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L’Etat Juif entretenait déjà des relations amicales avec l’Inde, mais  depuis l’arrivé de Benyamin Netanyahu au pouvoir les échanges entre les deux pays connaissent une expansion sans précédent, aux plans économique, commercial, militaires…, tellement rapide qu’elle alimente actuellement des fantasmes sur la présence et les visées israéliennes en Inde.

C’est dans le cadre de cette accélération des relations que tombe la visite du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu qui a emmené quelque 130 hommes d’affaires avec lui en Inde du 14 au 19 janvier 2018, pour des négociations commerciales qui ont couvert également les ventes de matériel militaire.

Netanyahu est le Premier ministre israélien à visiter le deuxième pays le plus peuplé du monde en 15 ans. La dernière fois qu’un Premier ministre israélien est arrivé en Inde — un pays peuplé de 1,3 milliard de personnes, dont 175 millions sont musulmans — était en 2003, quand Ariel Sharon.

Le directeur général adjoint du ministère israélien des Affaires étrangères pour l’Asie, parle de partenariat stratégique qui lie les deux pays. Excellentes, c’est le qualificatif utilisé traditionnellement par les responsables gouvernementaux israéliens à propos des relations avec le partenaire indien.

Les dirigeants israéliens, comme beaucoup de leurs homologues notamment sur le continent asiatique, semblent, de longue date, apprécier particulièrement le fait que les autorités indiennes ne tentent pas d’imposer leur façon de voir le monde. C’est sans doute une des raisons essentielles du succès et de la popularité des entreprises indiennes auprès de beaucoup de gouvernements et de pays de la région.

Contrairement aux visites du Premier ministre aux États-Unis ou en Europe, le voyage de Netanyahu, qui l’a amené dans trois villes en Inde, s’est concentré très peu sur les affaires du Moyen-Orient telles que le conflit israélo-palestinien. Au lieu de cela, il s’est occupé surtout des efforts visant à promouvoir les relations commerciales.

Le commerce bilatéral représente près de 5 milliards de dollars par an, dont la majeure partie concerne la défense et les diamants. Netanyahu a exprimé la volonté du gouvernement de voir davantage de projets d’investissements israélien en Inde. Il a souhaité voir les entreprises indiennes investir aussi dans différents secteurs, dont notamment dans le cinéma.

 

Les Premiers ministres indien Narendra Modi et israélien Benyamin Netanyahu ont affiché, leur volonté d’élargir leur coopération, marquée principalement par des contrats dans le domaine de la technologie spatiale, de l’eau et de l’agriculture, l’énergie, la culture, l’innovation et la défense, lors de la visite d’un chef de gouvernement israélien.

La visite a été  dominée par des images et des photos de l’accueil chaleureux de Netanyahu par le Premier ministre Narendra Modi. Les deux hommes ont développé une étroite amitié, se félicitant l’un et l’autre sur les réseaux sociaux à diverses occasions et s’embrassant de tout cœur.

En juillet 2015, Modi est devenu le premier dirigeant indien à se rendre dans l’État juif, rejetant les critiques de nombreux musulmans en Inde et ailleurs. Une photo de Modi et de Netanyahu se promenant dans le sable sur la plage d’Olga, dans le nord d’Israël, a largement été partagée.

Au cours de sa visite, Israël et l’Inde  ont signé  une série d’accords bilatéraux, notamment dans les domaines de l’aviation, des énergies renouvelables, de la cyber-sécurité, de la médecine alternative et du cinéma.

Le ministère indien de la Défense a annoncé la semaine dernière qu’il achèterait 131 missiles sol-air à Israël. Ces missiles fabriqués par la société d’armement Rafael sont destinés au premier porte-avions indien en construction

Israël c’est le 2e pays après la Russie qui vend des armements en Inde explique Elie Karmon, chercheur à l’université d’Herzliya, spécialiste des questions stratégiques. En fait, Israël est un fournisseur important dans le domaine de la défense pour l’Inde, avec environ 830 millions d’euros de matériel militaire vendu.

Jérusalem et New Delhi ont signé un nouveau contrat sur la construction en Inde d’une usine de fabrication de missiles.Cette usine sera installée en commun par l’industrie aéronautique israélienne et une entreprise indienne sous couvert d’anonymat afin de fabriquer et stocker des missiles en Inde. La valeur de ce contrat s’élève à environ un milliard d’euros et en prenant en compte un autre contrat signé avec le constructeur israélien Rafael, l’Inde et Israël décident de créer ensemble l’industrie commune d’ordre militaire.

La République de l’Inde a reconnu en 1960  l’État Juif et malgré ses positions pro-palestiniennes  elle a toujours apporté ses soutiens militaires à Israël. L’Inde a coopéré  dès les années 1950, avec l’Etat hébreu tant dans le domaine de renseignements que d’approvisionnement d’équipements militaires, et cela malgré l’absence de liens officiels entre les deux pays. Dans ce contexte, le rapprochement avec Israël avait aussi un objectif caché, qui était celui de s’attirer les bonnes grâces de Washington.

Netanyahu veut attirer les producteurs bollywoodiens pour doper le tourisme du pays

Mais il n’ y a pas que cela. Avec ses homologues indiens, le Premier ministre israélien a évoqué  aussi la possibilité que Bollywood, l’industrie cinématographique indienne, tourne un film en Israël.

Bollywood, qui produit plus de 1 500 films par an pour une population de quelque 1,3 milliard d’habitants, est considéré comme le moteur majeur d’une puissance dite « douce » et un moyen pour Israël et l’Inde de resserrer leurs liens, un thème récurrent de la visite de Netanyahu, qui souhaite favoriser le commerce entre les deux pays.

Les officiels israéliens estiment que des productions bollywoodiennes en Israël pourraient accroître le tourisme de ressortissants indiens, le rendant supérieur à son niveau actuel d’environ 50 000 personnes par an, soit une infime partie des millions de visiteurs que reçoit l’Etat juif chaque année, et une partie encore plus minuscule de la classe moyenne croissante de l’Inde.

 

Cette initiative n’est pas sans précédent. En 2011, l’Espagne a attiré avec succès une production de Bollywood, « Zindagi Na Milegi Dobara », qui a été produite en étroite collaboration avec l’agence de promotion touristique espagnole, Turespana, ce qui avait donné un important coup de pouce au tourisme peu de temps après. Il a également été le plus gros succès de Bollywood en 2011.

« Il y a eu un impact immédiat sur le nombre de demandeurs de visa d’entrée en Espagne », a déclaré le directeur du bureau londonien de Turespana, Enrique Ruiz de Lera, qui a dirigé les discussions avec les producteurs du film. .

L’année après la sortie du film, ce sont 60 444 Indiens qui ont visité l’Espagne, ce qui correspond au double du nombre de touristes indiens en 2011, selon le ministère de l’Industrie et du Tourisme.

La Suisse, qui a servi de décor à plusieurs films de Bollywood pendant 50 ans, a également réussi à transformer les cinéphiles indiens en touristes alpins.

Bachchan, l’acteur, qui a rejoint Netanyahu et d’autres personnalités de Bollywood pour un selfie général sur scène, a noté que l’industrie cinématographique de Bombay produisait quatre fois plus de films qu’Hollywood, vantant le cinéma comme un moyen de « resserrer » les lien entre les pays.

Les participants ont visionné une vidéo destinée à les inciter à filmer en Israël, mettant en valeur les paysages et la culture du pays.

Abhishek Kapoor, qui a produit les films bollywoodiens « Rock On !! » et « Fitoor », a dit qu’il s’était déjà rendu Israël à plusieurs reprises et qu’il pouvait envisager de tourner dans le pays, même si cela prendra du temps pour que cela se réalise.
« Une invitation, c’est tout ce que nous attendons », a-t-il dit.

 

Souhail Ftouh 

 

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