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L’émissaire américain David Hill a rencontré mercredi le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah. Hill a transmis au leader du Fatah une demande officielle de Washington suggérant à l’AP de mettre en suspens son projet de demande de reconnaissance d’un Etat palestinien. Abbas a imposé une fin de non-recevoir à la requête américaine.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et l’envoyé spécial du Quartette sur le Proche-Orient Tony Blair ont évoqué mardi soir à Ramallah le processus de paix au Proche-Orient et la demande d’adhésion d’un Etat palestinien à l’Onu.

Abbas a confirmé que les Palestiniens étaient “attachés au processus de négociations, mais l’intransigeance d’Israël et son refus de respecter les résolutions internationales sur le règlement de paix, tout comme celui de geler la construction en Judée-Samarie et à Jérusalem-est avaient poussé les Palestiniens à demander à l’Onu la reconnaissance de leur Etat”. Les Palestiniens déclarent qu’aucune pression ne les fera renoncer à leur démarche à l’Onu.

La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton s’est entretenue ce mardi par téléphone avec le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a annoncé Washington. Mme Clinton a demandé au leader du Fatah “de continuer à travailler dur avec nous pour éviter un scénario négatif à New York à la fin du mois”, a rapporté la porte-parole Victoria Nuland. Abbas a reccu ce mercedrdi David Hale, émissaire américain pour le Proche-Orient.

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat a déclaré que l’Autorité palestinienne soumettra une demande de reconnaissance d’un Etat palestinien à l’ONU, même si Israël présente de nouvelles initiatives pour relancer les négociations.

L’ambassadeur palestinien à l’Onu, Riyad Mansour, a indiqué que les Palestiniens pourraient réussir à rehausser le niveau de leur statut à l’Onu, et passer d”’entité observatrice” à celui de ”pays non membre”. Selon Mansour, l’objectif final ”est de devenir membre à part entière de l’Onu, comme l’a fait le Sud-Soudan. Si la procédure échoue, nous pourrions obtenir un statut similaire à celui du Vatican”.

Même si la demande palestinienne pourrait obtenir l’approbation de l’Assemblée générale, une véritable reconnaissance par l’ONU nécessiterait le feu vert du Conseil de sécurité, au sein duquel les Etats-Unis ont déjà fait savoir qu’ils mettraient leur veto à toute initiative palestinienne en absence d’un accord de paix négocié.

Les États-Unis ont indiqué qu’ils opposeraient leur véto à ce vote ; ce véto ne sera utile que si plus de 9 pays votent pour la proclamation unilatérale de cet État.

Les États-Unis ont déjà utilisé leur pouvoir de veto dans des circonstances un peu similaires: dans les années 50 et 60, Washington avait régulièrement mis son veto aux résolutions de l’Assemblée générale réclamant que la Chine prenne le siège occupé alors par Taïwan sous le nom de République de Chine. AP

Le conseiller de Mahmoud Abbas et secrétaire général du Fatah, Yasser Abed Rabo, a déclaré, mardi, avant l’arrivée d’une déclaration américaine à Ramallah, que “les Palestiniens ne cèderont pas aux pressions de Washington concernant l’initiative unilatérale de reconnaissance d’un Etat palestinien devant l’Onu le 20 septembre prochain”. Selon le responsable palestinien, “il y a peu de choses que les Américains puissent faire pour modifier le plan des Palestiniens”.

Ftouh Souhail

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