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Le roman de l’Israélien David Grossman, “Une femme fuyant l’annonce” (Seuil), a remporté à l’unanimité vendredi le Prix Médicis Etranger. L’écrivain israélien décrit une femme qui, pour éviter d’apprendre la mort de son fils soldat, quitte son foyer. Pendant qu’il écrivait ce roman, son propre fils a trouvé la mort pendant la seconde guerre du Liban en 2006.

L’écrivain de 57 ans a choisi une mère comme personnage principal car pour lui la femme représente “le pilier de la famille”.

Dans ce roman de près de 700 pages, bouleversant mais dénué de sensiblerie, David Grossman se glisse dans la peau de cette femme, séparée depuis peu de son mari, Ilan.

“Les hommes aussi ont peur pour leurs enfants, surtout dans notre pays, mais l’amour d’une mère est plus viscéral. Et Ora est un être humain sans fard, avec toutes ses contradictions” dit l’écrivain.

Le roman – emporté par Barack Obama en vacances l’été dernier -, commence par un fascinant prologue, à trois voix, celles d’Ora, Ilan et Avram, écho de leur jeunesse blessée.

« Je suis surpris et très heureux. C’est une grande satisfaction de voir qu’une histoire aussi intime, l’histoire d’une femme, résonne dans d’autres cultures et d’autres pays », a déclaré David Grossman à l’annonce du prix.

Né à Jérusalem en 1954, David Grossman est originaire de Galicie. Grossman a étudié la philosophie et le théâtre à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il a travaillé comme correspondant à Kol Israel, la radio nationale d’Israël.

Il s’est rendu célèbre par sa première œuvre, Le vent jaune où il décrivait la vie des Palestiniens sous « l’occupation de l’armée israélienne. » Cet ouvrage lui vaudra l’accusation de trahison par le premier ministre de l’époque, Yitzhak Shamir. Ses livres ont été traduits dans de nombreuses langues.

En 1984, il remporta le prix du Premier Ministre pour une œuvre créative et était considéré comme candidat au Prix Nobel de littérature

Il a reçu en 2010 le Prix de la Paix des éditeurs et des libraires allemands. Son oeuvre est parcourue de réflexions sur l’identité israélienne, sur la peur de l’autre et sur la violence.

Il a aussi publié des essais engagés qui ont ébranlé l’opinion israélienne et internationale, dont Le Vent jaune, qui porte sur la souffrance des Palestiniens, écrit avant la première Intifada.

Son prochain roman s’intitule en anglais “Falling out of time”. C’est un mélange de prose et de poésie, difficile à traduire de l’hébreu selon lui.

Grossman vit à Mevasseret Zion près de Jérusalem. Il est marié et père de 3 enfants, Jonathan, 28 ans, Ruth, 18 ans et Uri, qui a été tué au combat le 12 août 2006 au Liban, peu de temps avant son 21e anniversaire.

Ftouh Souhail

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