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Amina Filali, une jeune fille musulmane de 16 ans, originaire de Larache, au Nord du Maroc, et qui avait été mariée de force avec son violeur, a décidé de mettre fin à ses jours en avalant un produit destiné aux rats, samedi dernier.

D’après le journal al-Masa’a, Amina avait été violée par un homme de 25 ans, alors qu’elle avait à peine 15 ans. Afin de préserver »l’honneur de la famille », le mariage d’Amina avec son violeur avait été arrangé. Ce mariage avait été approuvé par un juge musulman.

La mort d’Amina a provoqué l’indignation des internautes Marocains ainsi que des associations de femmes, qui ont lancé une pétition en ligne et une page Facebook de soutien.

L’histoire d’Amina a profondément touché et blessé les marocains qui se sont portés solidaires avec cettee adolescente 16 ans, qui avait été contrainte par le juge d’épouser son violeur.

Depuis le drame, de nombreuses voix s’élèvent afin de modifier la loi sur le viol au Maroc.

L’émotion au Maroc a forcé les politiques à s’exprimer sur la législation de protection des femmes. Fait rare : le gouvernement à majorité islamiste a largement consacré sa réunion hebdomadaire à l’examen de ce drame. La seule femme ministre du gouvernement islamiste, Bassima Hakkaoui, responsable du portefeuille de la solidarité, de la femme et de famille a reconnu un « vrai problème » et préconisé un « débat pour réformer cette loi », sur la chaîne de télévision publique 2M.

En hommage à Amina, le blogueur marocain Mehdi B. Idrissi a écrit un billet intitulé Amina est mon Bouazizi. Il fait ainsi référence à Mohammed Bouazizi, le vendeur ambulant de Sidi Bouzid, en Tunisie, qui s’est immolé afin de protester contre les abus de la police, déclenchant ainsi une vague de manifestations qui a donné lieu à la révolution tunisienne et a provoqué la chute du régime laïque de Ben Ali.

“Le jour où le monde arabe commencera à considérer les femmes comme des créatures égales à l’homme, avec tous leurs droits, et méritant tout le respect, ce jour là seulement, la révolution aura gagné” écrit B. Idrissi.

“Je refuse de vivre dans un monde où une fille est obligée de choisir entre être mariée à son violeur et mettre fin à ses jours” commente un autre blogueur. “Combien y a-t-il d’autres Amina ? Forcée à épouser leur violeur ? ” se demande sur Twitter un jeune marocain.

Si l’acte désespéré du tunisien Bouazizi s’auto-immolant a boulversé la Tunisie, la question qui se pose aujourd ‘hui est de savoir si le suicide d’Amina changera-t-il la culture islamo -machiste au Maroc et de ses voisins arabes ? Le Maroc n’est pas le seul pays du Maghreb dans cette situation. En Tunisie et en Algérie également, si la victime épouse son violeur, celui-ci échappe aux poursuites.

Dans de nombreuses familles musulmanes où le poids la religion est très fort, la perte de la virginité hors du mariage est considérée un déshonneur pour la famille. Souvent, des arrangements sont trouvés, avec la contribution de la justice, pour que les filles violées épousent leur agresseur.

Le mari-violeur d’Amina, qui est encore en liberté, est protégé par cette la loi sur le viol au Maroc. Grâce à l’article 475 du Code Pénal, le violeur échappe à la justice en contractant mariage. Et la victime n’a pas le droit de refuser ! Seul son père ou son tuteur peur résilier ou se prononcer contre ce mariage. Le mariage est ainsi un moyen régulièrement utilisé pour rétablir l’honneur entre le violeur et la famille de la victime.

Fouzia Assouli, présidente de la Ligue Démocratique pour les Droits de la femme, au Maroc a dit que le «Le souci pour les législateurs, ce n’est pas de protéger la victime mais de sauver son honneur et celui de sa famille. C’est comme si une femme violée ne valait plus rien devant la société».

Selon Fouzia Assouli, si les mariages de mineurs avaient abolis, Amina Filali serait encore en vie. «D’autres lois rentrent en jeu dans ce drame. En 2010, il y a eu près de 40 000 mariages de mineurs» a ajouté Fouzia.

Choqués, beaucoup demandent au gouvernement à majorité islamiste au Maroc la révision de ces lois rétrogrades inspirées du la Sharia’a (loi islamique).

Malgré ce drame inqualifiable qui s’est déroulé samedi 10 mars 2012 près de Tanger au Maroc, une manifestation a été organisée à Tunis ce vendredi, 16 mars 2012, par des sympathisants de la cause islamiste afin d’appeler les élus de la nation à instaurer la Sharia’a dans la nouvelle constitution.

C’est inacceptable et honteux !!!

Ftouh Souhail

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