Israël affecté par la hausse des prix du marché du pétrole

Le ministère de l’Energie a augmenté le prix du carburant, une hausse entrée en vigueur depuis le 1 avril 2019 ; les taxes représentent 63 % du tarif. Le tarif de l’essence a augmenté de 20 agorot, soit une hausse de 3?% du carburant à la pompe. C’est la troisième fois en trois mois consécutifs qu’une hausse est enregistrée.

Selon une annonce du ministère de l’Energie, le prix maximum au litre de l’essence sans plomb 95 ne dépassera pas les 6,32?shekels par litre (TVA incluse) et à Eilat, où il n’y a pas de TVA, il ne dépassera pas les 5,40?shekels par litre.

Le tarif du carburant était en baisse depuis le mois de janvier 2019, moment où il a commencé à augmenter. Il a connu une hausse de 41?agorot au cours des deux derniers mois seulement.

Cette dernière hausse serait due à une augmentation du prix du pétrole ainsi que du taux de change du dollar.Les taxes représentent 63?% du prix des carburants – dont la TVA.

Hausse des prix du marché du pétrole

Les États-Unis dominent le marché. Ils ont pris l’ascendant en inondant le marché mondial de leur pétrole de schiste.En redevenant un géant pétrolier, les Etats-Unis pilotent le marché autour d’un prix cible déterminé en fonction de leurs intérêts.Un prix bas du baril n’est plus totalement dans l’intérêt de l’économie américaine compte tenu des effets d’entrainement du secteur pétrolier sur celui de l’énergie, ses retombés sur l’investissement ou sur l’emploi.

Le prix du Brent produit en mer du Nord a dépassé le seuil des $72 par baril le 18 avril à Londres et la hausse depuis la fin 2018 est de près de 35%.C’est le résultat de la hausse de la demande pétrolière mondiale, de la réduction de la production de l’OPEP et de dix pays non-OPEP dont la Russie, des sanctions américaines contre l’Iran, de l’effondrement du Venezuela, des espoirs sur les marchés quant à un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine et, tout récemment, du regain des tensions militaires en Libye. Ce sont des facteurs de court terme et ceux-ci pèsent d’un poids considérable sur les marchés pétroliers.

Pour le moyen terme à présent, nous avons effectivement la perspective d’une forte hausse de la production pétrolière des Etats-Unis qui, selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), pourrait augmenter de 4 millions de barils par jour (Mb/j) entre 2018 et 2024. De plus, d’autres pays verront leur production croître dans cette période: le Brésil, l’Irak, la Norvège, les Emirats Arabes Unis sans oublier le cas du Guyana, en Amérique du Sud, qui deviendra un producteur et exportateur de pétrole au début 2020.

A court et à moyen terme, la consommation pétrolière mondiale va continuer à augmenter en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique Latine.Le poids des pays émergents et en développement dans l’économie mondiale est tel aujourd’hui qu’ils suffisent à tirer à la hausse la consommation pétrolière mondiale.

Dans le long et le très long terme, le facteur climatique prendra de plus en plus d’importance. La consommation pétrolière mondiale ne continuera pas à augmenter jusqu’à la fin des temps. La grande question est de savoir quand nous atteindrons une phase de plateau de cette consommation: 2030, 2035, 2040 ou au-delà ?

Souhail Ftouh