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Comment en arrive-t-on à verser dans la barbarie ? La barbarie a toujours été là ; elle n’a pas de frontières ; elle est tapie à nos portes et compte sur notre indifférence grandissante.

Dans une stèle assyrienne, le roi Assurnasirpal (9e siècle avant l’ère courante) se vante d’avoir recouvert une colonne avec la peau de ses ennemis : « Je bâtis un pilier devant la porte de la ville et j’écorchais tous les chefs qui s’étaient révoltés contre moi et j’étalais leur peau sur le pilier. Certains d’entre eux, je les emmurais dans le pilier, d’autres je les empalais sur des pieux. […] Je coupai les bras ou les mains ; d’autres je coupai le nez, les oreilles. J’arrachais les yeux de nombreux soldats. Je fis une pile de vivants et une autre de têtes.1 » Ceux qui suivent de près les actualités en Syrie via les messages YouTube des Twitter, peuvent assister au jour le jour à un macabre musée des horreurs — corps torturés et calcinés, exécutions sommaires — tout comme si l’humanité n’avait pas évolué.

La barbarie a toujours été là.

La barbarie s’est manifestée partout. L’une des nations les plus civilisées, l’Allemagne, a versé dans la cruauté monstrueuse. La barbarie s’est manifestée à nouveau au Darfour, au Rwanda, en Bosnie et la liste est bien longue.

La Barbarie n’a pas de frontières.

Piégée par une propagande à grande échelle, l’Allemagne fut endolorie par la machine de propagande nazie qui attisa sans cesse le désir d’assouvir la revanche contre la perception d’humiliation nationale ressentie après le traité de Versailles. De nos jours, les moyens de propagande décriant la prétendue islamophobie généralisée sont invasifs et la perversion de l’enseignement de la haine par le biais de l’Internet constitue un moyen de propagande ubique qui endoctrine et fanatise.

La barbarie est tapie à nos portes.

Qui plus est, un cynisme à toute épreuve voit en toute nouvelle situation machination et conspiration, au point de rendre floue la différenciation entre l’essentiel et le marginal. Cet aveuglement déclenche à son tour des résistances et des réactions qui multiplient les incompréhensions et propagent l’apathie.

La barbarie compte sur notre indifférence grandissante.

Il semble bien qu’en l’homme sommeillent un ange et un démon qui luttent chacun de son côté pour regagner le terrain perdu.

David Bensoussan

(1)  Roux, La Mésopotamie, Éditions du Seuil, p.335

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