La Knesset déclare : Mort au fax ! Vive le email !

 

L’évolution numérique conduit l’administration à se moderniser, impactant de fait ses relations avec les usagers. La loi, soumise par David Bitan et Sharan Hashcal (tous deux du Likoud), a été votée à l’unanimité lors de la séance nocturne du 18 juillet dernier à la Knesset. Le citoyen devra contacter les services des administrations par mail et non plus par fax comme c’était l’usage.

Face à l’évolution technologique qui a mis l’utilisation du mail au devant des moyens de communication, l’administration ne peut plus exiger  les transmissions de documents aux institutions (fiscales, gouvernementales, sociales, de santé…) par fax.

Cette loi ne s’applique pour l’instant qu’aux seuls organismes publics, dans l’attente de la vulgarisation générale du mail, à toutes sortes d’interlocuteurs privés et d’affaires.

Attention : ne vous délestez pas totalement de votre fax ! En effet, nombre d’entreprises privées (sociétés de crédit, entreprises industrielles, commerciales etc..) l’utilisent toujours.

Le manque de confort notoire du fax, obligeant souvent les expéditeurs de confirmer par téléphone la bonne réception de celui-ci, devrait au fur et à mesure disparaitre.

Tous les pays, face au fax, ne sont pas logés à la même enseigne.

Aux Etats-Unis, les télécopieurs ont ainsi quasiment disparu de la circulation – Xerox, considéré comme l’inventeur du premier modèle de machine grand public, a d’ailleurs arrêté voilà plusieurs années de commercialiser des fax simples.

Au Japon, où le télécopieur est depuis des décennies un appareil jugé indispensable à tout foyer, le fax reste à l’inverse très largement utilisé. En 2011, c’est d’ailleurs au fax qu’ont eu recours les autorités pour communiquer une partie des informations lors de l’accident nucléaire de Fukushima.

En Europe des machines neuves continuent à se vendre, aux entreprises comme aux particuliers. Les ventes baissent régulièrement à cause des emails. Mais le marché est loin d’avoir disparu.

“Échanges entre administrations, envoi de documents bancaires ou de contrats, des millions de personnes continuent à utiliser le fax chaque jour dans le monde”, explique Jonathan Coopersmith, professeur à la Texas A&M University et auteur d’un ouvrage sur l’histoire de cet objet.

A l’origine de cette résistance  : l’attachement de certains utilisateurs à la télécopie, notamment chez les générations les plus âgées. Il y a des habitudes qui perdurent. Le fax sert alors d’élément d’appoint en cas de pannes informatiques. Le poids des habitudes, cependant, n’explique pas tout. Il y a aussi le fait que “le fax permet d’envoyer des documents signés, considérés comme authentiques, ce qui n’est pas le cas des courriels.

Le déclin du fax va se poursuivre avec la mort de ses anciens utilisateurs, mais il ne disparaîtra pas.

Souhail Ftouh