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Les pélerins hindous viennent se purifier l’âme et le corps dans le Gange

Des responsables indiens seront en visite en Israël la semaine prochaine pour évaluer la possibilié de recourir à des technologies israéliennes pour nettoyer le fleuve du Gange. Le contrat est estimé à 3 milliards de dollars.

Ce fleuve important dans l’Inde du Nord est long de 3 000 km. Son bassin couvre 907 000 km2 et son delta est commun avec celui du Brahmapoutre (1) . Le Gange fait partie des sept rivières sacrées de l’Inde. En 1985, le Gange a été proclamé « héritage national » et une Autorité centrale du Gange fondée.

La pollution du fleuve sacré est un grand probléme en Inde. En 2008, l’association environnementale WWF a classé le Gange parmi les dix rivières les plus menacées au monde.

Le rejet des eaux usées non traitées est responsable à 75% de la pollution croissante de la rivière sacrée, le reste étant causé par les industries. En effet, seulement 20% des eaux sales des villes bénéficient d’un traitement avant d’être rejetées dans le Gange. Les installations actuelles ne permettent de traiter que 1 000 millions de litres d’eaux usées par jour… Alors que les villes du Gange rejettent actuellement 3 000 millions de litres par jour.

On estime que chaque jour le Gange reçoit les restes de quelque 475 cadavres humains ainsi que de 1 800 tonnes de bois utilisées pour les crémations, auxquels s’ajoutent les 10 000 carcasses d’animaux qui y sont abandonnées, ce qui est une importante cause de pollution.

La capitale New Delhi déverse quotidiennement 250 000 mètres cubes d’eaux usées domestiques et 20 000 mètres cubes d’eaux usées industrielles qui finiront par se déverser dans le Gange.

Diverses méthodes ont été envisagées pour aider à sa dépollution, comme l’installation de stations d’épuration et leur raccordement à des centaines de kilomètres d’égouts, la construction de milliers de toilettes publiques et de crématoires électriques – comme ceux de Vârânasî – mais ils ne sont guère utilisés que par les indigents.

Les premières analyses qui ont été effectuées en 1986, dans un affluent où se déversent les égouts de Vârânasî (une ville importante de l’État indien de l’Uttar Pradesh) et qui se jette lui-même dans le fleuve en aval de la ville, ont révélé un taux de coliformes fécaux de 1,5 million d’unités par décilitre, le maximum autorisé étant de 500 unités.

Le Gange possède cependant des capacités d’autoépuration (ou autodépollution) conséquentes, c’est-à-dire que par l’action des bactéries et le transfert d’oxygène depuis l’atmosphère par la surface du fleuve, une grande partie de la pollution organique peut être éliminée en quelques kilomètres. Cette autoépuration n’empêche pas que sa qualité soit très dégradée par ces rejets.

Un nouveau programme de nettoyage du Gange a été lancé et vise à réduire drastiquement la pollution du fleuve sacré dans les dix prochaines années. Les missions se sont succèdé vainement depuis plus de vingt ans (2).

La mission « Clean Ganga » veut en découdre définitivement avec le problème de la pollution du Gange. Son principal objectif selon le quotidien The Hindu : d’ici 2020, les eaux usées des villes et des industries devront subir un traitement complet avant d’être déversées dans le Gange. Le coût du projet, estimé à 250 milliards de roupies (plus de 3 milliards dollars).

Le gouvernement indien veut tout mettre tout en œuvre pour mobiliser des fonds. Il a négocié un prêt d’un milliard de dollars avec la Banque mondiale.

La National Ganga River Basin Authority (NGRBA) attend beaucoup du nouveau progamme du « Clean Ganga », qui ve sa baser sur les technologies israéliennes davantage centrée sur le traitement des eaux usées.

Les technologies israéliennes du traitement de l’eau sont reconnues comme l’une des plus innovantes et renommées dans le monde.

Les représentants des Etats les plus concernés, notamment du Bihar et de l’Uttarkhand, ainsi que la National Ganga River Basin Authority (NGRBA) vont se réunir avec des expertes et des sociétés israéliennes spécialisées : AGM, Diffusaire, Miltel, PML et Tal-Ya.

Israël et l’Inde ont signé déjà, en février 2012, un accord clé sur les technologies de traitement des eaux. L’entente comprend l’évolution de la recherche et du développement conjointement dans les domaines de la gestion des ressources, des eaux usées et de drainage.

Le Ministre israélien de l’Energie et des Ressources Eau, Uzi Landau, a fait remarqué qu’Israël est l’un pays leader dans les technologies liées à l’eau. 93 % des eaux usées d’Israël sont traitées et près de 80 % recyclées.

Ftouh Souhail

(1) Le Gange est un des 5 plus grands fleuves du monde grâce à son débit, il traverse l’Inde du nord et s’écoule de l’Himalaya, au confins du Tibet, au delta du Bengale, entre les monts Vindhya et l’Himalaya

(2) En avril 1985, un premier projet est lancé, Ganga Action Plan I, GAP 1, suivi par GAP 2 entre 1993 et 1996. Deux échecs, malgré la somme considérable de 30 milliards de roupies (plus de 400 millions d’euros) investie.

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