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La commission de la municipalité de Jérusalem chargée d’accorder des noms aux rues, a approuvé lundi l’attribution du nom de l’ex-chanteuse vedette égyptienne Oum Koultoum, à une des rues de la capitale israélienne, dans un quartier de Jérusalem-Est. A la même occasion, 86 nouveaux noms de rue ont été attribués dans plusieurs quartiers arabes de Jérusalem-Est.

Cette démarche prouve encore que L’Etat d’Israël est encore ouvert à tous les gens et toutes les confessions. La musicienne arabe d’Oum Koultoum est surnommée l’« Astre d’Orient », elle est considérée, plus de trente ans après sa mort, comme la plus grande chanteuse du monde arabe.

Morte en février 1975 au Caire , Oum Kalthoum est née dans une famille pauvre au Caire. Très jeune, la petite fille montre des talents de chanteuse exceptionnels, au point qu’à 10 ans, son père la fait entrer — déguisée en garçon — dans la petite troupe pour y chanter. . À 16 ans, elle est remarquée par un chanteur égyptien alors très célèbre, Cheikh Abou El Ala Mohamed.

Très vite, deux rencontres déterminent sa vie. Celle de Ahmed Rami tout d’abord, un poète qui lui écrira 137 chansons et l’initiera à la littérature française, qu’il a étudiée à la Sorbonne. Mohamed El Qasabji, lui ouvre le Palais du théâtre arabe.

En 1932, sa notoriété est telle qu’elle entame sa première tournée orientale : Damas, Bagdad, Beyrouth, Tripoli, etc. Cette célébrité lui permet également, en 1948, de rencontrer Gamal Abdel Nasser, qui ne cache rien de son admiration. Il officialise en quelque sorte l’amour de l’Égypte pour la chanteuse, amour réciproque puisque Oum Kalsoum donnera de nombreuses preuves de son patriotisme.

Multipliant les concerts internationaux, elle vient en France à l’Olympia (Paris) en novembre 1967 ; et le président Charles de Gaulle lui envoie un télégramme de félicitations. Charles de Gaulle l’appelait « La Dame » et Maria Callas « La Voix Incomparable » .Celle que l’on surnomme El Sett (la dame) chante la religion, l’amour et la nation égyptienne.

Amie du président Jamal Abdel Nasser, elle constitue avec l’homme politique l’un des symboles les plus forts de l’unité nationale égyptienne. Peu après la guerre de 1967 avec Israël, elle donne une série de concerts nationaux et internationaux, dont elle reverse les bénéfices au gouvernement égyptien.

La diva reste également dans les cœurs comme la « Cantatrice du peuple », s’investissant dans des œuvres caritatives en faveur des plus déshérités, et donnant elle-même de l’argent aux plus pauvres. L’une de ses biographies note qu’elle aurait aidé plus de deux cents familles de paysans au cours de sa vie. Revendiquant ses propres origines paysannes, la chanteuse a toujours vécu sans ostentation, souhaitant rester proche de la majorité de ses compatriotes.

La disparition de la vedette arabe Oum Kalthoum a été vécue comme un drame immense pour la nation arabe. Ses funérailles qui se sont déroulé à la mosquée Omar Makram du Caire ont formés le deuxième plus grand rassemblement d’Égypte, après les funérailles de Nasser. Les funérailles d’Oum Kalthoum ont déclenché des scènes de détresses collectives

Le corps de la diva devait initialement être porté jusqu’à un véhicule qui l’aurait amené à sa dernière demeure mais face à l’afflux de personnes venues pleurer la chanteuse, et contrairement à la tradition musulmane, les autorités ont repoussé les obsèques de deux jours. Les Caïrotes se sont emparés du cercueil et l’ont promené pendant trois heures dans les rues du Caire avant de l’amener à la mosquée al-Sayyid Husayn, une des favorites d’Oum Kalthoum.

En Égypte et au Moyen-Orient, Oum Kalsoum est considérée comme la plus grande chanteuse et musicienne. Aujourd’hui encore, elle jouit d’un statut presque mythique parmi les jeunes Égyptiens. Elle est également très populaire en Israël eparmi les Juifs et les Arabes et ses disques se vendent encore à environ un million d’exemplaires par an.

En 2001, le gouvernement égyptien a inauguré le musée Kawkab al-Sharq (“astre de l’Orient”) en mémoire de la chanteuse. Le musée abrite une série d’effets personnels ayant appartenu à Oum Kalthoum, dont ses célèbres lunettes de soleil et écharpes mais également des photos, des enregistrements et d’autres objets d’archives.

Dis anx plus tard, c’est Israel qui honore Oum Koultoum. La capitale israélienne portera désormais le nom d’Oum Kalthoum. La commission de la municipalité de Jérusalem chargée d’accorder des noms aux rues vient d’approuver cette proposition dans un quartier de Jérusalem-Est.

Cette initiative n’est pas étrange à Israël, un pays où on respecte toutes les minorités et toutes les confessions. Et, que l’on sache, les premières femmes arabes à pouvoir voter étaient de citoyenneté israélienne, et ce depuis 1948.

A la différence des pays arabes qui ont effacés la mémoire de leur vedettes juifs (Habiba Msika ou Raoul Journo en Tunisie, Enrico Macias en Algérie, Zaki Mourad en Egypte) en Israël on respecte tous les artistes et les gens du monde qui aspirent au bonheur, à la sérénité et à la paix.

Nouveau signe de tolérance, un nouvel accès a été ouvert vers le quartier arabe de Shouafat, dans la partie orientale de Jérusalem. Cette mesure a était un motif de la satisfaction des dirigeants des communes arabes mitoyennes et des organisations des droits de l’homme, a indiqué la police israélienne. Un point de passage vers ce quartier avait été fermé il y a quelques semaines.

Ftouh Souhail

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