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Les manifestations se sont propagées partout au  sud de la Tunisie, une région en proie à un chômage explosif.

 

Les manifestations dans la préfecture de Tataouine, qui couvre 25 % du territoire du pays, ne faiblissent pas depuis un mois. Ce n’est pas le premier soulèvement contre le pouvoir central à Tunis. Ce territoire qui regorge de ressources souterraines encore inexploitées est ravagé par la précarité, l’indigence et la misère de ses infrastructures.

 

Le soulèvement des chômeurs : une crise qui couvre progressivement et dangereusement le sud du pays

 

Les manifestations ont éclaté dans un contexte de 45 % de chômage, une inflation de 40 à 45 % durant les 18 derniers mois. Dans plusieurs endroits, les jeunes chômeurs constituaient la majeure partie des manifestants dont une bonne partie est diplômée par les universités tunisiennes.

 

Dans ce territoire qui charrie plus de liquides dans ses oléoducs (pétrole et gaz) que dans ses aqueducs (canalisation d’eau potable) encore aujourd’hui, l’eau courante n’est pas accessible à tout le monde, pas en tout temps (coupure, panne, salinité forte, etc.) et pas en qualité requise. L’eau est coupée, des journées entières durant la saison estivale caniculaire. Le «stress hydrique» impacte sur tous les aspects de la vie et fait de ce territoire une zone où la mortalité infantile et maternelle est trois fois plus élevée comparativement au reste du pays. Les services de santé sont rudimentaires; pas moyen de trouver des médecins à moins de 300 kilomètres.

 

Malgré les tentatives de négociations, et les visites répétées des membres du gouvernement, la grogne ne faiblit pas; bien au contraire, elle se renforce et se propage comme une trainée de poudre qui menace d’embrasser tout le Sud et les régions intérieures. Durant les derniers jours, les champs d’exploitations du pétrole et de gaz ont été mis sous blocus, après le blocage des routes d’accès, à partir de Kamour, de Tataouine et de Déhibat. Plus un camion, et plus un seul véhicule commercial n’est autorisé à passer vers les stations de pompage, au-delà des barrages érigés par les groupes de manifestants.

 

Les gens  du sud savent que l’argent souillé des pétrolières de la région arrose généreusement le pouvoir corrompu à Tunis.

 

Israël conseille aux Israéliens de s’abstenir de se rendre dans le pays

 

La propagation des manifestations  risque d’affecter  le pèlerinage festif traditionnel de la synagogue El Ghriba de Djerba à lieu autour de la fête de Lag BaOmer, une fête juive qui a lieu entre Pessah et Shavouot. La fête commence cette année le 14 mai 2017  et se poursuit le lendemain.

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L’État hébreu, dont la population a connu sept guerres et deux Intifada depuis son indépendance, est bel et bien devenu un cas d’école, dans sa façon de gérer une situation d’insécurité permanente.

 

Signe qui ne trompe pas : A Jérusalem le Bureau du contre-terrorisme d’Israël a mis en garde les Israéliens voyageant en Tunisie car des terroristes djihadistes pourraient tenter d’attaquer des visiteurs.

 

Dans un communiqué, le Bureau a indiqué que, suite à une évaluation de la situation, « il a été décidé de renouveler encore l’avertissement de voyage stricte pour la Tunisie. »

« Le risque d’attaques, également contre des Juifs, existe » selon Jérusalem.

 

Déjà le nombre de pèlerins a considérablement diminué depuis un attentat suicide revendiqué par Al-Qaïda qui avait fait 21 morts en 2002.

 

De plus  Jérusalem craint des représailles suite  à l’élimination l’an dernier à Sfax de Mohamed Zouari, membre  de l’aile militaire du Hamas.

 

Le Mossad avait proposé au gouvernement l’élimination de cet ingénieur qui devenait de plus en plus dangereux en armant le Hamas de drones et de bombes navales téléguidées. Quelques-uns de ces objets volants sans pilote avaient d’ailleurs été interceptés par l’armée israélienne avant qu’ils ne causent de dégâts.

 

 

 

Souhail Ftouh

 

 

 

 

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