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G.Margvelachvil

Le nouveau président géorgien Gueorgui Margvelachvili ( en photo) s’est déclaré prêt à poursuivre de bonnes relations avec Israël. Ce professeur de philosophie qui a enseigné dans une université privée de Tbilissi, la capitale géorgienne, était inconnu du grand public il y a encore un an. Il prend la succession de Mikheïl Saakachvili.

M. Margvelachvili, candidat de la coalition “Rêve géorgien”, a remporté l’élection présidentielle du 27 octobre dernier avec plus de 62% des suffrages exprimés.

Le mandat du président sortant Mikhaïl Saakachvili a expiré le 17 novembre 2013, le jour d’investiture du nouveau président géorgien. Ce scrutin marque la fin de l’époque de Mikheil Saakachvili, arrivé au pouvoir en 2003 à l’issue de la révolution de la Rose.

En vertu de la législation du pays, le chef de l’État géorgien sortant Mikhaïl Saakachvili, qui dirige le pays depuis 2004, ne peut pas briguer un troisième mandat consécutif.

M.Saakachvili qui a établi un bon contact avec les Israéliens a réussi en dix ans à endiguer la corruption, à mettre en place des infrastructures et à relancer l’économie de ce pays qui avait connu après la chute de l’URSS en 1991 une guerre civile et la misère.

Les réformes lancées par Mikheil Saakachvili, un avocat formé aux États-Unis et en France, ont contribué à la modernisation de cette ex-république soviétique du Caucase de 4,5 millions d’habitants.

Durant l’ère Saakachvili les relations en Israël et la Géorgie se sont consolidées. En 2010, Jérusalem et Tbilissi ont signé des accords bilatéraux relatifs au tourisme et au trafic aérien. La même année, la ministre géorgienne de l’économie et du développement, Vera Kobalia, s’est rendue en Israël. En 2012, M.Saakachvili a désigné Archil Kekelia comme nouvel ambassadeur de Géorgie en Israël (1). En 2013 un accord de coopération culturelle a été signé entre Israël et la Géorgie (2).

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La coopération militaire avec la Géorgie a consisté surtout à fournir aux forces armées géorgiennes des véhicules blindés et des armes légères. Jérusalem a vendu par ailleurs aux Géorgiens des drones, des mines antichars et des armes sophistiquées. Les forces spéciales israéliennes et des entrepreneurs privés ont également entraîné et formé les troupes géorgiennes profitant notamment du fait que l’ex-ministre de la Défense géorgien ( Davit Kezerashvili) est un israélien.

Israël qui arme et instruit militairement la Géorgie s’est montré solidaire lors de l’agression russe en 2008. Le ministère des Affaires étrangères israélien avait souligné à l’époque que l’État hébreu reconnaissait l’intégrité territoriale géorgienne et avait appelé à une solution pacifique. Israël avait apporté une aide humanitaire efficace aux Géorgiens les plus traumatisés.

Durant la guerre de cinq jours, d’août 2008, pour le contrôle du territoire séparatiste pro-russe de l’Ossétie du Sud, le président sortant M. Saakachvili était le chef des forces armées. Son ministre de la Résolution des conflits d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud avait déclaré, lors de la crise avec la Russie, que « les Israéliens pouvaient être fiers pour l’entraînement et l’éducation donnés aux soldats géorgiens. »

Les généraux russes avaient été même impressionnés, durant la guerre d’août 2008 avec la Géorgie, par la qualité des drones que les autorités de Tbilissi avaient acquis auprès d’Israël. Quelques 40 drones Hermes 450 d’Elbit avaient été vendus à la Géorgie.

Pour sa part la Géorgie s’est montrée solidaire et très coopérative, en février 2012, lors de l’attaque qui aurait été planifiée par le Hezbollah et l’Iran et qui a visé le personnel diplomatique israélien à Tbiliss.

Si le nouveau président géorgien Gueorgui Margvelachvili veut continuer à promouvoir les relations économiques avec l’État hébreu c’est parce que les Israéliens sont les principaux investisseurs dans l’économie de la Géorgie. Environ 120 000 Juifs géorgiens vivent en Israël et 13 000 autres en Géorgie.

De plus le nouveau président est très appuyé par le milliardaire géorgien Bidzina Ivanichvili qui est, entre autres, un lobbyiste pro-israélien important à Tbilisi. Ce dernier a visité Israël en juin 2013 en tant que Premier ministre. Lors de sa rencontre avec Benjamin Netanyahu, il a sollicité un accord de libre échange avec Jérusalem et l’abolition des visas entre les deux pays (2).

Le directeur de l’Institut géorgien de gestion stratégique, Petre Mamradze, estime que le nouveau chef de l’État de cette république du Caucase aura surtout un pouvoir de représentation de son pays à l’étranger. Son pouvoir devient moins important que celui de Premier ministre suite à la dernière réforme constitutionnelle. Car la Géorgie s’est dotée d’un régime « proche de celui de la IIIe République en France » affirme cet expert de Tbilissi.

Souhail Ftouh

(1) Nir Hasson, Georgia’s new ambassador to Israel bears a heavy cross , Haaretz, 4 avril 2012
(2) http://dfwatch.net/israel-and-georgia-considering-visa-free-travel-66764

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