Israël un pays de droit: la star Bar Refaeli sera inculpée avec ses parents pour fraude fiscale


La cour de district de Lod a ordonné au top-model israélien Bar Refaeli de rembourser la somme de 16 millions de shekels (4 millions d’euros) d’impôts sur le revenu qu’elle aurait dissimulé aux autorités fiscales.

La cour a rejeté l’appel de la top-model contre sa facture fiscale en suspens alors que l’Etat se prépare à l’inculper avec ses parents pour fraude fiscale et blanchiment d’argent

L’équipe d’avocats de Refaeli a affirmé devant le juge lors d’une audience qui a eu lieu la semaine dernière qu’au cours de la période incriminée – les années 2009 et 2010 – la mannequin était résidente permanente à l’étranger et qu’elle n’avait donc eu aucun impôt israélien à payer.

Les juristes ont évoqué la relation qu’entretenait à l’époque Refaeli avec l’acteur de Hollywood Leonardo DiCaprio, clamant qu’elle vivait à ses côtés aux Etats-Unis à cette époque.

Mais le magistrat a rejeté ces affirmations, se plaçant du côté des autorités qui ont insisté sur le fait que Refaeli vivait à Tel Aviv en 2009 et 2010.

Le tribunal a statué que, dans la mesure où elle ne pouvait être considérée comme résidente à l’étranger sous les termes de la loi israélienne, Refaeli devait s’acquitter de la lourde note fiscale soumise par l’Autorité des taxes reçue au mois de juin dernier.

Le jugement a été prononcé la semaine dernière mais n’avait pas été révélé avant ce lundi 22 avril 2019.

Les avocats de Refaeli ont juré de faire appel devant la cour suprême, affirmant au site d’information Ynet que le jugement de la cour de Lod « avait ignoré des faits de base » dans le dossier de la top model.

Refaeli aurait dissimulé environ 23 millions de shekels aux impôts

Selon le ministère de la Justice, Refaeli aurait dissimulé environ 23 millions de shekels aux impôts entre les années 2009 et 2012. Cette facture émise par les autorités fiscales concerne ses revenus entre 2009 et 2010, qui ont été estimés à 16 millions de shekels.

Les autorités affirment que Refaeli a menti en affirmant qu’elle vivait majoritairement à l’étranger à l’époque et qu’elle n’avait pas déclaré ses revenus, les cadeaux et les rabais dont elle a bénéficié à cette période.

Lorsque les enquêteurs se sont penchés sur son lieu de résidence américain, les autorités fiscales des Etats-Unis avaient fait savoir à leurs homologues israéliens que Refaeli était inscrite dans le registre des « non-résidents ». Il avait également été établi que, pendant cette période, Refaeli ne possédait rien hors du territoire israélien et qu’elle n’avait ni habitation, ni véhicule enregistré à son nom aux Etats-Unis.

Selon les autorités israéliennes, Refaeli vivait dans deux appartements luxueux de Tel Aviv loués sous les noms de sa mère et de son frère pour tenter de dissimuler son pays de résidence.

De plus, les autorités ont indiqué que Refaeli avait fondé des entreprises à l’étranger et qu’elle avait ouvert des comptes bancaires dans différents pays pour cacher ses revenus. Elle aurait également passé sous silence des contrats promotionnels passés avec les firmes automobiles de luxe Range Rover et Lexus.

Ce jugement survient alors que les procureurs d’Etat se préparent à inculper Refaeli, aux côtés de ses parents, pour différents délits fiscaux à hauteur de dizaines de millions de shekels. Au mois de janvier, les procureurs d’Etat avaient informé Refaeli, ainsi que ses parents Tzipi et Rafi, qu’ils prévoyaient de les inculper pour blanchiment d’argent et évasion fiscale.

Les déboires judiciaires de Refaeli ont commencé au mois de décembre 2015. Elle avait alors été interrogée pendant 12 heures par les autorités fiscales, dans leurs bureaux de Tel Aviv. Elle était initialement soupçonnée de ne pas avoir fait part d’une somme d’un montant d’un million de shekels, issue d’avantages touchés en raison de sa célébrité.

D’autres révélations faisant surface, le montant allait ensuite atteindre des dizaines de millions de shekels.

Malgré les inculpations qui planent sur elle, Refaeli sera l’une des présentatrices de l’édition 2019 de l’Eurovision organisée à Tel Aviv, le mois prochain. Au mois de janvier, les médias israéliens avaient fait savoir que les organisateurs du concours avaient donné leur feu vert malgré l’inquiétude d’une polémique, mais aussi que Refaeli ne soit trop préoccupée par ses affaires judiciaires pour consacrer du temps au spectacle.

La mannequin – dont le visage est devenu l’un des plus connus à l’international en raison des nombreuses campagnes auxquelles elle a participé – apparait régulièrement dans les magazines people en Israël et aux Etats-Unis.

Souhail Ftouh