Jérusalem et Vilnius vont accroître leur coopération en matière de cyber-sécurité

 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré cette semaine son homologue lituanien, Saulius Skvernelis. Ils ont discuté d’une coopération dans le secteur des technologies, du commerce, des affaires et du tourisme.

En amont de la rencontre, Benjamin Netanyahu avait souligné la signature par les deux pays d’une « déclaration d’intention d’accroître leur coopération en matière de cyber-sécurité », la considérant comme « un seul exemple de la coopération croissante entre nous. »

Rappelant le passé tragique des juifs de Lituanie, la quasi-totalité d’entre eux ayant « été assassinée par les nazis et leurs collaborateurs » pendant la Shoah, Netanyahu a déclaré que les Juifs « absolument sans défense » disposaient désormais d’un « pays sûr et puissant ».

Évoquant ses propres origines lituaniennes, il a fait savoir que les deux dirigeants bâtissaient désormais « un pont entre le passé et le futur ».

Les deux pays développent aujourd’hui une coopération dans le domaine de la sécurité pour traiter ensemble des incidents cybernétiques.

Le Premier ministre de Lituanie a prononcé un discours d’ouverture au Forum Cybertech 2019 à Tel Aviv.

 Le 28 janvier 2019 , le vice-ministre de Lituanie de la Défense nationale, Edvinas Kerza, et le directeur général de la Direction nationale de la cyber-sécurité israélienne ont signé une déclaration d’intention sur la coopération en matière de cybersécurité à Tel-Aviv.

La Lituanie a joué un rôle de premier plan en proposant d’abord une solution pratique pour renforcer la défense collective dans le cyberespace et contrer les menaces dans une nouvelle dimension. En 2018 une nouvelle force européenne de cyber-réponse a été mis en place à l’initiative de la Lituanie.

Selon les données du centre national de cybersécurité en Lituanie relevant du ministère de la Défense nationale, le nombre d’incidents cybernétiques est de plus en plus sophistiqués augmente chaque année.

Des cyber équipes des deux pays vont travailler ensemble avec des exercices continus, conjoints et des perspectives de création d’outils de cyberdéfense mutuelle.

Le 18 janvier 2018 , la Lituanie a été confrontée à une cyberattaque visant le site TV3.lt, l’une des chaînes de télévision les plus populaires. L’adresse IP initiale des pirates a conduit jusqu’à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Les pirates ont inséré de fausses informations sur le ministre de la Défense nationale, Raimundas Karoblis, prétendant qu’il était gay et qu’il était accusé de harcèlement sexuel par un journaliste de radio lituanien bien connu et par quelques diplomates. Contrairement aux précédentes cyberattaques contre la Lituanie, cette fausse histoire a été écrite en bon Lituanien.

Le site Web TV3.lt a supprimé le faux article dans les cinq minutes, et le Centre national de cybersécurité (NCSC) de Lituanie a rapidement entamé son enquête. Fait important, la cyberattaque a eu lieu deux jours après que la Lituanie ait publié sa liste Magnitsky de 49 noms de citoyens russes interdits d’entrée en Lituanie.à

En juin 2018, La banque chargée de maintenir la stabilité des prix en Lituanie (Lietuvos bankas) a été la cible de pirates qui visaient plusieurs plateformes destinées à fournir des services en ligne aux clients.

En juin 2017, la Lituanie a signalé avoir trouvé des logiciels espions russes sur trois ordinateurs du gouvernement lituanien.

En 2008, un certain nombre de sites officiels lituaniens ont été piratés et défigurés avec des pancartes soviétiques et des slogans anti-lituaniens en réponse à l’interdiction par la Lituanie de l’utilisation de symboles nazis et soviétiques.

Pendant les guerres que la Russie a récemment menées contre les États voisins souverains – Géorgie (2008) et Ukraine (depuis 2014) – les cyberattaques ont été utilisées comme moyens en appui des forces conventionnelles.

Ces cyberattaques répétées en provenance de Russie, qui se considère comme héritière de l’URSS, font partie de la stratégie globale du revanchisme anti-occidental du Kremlin visant à dissoudre l’ordre international dirigé par les Etats-Unis.

Quand on sait que la cyber-hostilité russe est dirigée non seulement contre ses voisins immédiats, mais aussi contre les principaux États occidentaux, il est donc essentiel de comprendre pourquoi la Lituanie se tourne vers Israël pour rechercher les solutions les plus efficaces pour renforcer ses capacités cyber et numériques.

La Lituanie se tourne vers Israël pour lutter contre la cyber-offensive

La Lituanie trouve en Israël le meilleur partenaire dans la lutte contre les attaques cybernétiques. Israël est le deuxième pays au monde en matière d’exportation de cyber-sécurité.

Les exportations israéliennes de produits et services liés à la sécurité informatique, l’an dernier ont atteint 3,7 milliards de dollars soit environ 7% du marché mondial, soit plus que toutes les nations du monde à l’exception des Etats-Unis.

Les exportations d’Israël dans le domaine du cyber représentent 3 fois et demi les exportations des Royaumes-Unis dans le domaine.

Les entreprises israéliennes ont soulevé en 2018, 305 millions de dollars en financement des investissements, un chiffre qui représente 16% du capital global investi dans le domaine de la cybersécurité. Selon les données, 17,5 pour cent de toutes les entreprises du monde entier qui attirent des investissements liés à la cyber-sécurités sont israéliennes.

L’industrie de la cyber-sécurité comprend 23 centres de recherche-développement d’entreprises financées par des multinationales et 420 entreprises en démarrage local.

En parallèle, Israël investit des centaines de millions de shekels chaque année sur les infrastructures visant à transformer la ville du désert, Beersheva, en « plaque tournante de la cyber-sécurité mondiale.

Le parc technologique de Beersheva permet la présentation de la philosophie israélienne en matière de cybersécurité, de son concentré unique de pratique et de théorie, d’interdisciplinarité, d’intérêts publics et privés.

Avec sa mission de faire de la région une source majeure de talent et d’expertise, en particulier dans le domaine de la cybersécurité, le parc a attiré des multinationales considérables et leurs centres de recherche et de développement, ainsi que des entreprises du capital-risque, des laboratoires de recherche avancée, l’Institut national de cyber-étude et les équipes du service national des cyber-urgences. De plus, l’Unité 8200  a  déplacé   ses unités de stratégie technologique sur le même campus.

Souhail Ftouh