Israël inaugure sa nouvelle plateforme sur le gisement de gaz naturel Leviathan

 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a inauguré ce jeudi 31 janvier 2019 une nouvelle plateforme sur le gisement de gaz naturel Leviathan, saluant en celle-ci une « révolution ».  Israël lancera aussi des livraisons de gaz en Égypte et en Jordanie à partir de cette année.

Les fondations de la plateforme, d’une taille de 98 mètres, sont arrivées ce week-end sur une péniche en provenance du Texas, où elles ont été construites, ont expliqué la société américaine Noble Energy et son partenaire israélien Delek, les partenaires principaux du consortium Leviathan.

Cette fondation sera fixée au fond de la mer et sa partie supérieure devrait arriver dans les prochains mois, selon un communiqué du consortium.

Une fois en place, la plateforme recevra le gaz du réservoir via deux pipelines sous-marins, le traitera puis l’enverra via un autre pipeline vers le système de transport de gaz israélien, est-il encore spécifié dans le document.

Le plus grand gisement de gaz naturel israélien équipé d’une nouvelle plateforme

S’exprimant près de l’installation, située à 10 kilomètres de la côte israélienne de la Méditerranée, M. Netanyahu a jugé que l’exploitation de Leviathan, censée débuter en 2019, constituerait un « élément essentiel de la puissance stratégique d’Israël ».

Il a indiqué que cette plateforme serait reliée aux infrastructures gazières européennes, tout en fournissant de l’énergie à Israël, pour un montant de plusieurs « milliards de shekels », selon un communiqué de son bureau.

Le ministre de l’Énergie, Yuval Steinitz, – en photo-a évoqué les accords en vigueur avec l’Égypte et la Jordanie, qui devraient bénéficier d’un surplus de gaz.

« Le gisement de gaz de Leviathan est le plus grand trésor naturel découvert en Israël et l’arrivée de la fondation de la plateforme symbolise notre entrée dans la phase finale de son développement », a-t-il affirmé.

Israël disposait déjà, avec le gisement Tamar exploité dès 2013, de réserves estimées à 238 milliards de m3. Le Leviathan, découvert en 2010 et où la production doit débuter en 2019, renfermerait 539 milliards de m3 de gaz naturel ainsi que 34,1 millions de barils de condensé.

Israël devient un fournisseur de produits énergétiques pour deux États arabes à partir de 2019.

Israël devient un fournisseur de gaz du monde arabe 

Israël lancera des livraisons de gaz en Égypte et en Jordanie à partir de cette année.

Pour la première fois, Israël va fournir du gaz naturel à l’Egypte. La compagnie israélienne Delek et son partenaire américain Noble Energy ont signé en 2018 avec l’égyptien Dolphinus pour lui livrer 64 milliards de mètres cube sur dix ans

Après la Jordanie, l’Egypte a signé avec Israël un contrat de 15 milliards de dollars sur dix ans. Le pays a besoin du gaz israélien, en attendant la montée en production de ses propres champs gaziers en mer.

L’Egypte est aujourd’hui importatrice de gaz. La production locale, en déclin, ne permet pas de satisfaire la demande intérieure, portée surtout par les besoins pour la production d’électricité.

Les exportations de gaz représentent une manne, encore inespérée il y a quelques années, pour Israël. Le contrat signé avec l’Egypte rapportera des milliards aux caisses de l’Etat Juif.

En septembre 2016, un contrat estimé à 10 milliards de dollars avait été signé pour l’exportation vers la Jordanie de gaz extrait de Leviathan.

Le gaz proviendra de deux champs offshore situés au large des côtes israéliennes en Méditerranée, Leviathan et Tamar.

Un gazoduc relierait Israël à l’Europe par la Méditerranée.

Le gaz israélien intéresse aussi l’Union européenne qui cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement.

Un gazoduc sous-marin reliera le champ gazier de Leviathan, sur le plateau continental israélien et le gisement Aphrodite, sur le plateau continental de Chypre, aux acheteurs potentiels de gaz en Europe: Grèce, Italie et Turquie. Le projet a été approuvé par le ministère italien de l’Énergie et les pays européens concernés.

Signé par Yuval Steinitz, le ministre israélien des Infrastructures nationales, de l’Énergie et de l’Eau, avec ses homologues chypriote, grec et italien, cet accord de novembre 2018 , qui est soutenu par l’Union européenne, prévoit la construction d’un gazoduc sous-marin EastMed, reliant les côtes israéliennes à Italie via Chypre, la Crète, la Grèce continentale et le sud de l’Italie.

Israël était en train de poser ce qui est appelé à devenir le plus long gazoduc au fond de la Méditerranée, qui devrait atteindre l’Europe. Sa longueur sera d’environ 2.000 km.

Ce gazoduc acheminera conjointement le gaz israélien et chypriote vers plusieurs pays européens dont la Bulgarie et la Serbie. Avec une longueur de 2.000 km et une profondeur sous-marine de 3,5 km, il sera le plus long et le plus profond du monde.

«La capacité de ce pipeline de gaz sera assez modeste, seulement 12 milliards de m3 de gaz par an. Israël espère conquérir une petite partie du marché européen avec ses produits énergétiques», a déclaré M.Steinitz.

Le ministre n’a pas précisé quel serait le prix du gaz israélien pour les consommateurs européens.

La construction du gazoduc reliant Israël à l’Europe serait une menace pour les intérêts gaziers algériens selon Alger. L’annonce de la signature d’un accord entre Israël, Chypre, la Grèce et l’Italie pour la construction d’un gazoduc reliant l’État hébreu à l’Europe avec l’aide des Émirats arabes unis a irrité les algériens.

En effet, des experts algériens redoutent à long terme une baisse des exportations de gaz vers le Vieux Continent, ce qui entraînera une chute de ses revenus en devises fortes, constituant ainsi une menace pour les intérêts du pays. Selon ces spécialistes, l’Algérie ne sera touchée qu’en troisième position après la Russie et le Qatar, vu qu’Israël vendra son gaz au début aux pays d’Europe de l’Est et aux Balkans.

Cependant, à long terme, ces mêmes experts craignent qu’Israël prenne de plus en plus de parts de marché en Europe, réduisant ainsi la part des autres fournisseurs dont l’Algérie qui fournit 8% du gaz.

Le second point suscitant l’inquiétude des Algériens serait la possibilité que l’arrivée du gaz israélien sur le marché européen puisse amener les pays consommateurs à privilégier les contrats de courte durée. Alors que les pays producteurs couvrent les coûts de production et arrivent à se faire une marge de bénéfice acceptable en signant des contrats de longue durée avec leurs partenaires européens, selon ces experts.

Souhail Ftouh