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Près de deux semaines après que le ministre israélien du Tourisme, Stas Misezhnikov, ait annoncé ses recommandations pour empêcher que les hôtels du Sud de la Mer Morte ne soient inondés, les ministres israéliens du Tourisme et de l’Environnement ont présenté ce lundi au cours d’une conférence de presse un plan visant à préserver la Mer Morte menacée de disparition. Le projet prévoit notamment une récupération du seul et la création d’un fonds économique d’un montant de 750 millions de shekels.

La mer Morte est plus que jamais en danger. En cinquante ans, elle a perdu un tiers de sa superficie en raison de son évaporation et des apports d’eau insuffisants en retour. La situation est critique ; depuis vingt ans la Mer Morte recule d’un mètre par an. Si rien n’est fait, on prévoit son assèchement total pour 2050. Le Jourdain a aussi perdu 97% de son volume d’eau et pourrait même s’assécher très rapidement si rien n’est fait.

Les conséquences de la disparition de la Mer Morte seront désatreuses pour la région côtière qui vit du tourisme lié aux vertus thérapeutiques de la Mer Morte. Trésor de beauté par ses spectaculaires concrétions minérales blanches, plus lac que mer, la Mer Morte est célèbre à double titre : c’est le point le plus bas du globe terrestre et elle détient, derrière le Lac Rose du Sénégal, le record de salinité.

Cette richesse en sels minéraux confère à l’eau et aux boues de la Mer Morte des vertus reconnues depuis la haute antiquité ; Cléopâtre, dit-on, pratiquait déjà des bains de boue de la Mer Morte pour conserver l’éclat de son teint. A la fois paysage naturel et site spirituel, la Mer Morte est devenue un centre à la fois touristique et religieux, et si ses excellents hôtels se sont tournés vers la santé et le bien être, les découvertes archéologiques en ont fait une destination spirituelle pour les pèlerins qui suivent les traces des rois et des prophètes de l’antiquité et de la Bible.

Plusieurs plans de sauvetage de la Mer Morte ont déjà été proposés. La situation politique des trois pays frontaliés (Israël, Jordanie et Cisjordanie) rend difficile l’accord et la mise en œuvre d’un projet. Toutefois, un plan a été retenu et pourrait finalement aboutir.

Le 9 mai 2005, la Jordanie, Israël et l’Autorité palestinienne ont signé un accord pour commencer des études de faisabilité sur le projet, officiellement appelé “le Canal des Deux Mers”. Il s’agirait d’arrêter la récession de la Mer Morte en construisant un canal à partir des eaux de la Mer Rouge qui traverserait le désert d’Arava entre la Jordanie et Israël. Le canal, en plus d’alimenter la Mer Morte, servirait à fabriquer de l’électricité pour alimenter une station de désalinisation qui fournirait de l’eau potable aux riverains. Un projet ambitieux dont on attend la future réalisation.

Ftouh Souhail

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