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Ilario Antoniazzi

Benoît XVI a nommé, la semaine dernière, Ilario Antoniazzi, 64 ans, nouvel archevêque pour la Tunisie Jusqu’ici curé de la Paroisse de Rameh Saint Anthony ( Galilée) en Israël. Cet Italien succède à Maroun Lahham, nommé vicaire patriarcal latin pour la Jordanie en janvier 2012.

Né en 1948 à Rai, dans la province de Trévise (nord-est de l’Italie) puis entré à l’Institut missionnaire Saint-Pie-X d’Odierzo, Mgr Antoniazzi est envoyé en Terre sainte en 1962 et entre au petit-séminaire de Beit-Jala, près de Bethléem. Ordonné prêtre en 1972 à Jérusalem, il est d’abord vicaire à Zarqa-Sud (Jordanie) puis, en 1975, curé de Fuheis (Jordanie), conjointement avec Maroun Lahham, son prédécesseur à Tunis (1).

Vicaire à Amman l’année suivante, puis à Smakieh en 1980, il part à Rome de 1992 à 1995 où il obtient une licence en théologie spirituelle à l’Institut Thérésien avant d’être nommé en Galilée, à Rameh (1995-2005), puis à Reineh, à côté de Nazareth (2005-2007) puis à nouveau à Rameh à partir de 2007. Depuis 2011, il était également directeur général des écoles du Patriarcat latin de Jérusalem. Son entrée officielle à Tunis est prévue le 7 avril 2013.

Mgr Antoniazzi n’a pas encore défini ses priorités pastorales en tant qu’archevêque à Tunis. Dans un entretien avec le site du Patriarcat latin de Jérusalem il reconnaît qu’il n’a pas une idée de la situation spirituelle dans son nouveau diocèse à Tunis : « J’ai déjà programmé une rencontre avec mes prêtres pour que je puisse mieux mesurer la réalité spirituelle et pastorale. Ensemble, avec mes prêtres, on pourra envisager le futur de cette Église. »

À n’en pas douter, en Tunisie post-révolutionnaire les chrétiens ont du mal à vivre leur foi et ils sont de plus en plus soumis à des mesures de répression. Ils se sentent surtout menacés par les extrémistes religieux.

L’an dernier des salafistes extrémistes ont donné un ultimatum de 3 jours à un prêtre pour qu’il enlève la croix de l’église dans le centre ville de Tunis, se convertisse à l’islam – quitte à ce que ce soit par la force – sinon il serait tenu à verser une «jezia» sorte d’impôt imposé aux non? musulmans.

L’an dernier des salafistes se sont attaqués au cimetière chrétien de Montplaisir à Tunis, appelé au meurtre des Juifs et de tous ceux qui ne partagent pas leur idéologie. La basilique romaine du Kef, à l’ouest de Tunis, a été attaquée en septembre 2011 par des éléments fondamentalistes qui considéraient ce lieu comme «blasphématoire». Ils auraient réagi à une demande d’un imam saoudien qui avait visité la ville et aurait invité les fidèles à le « restituer » en lieu de prière musulman.

Malgré les menaces multipliées par des islamistes radicaux ni le Président de la République ni le partie islamique au pouvoir n’ont réagi jusque là. La justice tunisienne, quant elle, est paralysée depuis l’accession du mouvement Ennahda au pouvoir. En février 2011 un prêtre polonais, le père Marek Marius Rybinski, a été retrouvé mort à Tunis.

L’Association tunisienne de soutien des minorités (Atsm), créée en septembre 2011, avait pointé du doigt les autorités et avait déploré l’indifférence à l’égard notamment des minorités et des victimes des jihadistes. La Tunisie, qui est encore instable depuis la révolte et l’arrivée des islamistes en pouvoir, connaît un fanatisme religieux de plus en plus rigoureux dans un climat dans lequel la religion est exploitée politiquement par le gouvernement et par des groupes islamistes.

En raison de violations de la liberté religieuse, des efforts sont faits pour inclure la Tunisie sur la liste américaine des « pays sous surveillance » par la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse dans le monde (USCIRF).

Le gouvernement tunisien continue à imposer de sérieuses restrictions quant à la liberté religieuse, menaçant ainsi la vitalité et la survie des minorités présentes dans le pays. Elles n’osent pas se montrer publiquement pour prier. Il leur est même interdit de distribuer des Bible. Les activités missionnaires chrétiennes sur le territoire sont interdites. Les islamistes d’Ennahda refusent de comprendre que la mission des chrétiens dans les pays musulmans a des objectifs essentiellement humanitaires. En effet, les conditions de vie des couches du peuple les plus pauvres dans ce pays remontent à un âge le plus reculé.

Aujourd’hui, les communautés chrétiennes du Moyen-Orient sont en diminution, et beaucoup d’entre elles sont même en voie de disparition. En Israël par contre il y a une communauté chrétienne forte et croissante qui participe pleinement à la vie du pays. Israël protège la liberté de religion pour tous. « La communauté chrétienne a ici le sentiment de vivre à la maison », comme a pu le dire le Président israélien Shimon Péres.

Seul État non arabe et non musulman du Proche-Orient, Israël est l’unique pays de la région dans lequel la population des fidèles du Christ augmente. Il y avait un peu plus de 34.000 chrétiens en Israël après l’indépendance de l’État en 1948, alors qu’aujourd’hui ils sont environ 120.000 personnes.

La liberté de religion, d’accès, de culte est totale, comme elle ne l’a jamais été depuis l’époque de la conquête islamique sur la Terre d’Israël . Les églises de toutes sortes, de toutes dimensions ont voix au chapitre, ont une entité juridique, des propriétés immobilières et des capitaux, en plus d’une totale liberté d’opinion. Dans les pays arabes, c’est le contraire qui est vrai. L’Islam fanatique est responsable de la diminution inexorable du nombre de chrétiens dans la toute la région. D’ailleurs, Bethléem qui fut chrétienne par excellence car lieu de naissance du Christ, selon la tradition, est désormais une ville musulmane depuis qu’elle est gérée par l’Autorité palestinienne.


Ftouh Souhail

(1) Voir : http://fr.lpj.org/2010/02/26/ilario-antoniazzi/

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