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Selon le rapport 2017 sur le bonheur mondial, commandé par l’ONU à la prestigieuse université américaine « Columbia University »,  les Tunisiens se trouvent parmi les plus malheureux selon le « World Happiness ».

Ce n’est pas une situation habituelle pour un pays méditerranéen. Les Palestiniens font mieux. Les résultats sont toutefois à prendre avec beaucoup de nuances.

L’objectif de ce cinquième rapport annuel est de fournir un outil supplémentaire aux gouvernements, aux milieux d’affaires et à la société civile pour améliorer le bien-être de leurs pays.

Le classement est établi en fonction de six facteurs : produit intérieur brut par habitant, espérance de vie en bonne santé, liberté, générosité, aide sociale et perception de la corruption dans le gouvernement ou les affaires.

 

Vous parlez de “blocus de Gaza” ?

Selon un rapport du mois d’avril 2017 de la Banque Mondiale,  l’éducation et la santé à Gaza sont d’un niveau comparable à celui des pays de la région et du monde entier. En outre, les palestiniens bénéficient d’une baisse récente du chômage.

Le commandant de la coordination des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) du ministère de la Défense, le général Yoav Mordechai prévoit  une augmentation du nombre de permis de travail supplémentaires pour des travailleurs palestiniens de Gaza. Plusieurs haut fonctionnaires et haut gradés, dont le ministre de la Défense Moshe Yaalon et le chef d’Etat major de l’armée israélienne Gadi Eizenkot, ont recommandé d’augmenter le nombre de Palestiniens autorisés à travailler en Israël.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett, dirigeant du parti de droite HaBayit HaYehudi, a aussi exprimé son soutien pour accorder plus de permis de travail pour les Palestiniens, suggérant que le nombre de travailleurs légaux  autorisé en Israël devrait être augmenté de 100 000, selon le quotidien économique The Marker.

Les autorités israéliennes viennent d’accorder à un groupe d’hommes d’affaires de Gaza des permis “BMG” . Les permis “BMG” permettent aux businessmans une facilité de mouvement. Le détenteur de ce permis peut entrer et sortir d’Israël par toutes les frontières, en tant que “voyageur VIP.

Israël a autorisé aussi 157 étudiants palestiniens inscrits dans des écoles à l’étranger, de sortir de la bande de Gaza via le passage d’Erez. Le gouvernement israélien va permettre à ces étudiants palestiniens vivant à Gaza d’aller étudier, en 2018, dans des écoles à l’étranger.

Israël va ouvrir de nouvelles bandes de fréquences pour améliorer le service cellulaire à Gaza, un territoire sous contrôle de L’Autorité palestinienne depuis seulement quelques semaines.

Pour la première fois depuis les années 1990, Israël prévoit d’allouer des nouvelles fréquences cellulaires uniquement dédiées à l’Autorité palestinienne. Le plan actuel prévoit même que ces bandes passantes passent en 4G rapidement.C’est un nouveau cadeau que fait l’Etat juif aux palestiniens de Gaza suite au gouvernement palestinien unifié.

L’Autorité palestinienne a deux opérateurs de téléphonie mobile Jawwal du groupe Paltel et Wataniya. Les deux fournisseurs de services mobiles ont longtemps souffert d’une pénurie de bandes en fonctionnement; la répartition par Israël devrait améliorer considérablement le service cellulaire à Gaza.

 

Le high-tech israélienne est à la recherche de matière grise à Gaza.

Innitel, une entreprise israélienne en pleine croissance spécialisée dans les logiciels destinés aux centres d’appels. L’entreprise qui envisageait l’Europe de l’Est ou l’Inde n’aurait pas songé à chercher à quelques dizaines de kilomètres, du côté de l’enclave palestinienne de la bande de Gaza. Aujourd’hui, Innitel  versent des salaires à Gaza à la hauteur d’environ 10 000 dollars (8 400 euros) par mois.Elle fait travailler dix salariés à Gaza, rémunérés à travers une filiale palestinienne, et prévoit de doubler ce chiffre.

Les collaborations vont se renforcer entre les entreprises de high-tech en Israël et ce territoire nouvellement dirigé par l’Autorité palestinienne. Le Hamas qui interdisait tout contact avec Israël et les Palestiniens n’est plus au pouvoir depuis le dernier accord de réconciliation avec le mouvement laïque de Fatth.

Le sous-traitant gazaoui d’Innitel, dont l’AFP n’a pas révéler l’identité pour des raisons de sécurité, a conclu des contrats avec plusieurs entreprises israéliennes, dont Mellanox, qui développe des services connectant banques de données, serveurs et ordinateurs.

Le patron de l’entreprise gazaouie pense que, malgré les gains potentiels, sa société est la seule à travailler avec des partenaires israéliens.

« Ce n’est pas une décision facile, mais nous sommes résolus à proposer nos services au marché israélien », dit-il.

Les relations sont purement professionnelles et la politique est totalement tenue à l’écart, dit-il.

Des sociétés palestiniennes de Cisjordanie travaillent maintenant relativement facilement avec les Israéliens, fait-il aussi valoir. « Au début, elles ont eu des problèmes, mais maintenant elles emploient des dizaines de personnes. »

Les deux parties ont en théorie tout à y gagner. A Gaza, près de trois jeunes sur cinq sont au chômage et les diplômés ont très peu de perspectives professionnelles. Et un ingénieur gazaoui coûte cinq fois moins qu’un Israélien, en raison des différences de salaire, de charges sociales et de taxes, explique Eyal Waldman, le président de Mellanox.

« Il y a du talent [à Gaza], mais ils n’ont nulle part où l’exercer. C’est pourquoi nous nous sommes dit : mettons ce talent à profit et faisons les travailler pour nous », explique-t-il.

Pessimisme en Tunisie, immigration massive et l’attitude vis-à-vis d’Israël

Une conjoncture socio-économique peu réjouissante, une instabilité politique récurrente et montée de terrorisme ont laminé la belle euphorie qui s’était emparée des Tunisiens à la chute de l’ancien régime, en 2011.  À entendre les uns et les autres, dans le pays, rien ne va.

Le pays reste pris dans la tourmente de la crise économique. Des aggravations des conditions économiques affectent l’ensemble de la population, indépendamment de leur statut socio-économique. 63% des tunisiens interrogés estiment que l’année 2018 sera plus difficile que l’année 2017. C’est ce que révèle le baromètre d’Emrhod Consulting.

Selon un  autre sondage local de Sigma Conseil, pour le mois de novembre 2017, le niveau de pessimisme chez les Tunisiens a atteint dernièrement le record. Ce taux a atteint les 78,9%, ce qui représente le pourcentage le plus important enregistré depuis janvier 2015.

20 mille Tunisiens ont rejoint, en l’espace de 6 ans, les côtes italiennes clandestinement, a indiqué l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques.

Dans une étude réalisée sur le phénomène de l’immigration clandestine, l’institut a considéré ce phénomène comme un « choc » et un « menace », pour la Tunisie comme les pays de l’Union Européenne.

Ceux qui s’interrogent sur les raisons pourquoi Gaza est plus heureuse que la Tunisie trouveront des réponses intéressantes dans le pragmatique des Palestiniens. Est-il possible de travailler avec des Israéliens: la réponse est oui pour les Palestiniens alors que 80 à 90 % des Tunisiens disent non.

Cette défiance explique non seulement l’antisémitisme social du pays dit du jasmin, mais elle affirme aussi que c’est la raison pour laquelle la Tunisie continue de frapper à toutes les portes pour surmonter sa crise économique dramatique. Le pays refuse de renoncer à ses rancœurs pour être pragmatique comme l’ont été la Jordanie, l’Égypte, l’Autorité Palestiniens et maintenant  l’Arabie qui ont décidé de nouer des relations avec Israel.

La question totalement ouverte reste l’attitude des autorités vis-à-vis d’Israël. On se souvient en Tunisie on voulait inscrire dans la Constitution l’interdiction de relations diplomatiques avec Israël. Et pourtant en période de crise aiguë, comme celle que connaît la Tunisie, tous les concours doivent mis en place au bénéfice de la population en s’éloignant de la politique politicienne. Les diplômés tunisiens, qui sortent en surnombre des universités créées par Habib Bourguiba peuvent, en remisant les haines dans les poubelles de l’Histoire,  collaborer avec l’industrie israélienne pour créer, d’égal à égal, en Tunisie une mini «silicon Valley» à l’odeur de jasmin.

Souhail Ftouh

 

 

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