a pas de transports publics, mais on peut aller à Eilat en taxi ou dans un véhicule privé.

*Le terminal frontalier Allenby: il est le point de passage le plus au sud sur le Jourdain. Il est situé dans la vallée du Jourdain, à l’est de Jéricho (Yérikho), à 1 heure de distance de Jérusalem et d’Amman en voiture et c’est l’itinéraire le plus court entre Amman et les villes du centre d’Israël. Le terminal dessert aussi l’Autorité palestinienne, les Palestiniens et les touristes étrangers sont autorisés à l’utiliser. C’est également un point de passage pour le fret qui transite entre Israël, l’Autorité palestinienne et la Jordanie.

*Le terminal frontalier du Jourdain: situé près de la ville de Beit She’an et des kibboutzim de la vallée de Beit She’an, le terminal frontalier du Jourdain est le passage le plus au nord sur le Jourdain. Il est relativement proche d’Amman, de Haïfa et du nord du pays et il est utilisé par les Israéliens et par les touristes étrangers.

Souhail Ftouh

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