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La pénurie mondial de beurre apparaît comme une vraie menace pour l’année 2018 et entraîne un vent de panique sur les marchés.

La faute revient à la Chine ou la demande de beurre ne cesse de progresser. Une hausse attribuable au retour en grâce de la matière grasse animale, après trente ans de dédain de la part des nutritionnistes, mais aussi un goût prononcé pour les viennoiseries au beurre, pour les chinois (croissants, tartes, brioches, biscuits et autres jambon-beurre. )

Face à cette explosion de la demande, la production laitière a baissé en Nouvelle-Zélande, plus gros exportateur mondial de lait, ainsi qu’en Europe, où la fin des quotas laitiers il y a trois ans avait provoqué une surproduction et donc une chute des cours poussant les éleveurs à réduire leurs tonnages.

L’offre de beurre s’avère donc insuffisante alors que la demande ne cesse de croître, avec notamment l’apparition de nouveaux clients à l’international, notamment en Chine et au Japon, qui copient certains modes de consommation alimentaires occidentaux. Mécaniquement, les cours se sont envolés.

En conséquence les prix du beurre industriel se sont envolés : payé 2 500 euros la tonne en 2016, les cours du beurre ont atteint 8 000 euros la tonne début 2018 . La hausse a touché de plein fouet l’industrie agroalimentaire, qui a vu ses coûts exploser mais n’a pas pu pour autant les transférer dans la grande distribution, qui fixe les prix annuellement. Les professionnels de la boulangerie et de la biscuiterie s’alarment du coût d’une de leurs matières premières.

Contrairement à la poudre de lait, l’UE ne détient aucun stock de beurre à injecter sur le marché pour faire baisser les cours.

La France est aussi en proie à une crise des producteurs laitiers et une pénurie de beurre. Derrière cette situation et les inquiétudes qu’elle engendre se profile les impacts qui se répercutent sur les prix des diverses pâtisseries. La pénurie a eu un impact aussi directement sur l’approvisionnement des magasins en France.

Aux États-Unis aussi, la consommation de beurre a augmenté de 8% en un an. La chaîne McDonlad’s a remplacé la margarine par du beurre.

Les produits laitiers israéliens s’exportent de plus en plus, notamment vers la Chine.

Alors que la demande, en Chine, progresse à pas de géants entraînant une pénurie de produits laitiers dans  plusieurs pays, en 2017, les exportations israéliennes  vers la Chine ont bondi de 46%. Les producteurs laitiers en Israël bénéficient de cette envolée des tarifs du beurre.

L’industrie agro-alimentaire israélienne a produit 2,566 milliard de litres de lait en 2017, ce qui représente une hausse de 3 % par rapport à l’année 2016, qui avait déjà constitué un bon cru pour l’économie laitière. La production de lait annuelle des vaches israéliennes fait partie des plus élevées du monde. Une vache laitière produit ainsi en moyenne 12 083 kg de lait par an (en 2016).

Quand le géant alimentaire chinois Bright Food a voulu booster sa production laitière, c’est tout naturellement vers le marché israélien qu’il s’est tourné. Depuis 2015, ce conglomérat d’État basé à Shanghai, détient 56?% de l’entreprise Tnouva, au terme d’une transaction d’un milliard de dollars.

Ce qui a donné envie à Bright Food de poser son pied dans l’État Juif, C’est la compétence et l’expertise bleu et blanc en matière de lait, doublée d’une technologie en contrôle de qualité hors du commun qu’il souhaite importer en Chine, où la demande pour les produits laitiers est en hausse exponentielle.

Il faut dire qu’Israël mérite bien son surnom biblique. En Terre promise, le lait coule à flot. Les 125 000 vaches du cheptel israélien sont les plus productives du monde: une moyenne de 12 000 litres annuels, par animal, en 2016. Soit un total de 1500 millions de litres de lait de vache par an. (A noter également les 11,2 millions de lait de chèvre et les 15,9 millions de lait d’avoine).

Alors comment un pays aussi chaud et sec qu’Israël peut se targuer de posséder les meilleures vaches laitières au monde? Ce n’est pas tant la bête en soi, mais la technologie qui l’entoure, qui fait la différence. Aujourd’hui, le quotidien de la vache est entièrement automatisé les inventions et autres contributions technologiques de l’Etat d’Israël

Israël est le premier producteur au monde par tête de vache et un des leaders dans le domaine de l’industrie laitière

Depuis plusieurs années, la haute technologie s’est invitée dans les fermes israéliennes. Résultat?: une production laitière leader à l’échel­le de la planète.

Les inventions et autres contributions technologiques de l’État d’Israël ont fait que l’industrie laitière israélienne est l’une des plus performantes de la planète. Grâce à une batterie d’instruments de mesure ultra sophistiqués, Israël a repoussé les limites de la productivité. Désormais, tout est sous contrôle, ou plutôt sous capteur.

Pour parvenir à produire 12 000 litres par an, la vache est devenue un animal sous haute surveillance. Via des systèmes de refroidissement, jusqu’aux compteurs de lait, en passant par la biométrie, rien dans sa vie n’est laissé au hasard?: ses temps de repos, la distance qu’elle parcoure, le moment de l’œstrus, la mise à bas.

Aujourd’hui, la science a pris le dessus à la ferme. Les questions de santé, de production, de génétique et fertilité sont analysées par gestion informatisée. L’étable est climatisée, et la grange, équipée des dernières innovations robotiques.

A une époque où la consommation des produits laitiers ne cesse d’augmenter, l’agriculture se fait hautement technologique. Et les méthodes de fermage traditionnelles sont désormais remisées. Conséquence?  les petites structures agraires sont dépassées pour laisser la place aux grandes fermes mécanisées, capables de gérer leur chaîne de production laitière de A à Z.

La qualité a pris le pas sur la quantité. Le cheptel diminue, mais il est autrement productif. En 2016, Israël comptait 701 fermes laitières contre 1 026 fermes en 2005, soit une baisse de 21% en une seule décennie. Pour autant, sur la même période, la production moyenne de lait augmentait d’environ 59 %. Le résultat direct d’une réelle efficacité combinée avec une technologie à la pointe, développée par les instituts de recherche israéliens.

 

Car nul doute que l’industrie agricole d’Israël a bénéficié des compétences high-tech, principales sources de croissance d’un pays surnommé à juste titre la nation start-up. L’Etat juif est en tête des pays de l’OCDE dans le domaine du R&D, investissant 4,3 % de son Produit intérieur brut dans la recherche et le développement, soit près du double de la moyenne de l’OCDE. Et ces start-ups à domicile sont donc aux premières loges pour cerner les besoins du fermier et lui proposer des solutions adaptées. Comme SCR Dairy, société israélienne, à l’origine du développement d’une technologie révolutionnaire qui consiste  à mesurer la qualité et la quantité de lait en un temps record, à partir de rayons infra-rouges. Désormais, on peut connaître la composition du lait – matières grasses, protéines, lactose – fraîchement trait avant même que l’animal ne quitte l’étable.

Israel veut  intensifier l’investissement dans la recherche et les exportations dans le monde entier

Aujourd’hui, les technologies laitières représentent un marché de 965 millions de dollars par an, et des exportations à hauteur de 130 millions de dollars en 2016, soit une hausse de 11?% par rapport à l’année précédente.

De plus en plus de pays émergents, en particulier en Asie, qui veulent dynamiser leur production laitière, se tournent vers Israël. La Chine, bien sûr, par l’intermédiaire de Bright Food.

Au Vietnam, un groupe de compagnies israéliennes, sous la houlette d’Afimilk – leader mondial israélien dans les systèmes de management informatisés pour les producteurs laitiers – s’est lancé dans la construction d’une ferme laitière de 200 millions de dollars. Un des plus grands projets du genre au monde, censé fournir la moitié de la demande en lait du Vietnam.

 

Autre client de poids de la technologie israélienne : l’Inde. Le Sous-Continent est le plus gros producteur laitier au monde, via des fermiers dotés de peu de ressources. Ses niveaux de production par animal sont faibles, au grand dam des décisionnaires. Récemment, une délégation officielle a fait le déplacement jusqu’en Israël pour booster le rendement des fermes indiennes, tripler la production laitière et donner un sérieux coup de pouce aux exportations par l’acquisition d’un savoir-faire qui demande moins d’investissement, moins de temps et des opérations minimes.

Et la vache dans tout ça?? Nombreux sont ceux qui se soucient de son sort. Être la meilleure laitière au monde ne lui demande-t-elle pas trop d’efforts surhumains, ou plutôt suranimaux ? Non, affirme le docteur Ephraïm Maltz, de l’Institut d’ingénierie agricole, au Centre Volcani, «dans l’ensemble, la vache israélienne est une créature heureuse.»

Une donnée-clé : puisque le stress a une influence directe sur le lait, le bien-être de la bête est une priorité. Étroitement surveillée, donc, la nature de ses relations avec son fermier préféré, poursuit le docteur Maltz.

Israël et son climat subtropical exigent une vigilance toute particulière pour garder les vaches au frais. Éloignées des rayons directs du soleil en été, elles bénéficient de granges climatisées.

Souhail Ftouh 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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