| More

Plus de 100.000 personnes ont fêté cette semaine à Meiron (nord d’Israël) l’anniversaire du décès du saint rabbi Shimon Bar Yohaï, auteur du livre de kabbale Zohar (1) , et des dizaines de milliers d’autres étaient sur sa tombe. Plusieurs coutumes marquent cette journée de Lag Baomer (33e jour du Omer, période reliant Pessah -la Pâque juive- à Shavouot -Pentecôte).

La cour où se trouvent les tombeaux de Rabbi Shimon Bar Yohaï et de son fils Eléazar fut construite par Abraham Ben Mordechai Galante durant la seconde moitié du XVIème siècle

Rabbi Shimon Bar Yohaï faisait partie de la cinquième génération des Tannaïm (il fut l’un des auteurs de la Michna, compilation écrite des lois orales juives – il décéda en l’an 170 de notre ère). Il était l’un des cinq disciples de Rabbi Akiva qui a échappé au massacre due à l’échec de la seconde révolte en l’an 135. Il vécut à la même époque que Rabbin Shimon Ben Gamliel II qui était président («nassi») du Sanhédrin (conseil religieux et cour judiciaire à l’époque du second temple).

De nombreux grands sages juifs sont enterrés à Méron. Rabbi Hillel (premier siècle de notre ère) est l’un d’entre eux. Ses enseignements libéraux sont aujourd’hui à la base de nombreuses décisions rabbiniques. On peut accéder à son tombeau par un chemin menant au pied de la vallée. Rabbi Shammai, vivant à l’époque de Hillel, est présumé être enterré dans le grand sarcophage situé sur la colline en face du tombeau de Hillel.

Un afflux massif de visiteurs a eu lieu cette semaine sur la tombe du saint aux traditionnels feux de joie de Lag BaOmer. Chaque année, à Lag BaOmer, au 33ème jour après la fête de Pâques, un pèlerinage est organisé à l’emplacement du tombeau de Shimon Bar Yohaï au Mont Méron. Situé près de la ville de Safed, c’est la montagne la plus haute d’Israël. Cette tradition appelée la «Hilloulah» honore la mémoire de Rabbi Shimon Bar Yohaï et célèbre la révélation des secrets de la Torah.

Le père de Rabbi Shimon Bar Yohaï était un personnage très respecté du peuple juif. Yohaï était un pacifiste. Il était apprécié des romains et il s’était opposé à la révolte contre Rome menée par Rabbi Akiva et Bar Kochba.

Les romains avaient décrété que l’étude de la Torah était un acte illégal. Rabbi Shimon s’était opposé publiquement à cette injustice et c’est ainsi qu’il fut condamné à mort et fut exilé avec son fils dans une grotte. Ils vécurent de l’eau d’une fontaine et d’un caroubier. Ils restèrent 13 ans dans cette grotte, période pendant laquelle ils étudièrent ensemble la Torah, aussi bien la Torah Révélée que la Torah Cachée.

Selon les sources rabbiniques, durant la période entre Pessah (Pâques) et Shavouot (Pentecôte), une épidémie mortelle a tué des milliers d’élèves du grand maître Rabbi Akiva «parce qu’ils ne se sont pas comportés avec respect les uns envers les autres». Depuis, la tradition a fixé que les trente-trois premiers jours de l’Omer seraient considérés comme une période de deuil et de pénitence où il est interdit de se marier, de se couper les cheveux et de se raser la barbe.

Le 33ème jour de l’Omer où «l’épidémie s’est arrêtée» est devenu un jour où l’on peut à nouveau se réjouir et où les restrictions mentionnées ci-dessus sont levées. Lag BaOmer rappelle également le concept de «Ahavat Yisrael» qui célèbre et encourage l’amour du peuple juif et la fraternité.

Dans tout le pays, d’immenses feux de joie sont allumés. Familles et amis se réunissent autour des feux de joies et organisent des barbecues. Tout Israël ainsi que d’autres pays du monde entier célèbrent cette fête ainsi. Le rassemblement le plus important se trouve au Mont Méron à côté de Safed à l’occasion du pèlerinage aux tombeaux de Rabbi Shimon Bar Yohaï et de son fils Eléazar.

La tradition raconte que lorsque Rabbi Akiva et ses élèves furent confrontés aux décrets romains interdisant sous peine de mort l’étude de la torah, ils se déguisaient en habit de chasse et se réfugiaient dans les forêts pour étudier.

Ainsi, le jour de Lag Baomer, des enfants se promènent avec des petits arcs de chasse et des flèches en caoutchouc pour se souvenir du courage qu’il faut parfois pour étudier la Torah. C’est durant Lag Baomer également que des milliers de parents emmènent leurs garçons qui ont atteint l’âge de 3 ans pour leur couper les cheveux pour la première fois au Mont Méron ou bien dans les tombes d’autres grands sages

Ftouh Souhail

(1) Le «Zohar» (ou «Livre de la Splendeur») est un des ouvrages majeurs de la Kabbale. Il s’agit d’une exégèse ésotérique et mystique des cinq premiers livres de la Bible, aussi appelés livres de Moïse. Selon cette œuvre, chaque lettre, mot, et ligne sont d’une grande importance. Ils contiennent un sens caché profondément mystique et révèlent ainsi le mystère de la vie.

Leave a Reply

*