| More

Israël célèbre aujourd’hui « La journée internationale des travailleurs », une fête internationale annuelle célébrant les travailleurs. (En Israël, on ne chôme pas le 1er mai, bien que l’État Juif ait été fondé par des militants socialistes.).

En cette Journée mondiale un hommage est toujours rendu aux syndicalistes américains qui ont obtenu la journée de huit heures, les Européens qui instituent une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs».

Mais il y’a un petit pays au Proche Orient, dans lequel on reconnaît et on respecte les droits et libertés de tous ses travailleurs. Ce pays est Israël, qui a accueilli et absorbé des centaines de milliers de travailleurs arabes. Dans ce pays libre et démocratique aucun syndicaliste, même arabe, ne pourrit en prison parce qu’il est syndicaliste.

Tout le monde a entendu parler de la Histadrouth. Elle est l’organisation syndicale de tous les travailleurs organisés d’Israël.

La Histadrouth est réputée être la principale centrale syndicale israélienne. Elle est liée par la plupart des organisations syndicales de par le monde, notamment de France, autant par l’intermédiaire des organismes internationaux que dans le cadre de rapports bilatéraux. Elle est affiliée à la Confédération syndicale internationale.

La Histadrouth fut fondée en 1920. Son nom complet est “Fédération générale des travailleurs hébreux en Terre d’Israël” (“histadrouth” signifie fédération). Les statuts adoptés stipulaient qu’elle “réunit tous les travailleurs dans le pays qui vivent de leur propre travail sans exploiter le travail d’autrui, dans le but d’arranger toutes les affaires communales, économiques et culturelles de la classe travailleuse du pays, pour l’édification de la société du travail en Terre d’Israël”

Les objectifs assignés à la Histadrouth dépassaient largement le cadre syndical: amélioration de la productivité, gestion des embauches, formation professionnelle, fonds de secours mutualisés, organisation de coopératives, cultures de terres, accueil d’immigrants…

Plusieurs efforts entrepris par la Histadrouth furent couronnés de succès. L’organisation établit, sous son contrôle, un réseau étendu de sociétés de production, de services, d’institutions bancaires : en 1921, la Bank Hapoalim (Banque des Travailleurs); en 1923, la société de construction Solel Boneh (Infrastructures et Bâtiments) ; en 1935, la compagnie de bus Egged; en 1937, la société de services d’eau Mekorot; en 1945, la compagnie maritime Zim.

La Histadrouth intégra également le programme de services d’assistance médicale qui avait été instauré en 1911. En bénéficier impliquait d’office être adhérent de la Histadrouth. Par ailleurs, l’appartenance aux organismes dirigés par la Histadrouth donne accès à un système d’assurance chômage et vieillesse (1).

En décembre 1952, la Histadrouth décida d’admettre les travailleurs arabes au sein de son département des affaires syndicales. Ils pouvaient désormais bénéficier de ses services d’assistance médicale ainsi que de ses fonds d’assurance chômage et de vieillesse.

En 1966, la Histadrouth changea officiellement son nom en “Fédération générale des travailleurs en Terre d’Israël” (éliminant le qualificatif “hébreux”).

Immédiatement après la guerre de 1967, le gouvernement israélien mit en place une politique d’autorisation d’entrée pour les travailleurs palestiniens des territoires disputés de Judée Samarie et de la bande de Gaza.

Cela a permit l’émission des papiers à des milliers de travailleurs palestiniens. La décision à cet égard, adoptée le 7 juillet 1968, stipulait que le nombre de permis pouvant être délivrés soit fixé par le ministère du travail en consultation avec les autorités et la Histadrouth. Au-delà de cette réglementation, un système plus élaboré fut instauré en octobre 1970. La Histadrouth attribuait aux palestiniens toutes les autorisations d’embauche aux entreprises israéliennes et leur octroie le droit de se voir appliqués les accords collectifs. L’Administration d’immigration, en collaboration avec la Histadrouth, aide les arabes palestiniens à trouver du travail en Israël.

En 1995, la Histadrouth signa un accord-cadre pour la coopération avec la PGFTU (Fédération générale syndicale palestinienne, principale organisation syndicale existant dans les territoires occupés de Cisjordanie et de la bande de Gaza), selon lequel l’Administration nationale de l’emploi devait transférer directement à la PGFTU 50 % des cotisations (lesquelles s’élèvent à 1 % environ des salaires) des travailleurs palestiniens en Israël, les autres 50 % étant retenus par la Histadrouth pour financer leur représentation syndicale. Cet accord fut suivi d’un autre en 1997, portant sur l’assistance apporté par des avocats de la Histadrouth.

La Histadrouth en tant que Fédération syndicale générale est un organisme qui se place aux côtés des tous les travailleurs sans distinction. La Histadrouth est animé par l’idée d’égalité sociale et la solidarité ouvrière. Sans la Histadrouth, il aurait été impossible de défendre les droits des travailleurs arabes palestiniens

Fière de ses principes de syndicalisme “libre” et “internationaliste”, elle accorde aux travailleurs palestiniens les droits et libertés fondamentales octroyés aux travailleurs dans toutes les sociétés démocratiques. Cela inclut la liberté d’association, la liberté d’expression, et le droit de grève pour des salaires plus équitables et des conditions de travail meilleures.

Elle aide aujourd’hui aider à développer la Fédération générale de syndicats palestiniens [PFGTU], et aussi contribue à réhabiliter les associations professionnelles en Judée Samarie.

Je donnerai un dernier exemple de cette démarche. La Histadrouth a mis en place le Jewish- Arab- Institut. Cet organisme, syndical par son origine, est chargé de veiller au respect de l’égalité des droits entre tous les salariés. Il doit pointer les discriminations qui peuvent exister en Israël. L’institut a pour rôle principal de favoriser les relations entre les travailleurs Arabes israéliens et les travailleurs Juifs. Pour poursuivre cet objectif, le responsable nommé par la fédération générale des travailleurs d’Israël, Farouk AMROUR, est un arabe israélien !

Ces efforts sont cohérents avec les orientations politiques mises en avant par l’Etat Juif, en faveur de la coexistence avec la population arabe.

David Ben Gourion (secrétaire général de la Histadrouth de 1920 à 1935) affirma en 1921 que c’est “le travailleur juif conscient et cultivé, dont la mission historique est l’édification d’une communauté libre des travailleurs en Eretz Yisrael, qui doit diriger le mouvement de la libération et renaissance des peuples du Proche Orient” et “éduquer le travailleur arabe à vivre une vie de travail ordonnée et basée sur la coopération, la discipline et responsabilité mutuelle”

Ftouh Souhail, Tunisie

(1) Cependant, aux alentours de 1990, la Histadrouth entama un processus de changement structurel. Il était motivé et sous-tendu à la fois par les transformations générales touchant l’économie capitaliste mondiale, et par des facteurs concrets au plan national, en particulier l’adoption d’une législation qui priva la Histadrouth de son monopole en ce qui concerne le système de services d’assistance médicale.

Leave a Reply

*