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C’est maintenant clair: l’Afrique est une priorité de l’aide israélienne au développement.

Le Premier ministre israélien a décidé de créer un fonds d’investissement doté d’une somme initiale de 50 millions $ pour financer des projets dans une dizaine de pays africains.

Selon la chaîne 2 de la télévision israélienne, M.Netanyahu envisage ainsi de lancer des projets agricoles et de développement technologique dans 22 pays.

La chaîne 2 de la télévision israélienne a annoncé le ministère israélien des Affaires étrangères identifierait en ce moment les pays qui pourraient être bénéficiaires de son soutien. En février 2018, le gouvernement rendra publique sa liste de pays prioritaires pour l’aide. Selon des analystes israéliens, ce choix sera déterminé, entre autres, par des préoccupations de politique étrangère israélienne.

La nouvelle était attendue depuis que le gouvernement israélien a adopté une politique globale de rapprochement avec les pays africains.  Depuis 2011, Israël tente de nouer des relations avec les pays du continent. Dernier exemple en date : l’ouverture de son ambassade au Rwanda, le 28 novembre 2017.

M. Netanyahu a déclaré que la mise en place de relations diplomatiques avec toutes les nations africaines était un objectif stratégique de son gouvernement. L’Etat hébreu cherche à s’assurer du soutien des pays africains dans les institutions internationales.

Du fait que le continent s’enfonce davantage dans la pauvreté et est durement affecté par la crise alimentaire mondiale, des pays africains amis vont bénéficier de ce soutien financier.

Dans les années 50 et 60, Israël se hissait au second rang mondial (derrière la France) par tête de transfert d’expertise dans les pays en développement. Sous l’égide de Golda Meir, le jeune État a accompagné les indépendances, déployant plus de 5.000 experts techniques entre 1958 et 1973, pour le compte de pays du tiers monde ou d’organisations internationales.

Le MASHAV  créé en 1958, dix ans après l’établissement de l’état d’Israël, acronyme hébraïque de L’Agence Israélienne pour la Coopération Internationale au Développement du Ministère Israélien des Affaires Etrangères, s’est engagé à transférer aux pays dans le monde entier le savoir-faire Israélien, dans les domaines social, éducatif et technologique. Le Mashav est désormais présent et actif dans 140 pays du monde.

Une grande partie des programmes de MASHAV est menée conjointement avec des organismes internationales quels le PNUD,UNESCO,USAID, Banque Mondiale etc.

La nouvelle percée de l’État hébreu

Israël fait aujourd’hui son retour sur le continent.

Jérusalem  a établit une stratégie claire et cohérente en vue d’allouer des ressources à des domaines clés du développement en Afrique, entre autres l’agriculture, la technologique, la santé, les droits des femmes, la démocratie et la gouvernance.

De nombreux pays d’Afrique subsaharienne à majorité musulmane, comme le Tchad, le Niger ou le Mali, font actuellement face à         une poussée de l’islam radical et pensent qu’Israël, avec son expérience et sa technologie dans le domaine de la lutte anti-terroriste pourra les aider.

«Israël fait aujourd’hui son retour sur le continent, avec des considérations purement économiques et moins idéologiques. La concurrence est âpre, mais nous avons deux avantages: Israël n’a pas de passé colonial dans la région, et nos entreprises sont prêtes à faire du transfert de technologie», commente Dan Catarivas, responsable des affaires internationales de l’Association des industriels israéliens (MAI).

Israël lorgne sur le potentiel d’expansion commerciale constitué par les pays africains : Certes, l’Afrique est marginale dans le commerce extérieur israélien. Elle ne représente que 5% des exportations israéliennes, soit 2,3 milliard de dollars en 2016 (pour l’essentiel en direction de l’Afrique du Sud et de l’Égypte), et 1% de ses importations (952 millions de dollars). Il n’empêche que depuis quelques années, le secteur privé passe à l’offensive.

Les grands noms israéliens des télécoms, de l’agriculture ou de l’irrigation sont déjà bien positionnés en Afrique.

L’entreprise israélienne, ECI Telecom, leader mondial des plates-formes de communication haut-débit est bien implanté en Afrique depuis 2007. Établie à Petah Tikva, dans le centre du pays, ECI, qui réalise une activité de 100 millions de dollars (68,2 millions d’euros) avec 16 pays africains, espère doubler ce chiffre à l’horizon 2027.

Inventeur de l’irrigation goutte-à-goutte, l’entreprise israélienne Netafim s’est abord implanté dans les zones de grandes cultures (banane, ananas…) à la demande des multinationales en Afrique. A la fin des années 90, le groupe est contacté par la Banque mondiale pour introduire au Nigeria un nouveau système d’irrigation fonctionnant sans pompe, ni pression.

Baptisé «Family Drip System» (FDS), le dispositif dessert aujourd’hui 300 exploitations à l’est du Kenya, dans le cadre d’une opération orchestrée par  l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le Sénégal et le Cameroun l’ont également adopté.

«Moyennant un apport symbolique de 10 dollars, les exploitants sont formés à l’utilisation d’un système qui leur permet d’augmenter leurs récoltes de 140% et d’économiser 60% en eau», confie Naty Barak, en charge du développement durable chez Netafim, qui réalise 10% de son chiffre d’affaires africain via le FDS, et relaie également l’expertise israélienne de l’agriculture en milieu aride voire désertique.

A côté de cette activité «à caractère humanitaire», le groupe travaille sur des mégaprojets dans la canne à sucre ou l’huile de palme.

Les pays ayant soutenu les Etats-Unis invités à une réception de Nikki Haley

Dans ce droit fil, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a reçu  les pays ayant soutenu les Etats-Unis lors d’un vote en décembre de l’Assemblée générale de l’ONU condamnant la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, selon la mission américaine aux Nations unies.

Sous le titre « Une super soirée d’amis », Nikki Haley a publié ou fait publier par sa mission sur Twitter plusieurs photos la montrant entourée d’ambassadeurs et d’ambassadrices lors d’une réception organisée à New York.

« Il est facile à des amis de se retrouver dans les bons moments. Mais ce sont les amis qui sont avec vous durant les moments difficiles qui ne seront jamais oubliés. Merci aux 64 », a déclaré l’ambassadrice citée dans un tweet de la mission américaine à l’ONU.

Le 21 décembre, quatre jours après un veto américain au Conseil de sécurité sur une résolution condamnant la reconnaissance américaine, approuvée par les 14 partenaires de Washington dans cette instance, l’Assemblée générale de l’ONU (193 pays) avait largement dénoncé lors d’un vote la décision de Donald Trump.

Cent vingt-huit pays, dont de nombreux alliés de Washington comme la France et le Royaume-Uni, ont voté en faveur de cette condamnation. Neuf États avaient voté contre, dont les Etats-Unis et Israël. Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, la Pologne ou la Hongrie, s’étaient abstenus et vingt-et-un n’avaient pas pris part au scrutin.

L’ensemble de ces 64 États a été considéré par Washington comme soutenant la position américaine. Ces 64 pays avaient en conséquence été invités à la réception annoncée fin décembre par Nikki Haley et qui s’est tenue la semaine dernière. Il n’a pas été possible de confirmer de manière indépendante la présence de la totalité de ces 64 États car la soirée était fermée aux médias.

Avant le vote du 21 décembre, Nikki Haley avait averti qu’elle prendrait « les noms » des pays qui s’opposeraient à la décision des Etats-Unis sur Jérusalem et que Washington ne les oublierait pas. Cette semaine, Donald Trump a menacé d’arrêter le soutien financier des Etats-Unis aux Palestiniens, suscitant leur colère et indignation.

Souhail Ftouh

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