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Voilà une nouvelle maladie liée aux moustiques dont les Latino-Américains se seraient bien passés. Le virus appelé Zika suscite l’émoi dans en Amérique du sud, où il semble lié à des malformations chez les bébés.

 

Il s’agit d’un virus identifié pour la première fois chez l’humain en 1954 au Nigeria. Il est passé sous le radar pendant des décennies avant de ressurgir récemment dans l’actualité. Il est débarqué en Amérique du Sud en mai  2015 et s’y répand depuis.

 

Au Brésil, il pourrait avoir infecté jusqu’à 1,5 million de personnes. On le trouve maintenant tant en Colombie et au Mexique qu’au Panama, mais aussi en Martinique, en Guadeloupe et en Haïti.

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Pourquoi  le virus fait-il peur?

 

C’est le gouvernement brésilien qui a lancé un pavé dans la mare l’an dernier en avançant un lien possible entre le virus Zika et la naissance de bébés dont la tête est anormalement petite (microcéphalie). Les cas de microcéphalies ont explosé dans certaines régions du Brésil où le Zika est très présent, et l’Organisation panaméricaine de la santé considère aujourd’hui le virus comme le suspect numéro un. Les chercheurs croient que ces anomalies surviennent lorsqu’une femme enceinte est infectée par le virus, particulièrement durant les trois premiers mois de la grossesse. Certains craignent que l’incidence des microcéphalies ne monte en flèche au Brésil et que le phénomène ne gagne le reste de l’Amérique latine.

 

Pour la majorité des gens, le Zika est un virus inoffensif qui n’entraîne aucun besoin de diagnostic urgent. Les seules susceptibles de s’inquiéter sont les femmes enceintes. Le virus Zika est soupçonné de causer des malformations congénitales.

 

 

Il n’existe ni vaccin ni médicament contre le Zika, qui cause actuellement une importante épidémie en Amérique latine. Et on croit, sans en avoir la preuve, qu’il pourrait causer des microcéphalies chez les bébés dont la mère aurait été infectée pendant la grossesse

 

Comme c’est souvent le cas pour les maladies tropicales, ce sont les moustiques infectés qui transmettent la maladie. Le Zika se transmet par une piqûre de moustique du genre Aedes aegypti ou Aedes albopictus (moustique tigre).

 

Les moustiques sont particulièrement attirés par les femmes enceintes, car la température corporelle augmente et c’est l’un des facteurs qui plaît aux moustiques affirment les spécialistes.

 

 

 

Une équipe israélienne lutte contre la population de moustiques porteurs du virus

 

 

Une expérience réalisée par des chercheurs du Centre for Infectious Diseases  de l’Université Hébraïque de Jérusalem laisse espérer que l’on pourra enfin freiner la progression de cette maladie. Les Israéliens ont réussi à attirer les moustiques porteurs du virus vers des végétaux sur lesquels avait été aspergé un produit d’origine végétale toxique pour eux, appelé « Attractive Toxic Bait » (ATBS) et développé dans leurs laboratoires.

 

Les détails de cette découverte ne sont pas encore publiés. Les Israéliens ont réalisé un test au Panama dans la région indigène de Guna Yala, côté Caraïbes, en utilisant des extraits de fruits locaux tels que les goyaves ou certaines sortes de melons, sur lesquels ils ont rajouté l’ATBS, fabriquant ainsi le produit toxique désiré, qu’ils ont ensuite dispersé sur des plantes.

 

Très rapidement, ils ont constaté que la population de moustiques porteurs avait considérablement baissé : – 60%

 

Le Prof. Yossef Shlein, de l’équipe scientifique qui  prépare ce procédé, se dit « persuadé que cette méthode pourra bientôt être utilisée à grande échelle, car elle est technologiquement simple à mettre en place, elle est économique et non polluante. »

 

 

 

Une urgence mondiale selon l’OMS

 

L’organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré lundi, 1 février 2016, à Genève que l’épidémie constituait «une urgence de santé publique de portée mondiale».

 

«Nous devons agir», a affirmé la directrice de l’OMS, Margaret Chan, lors d’une conférence de presse, à l’issue d’une réunion exceptionnelle de son comité d’urgence.

 

L’OMS a jugé qu’un lien entre ce virus transmis par un moustique et une explosion en Amérique du Sud du nombre de cas de microcéphalie, malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec une tête et un cerveau anormalement petits, était «fortement suspecté, bien que non prouvé scientifiquement».

 

«Tous s’accordent sur le besoin urgent de coordonner les efforts internationaux pour poursuivre les investigations et comprendre mieux cette relation», a dit Mme Chan.

 

Elle a, en conséquence, décrété que cette situation était «une urgence de santé publique de portée mondiale».

 

L’agence de l’ONU semble soucieuse de faire oublier les critiques liées à sa réponse jugée trop faible face à la récente épidémie d’Ebola en Afrique.

 

«Les experts considèrent aussi que l’étendue géographique des espèces de moustiques qui peuvent transmettre le virus, l’absence de vaccin et de tests fiables, ainsi que le manque d’immunité de la population dans les pays nouvellement touchés (…) constituent des causes supplémentaires d’inquiétude», a poursuivi Mme Chan.

 

L’OMS a averti la semaine dernière que le virus se propageait «de manière explosive» dans la région des Amériques, avec 3 à 4 millions de cas attendus en 2016.

 

L’Organisation mondiale de la Santé met en garde contre la possibilité que le virus soit associé à une augmentation significative des cas de microcéphalie chez les nouveau-nés. Zika est également soupçonné d’être lié au syndrome neurologique de Guillain-Barré (SGB).

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L’OMS s’est abstenue jusqu’à présent de formuler des recommandations concernant les voyages dans les zones affectées par le Zika, soulignant que la prévention la plus efficace consistait à éliminer les eaux stagnantes où prolifèrent les moustiques, et à utiliser des répulsifs et des moustiquaires pour se protéger.

 

Compte tenu de la transmission accrue du virus Zika dans la Région des Amériques, l’OMS recommande à ses États Membres de mettre en place et de maintenir la capacité de détecter et de confirmer les cas d’infection par ce virus, de préparer leurs services de santé à une charge supplémentaire potentielle à tous les niveaux des soins et de mettre en œuvre une stratégie efficace de communication auprès du grand public pour lutter contre les moustiques porteurs de la maladie, en particulier dans les régions où le vecteur est présent .
Dans la même veine, l’OMS a recommandé dans son dernier bulletin d’alerte épidémiologique d’établir des mécanismes de détection et de confirmation des cas avant « l’augmentation des anomalies congénitales, le syndrome de Guillain-Barré et d’autres manifestations auto-immunes dans des zones où circule le virus ».
 

Craintes de l’effet El Niño

 

Le Brésil, pays le plus touché par le Zika avec près de 1,5 million de cas selon l’OMS, a sonné l’alarme en octobre, lors de l’apparition d’un nombre inhabituellement élevé dans le nord-est du pays de cas de microcéphalie. Depuis, 270 cas confirmés de cette malformation et 3.448 cas suspects ont été enregistrés, contre 147 en 2014.

 

La Colombie, deuxième pays le plus affecté par le virus, prévoit plus de 1500 cas du syndrome neurologique de Guillain-Barré (SGB) pouvant y être liés, a déclaré lundi le ministre de la Santé, Alejandro Gaviria.

 

«Il y a suffisamment de coïncidence dans l’espace et dans le temps pour dire qu’il y a clairement une relation» entre le virus Zika et ce syndrome, qui peut provoquer jusqu’à une paralysie définitive, a-t-il ajouté.

 

La Colombie, le Salvador, l’Équateur, le Brésil, la Jamaïque et Porto Rico ont d’ores et déjà recommandé aux femmes d’éviter toute grossesse tant que l’épidémie de Zika n’est pas sous contrôle. Ces avertissements ont des conséquences énormes, à la fois sur les voyageurs et les pays touchés.

 

Par ailleurs, des entrepreneurs réunis au sein du Comité exécutif aéro-agricole privé du Mercosur (marché commun sud-américain) ont proposé aux gouvernements uruguayen, brésilien et argentin de mettre à disposition leurs avions pour procéder à une fumigation massive contre les moustiques.

 

En Europe et en Amérique du Nord, des dizaines de cas d’infection par le Zika ont été signalés parmi les personnes revenant de voyages dans les pays touchés. Dimanche, un institut de recherche indonésien a annoncé avoir trouvé un cas positif de virus Zika sur l’île de Sumatra, ajoutant que le virus circulait «depuis un certain temps» dans le pays.

 

L’OMS craint que la situation découlant du phénomène climatique El Niño – particulièrement puissant depuis 2015 et qui favorise le réchauffement climatique – provoque une augmentation du nombre de moustiques.

 

La seule façon pour  être infecté est d’être piqué par un moustique porteur du virus dans les zones à risque (plusieurs pays d’Amérique latine, dont des destinations touristiques comme le Mexique, la République dominicaine et la Guadeloupe).

 

Dans les cas les plus modérés, le virus provoque des fièvres au-dessus de 39°C, une apathie, des maux de tête, des douleurs musculaires et articulaires. Le virus peut également donner une conjonctivite, un gonflement des mains et des pieds, ou encore des jambes, une éruption cutanée qui apparaît habituellement sur le visage, puis sur tout le corps.
Dans de rares cas, le Zika pourrait causer des complications neurologiques ou des réactions auto-immunes comme le syndrome de Guillain-Barré. Ces hypothèses sont actuellement étudiées.

 

Souhail Ftouh

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