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A force de côtoyer les israéliens ils commencent à devenir moins cons !!

La majorité des Palestiniens ne sont pas convaincus qu’un recours à l’Onu entraînera la naissance de leur État. Ils estiment toutefois qu’il s’agit d’une démarche importante dont il ne faut pas se rétracter à la dernière minute. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé en Judée-Samarie et dans la Bande de Gaza par le centre palestinien de sondage d’opinions, publié ce mardi 6 septembre 2011. Seuls 45,2% des Palestiniens sont persuadés qu’ils obtiendront une adhésion à l’Onu, contre 59,3% qui préfèrent retourner à la table des négociations avant de saisir les Nations unies.

Les experts légaux palestiniens critiquent aussi la demande d’Etat à l’ONU !

Selon l’agence de presse Maan, plusieurs personnalités palestiniennes, dont des écrivains, des intellectuels, des journalistes, des parlementaires et des leaders de la société civile, ont publié une déclaration appelant leurs dirigeants à continuer d’étudier d’autres options qu’une reconnaissance unilatérale d’un État palestinien à l’ONU, en septembre. “Nous, les signataires considérons que le recours au Conseil de sécurité est risqué, et qu’il existe d’énormes obstacles face à la demande d’adhésion” d’un État palestinien à l’ONU.

Après la Jordanie et la Ligue Arabe, voilà que les experts légaux palestiniens de l’ONU critiquent la demande de la reconnaissance d’un État Palestinien à l’ONU !

L’équipe palestinienne chargée de la préparation du dossier aux Nations Unies en Septembre, a donné un avis juridique indépendant qui révèle que le projet palestinien est “un risque élevé pour tout le peuple.”

L’initiative visant à transférer les Territoires Disputés en un État Palestinien, mettra de facto fin au statut juridique détenu par l’OLP à l’ONU depuis 1975. Un statut qui affirme que l’OLP est le seul représentant légitime du peuple palestinien. Fondamentalement, plus aucune institution autre que l’État ne pourra plus représenter les droits inaliénables du peuple palestinien dans les institutions de l’ONU” explique le document.

“La représentation pour le droit à l’autodétermination sera gravement touchée, car elle est un droit de tous les Palestiniens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la patrie” ajoute l’avis juridique. Ce changement de statut privera du droit au retour les “réfugiés palestiniens.”

L’avis juridique, de 7 pages, a été soumis à Guy Goodwin-Gill, professeur de droit international à l’Université d’Oxford et membre de l’équipe qui a remporté en 2004, le jugement de la Cour Internationale de Justice sur le tracé de la barrière de sécurité d’Israël. L’équipe palestinienne, dirigée par Saeb Erekat, travaille sur ce document depuis presque un an.

En raison de la structure constitutionnelle de l’OLP, l’Autorité Palestinienne n’est que très limitée dans ses mouvements. Cette dernière avait été créée pour une “courte durée” ce qui signifie que l’AP “a un pouvoir législatif et exécutif limité, une compétence territoriale restreinte et une juridiction réduite sur les Palestiniens qui ne vivent pas dans dans les territoires”.

Le mémoire explique que l’AP “est un organe subsidiaire, compétent uniquement pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par le Conseil National Palestinien. Par définition, il n’a pas la capacité d’assumer de plus grands pouvoirs. Il n’a pas l’aptitude pour devenir un État.” Il ne peut pas «se dissoudre» ou s’imposer indépendamment du Conseil National Palestinien et de l’OLP.

Par ailleurs, c’est l’OLP et le Conseil National Palestinien qui ont toute légitimité du fait qu’ils représentent “les droits des déplacés palestiniens, quelque soit l’endroit où ils vivent.”Particulièrement cruciales sont les conclusions de ce rapport sur les conséquences pour les Palestiniens de la diaspora : “ils seront privés à jamais de leurs droits de retour, interdits à jamais de représentation à l’ONU.”

Karma Nabulsi, une ancienne représentant de l’OLP aujourd’hui professeur à l’Université d’Oxford, affirme qu’elle confirme le rapport alarmant des spécialistes :

“Aucun Palestinien n’acceptera de perdre ces droits élémentaires pour une telle initiative diplomatique en septembre», dit-elle. «Premièrement, nous n’avons pas de territoire libéré pour établir un État. Et si l’OLP n’est plus le représentant légitime du peuple palestinien à l’ONU, alors, notre peuple n’aura plus personne pour revendiquer les droits des réfugiés et à l’ONU et à travers le monde. C’est un problème urgent et critique pour tout notre peuple. Nous devons nous assurer que nos représentants continuent d’être présents dans tous les les forums internationaux, et ne pas les affaiblir.”

«L’OLP est le représentant de tout le peuple, et pas seulement une partie du peuple; l’OLP est l’architecte et le fondateur de l’Autorité palestinienne. Ni l’Autorité palestinienne, ni l’OLP ne peuvent modifier le rôle et la structure de l’OLP sans l’accord de l’ensemble du peuple palestinien. En tout cas, l’OLP et le peuple palestinien ne se doutaient pas que cette demande à l’ONU pouvait être aussi néfaste pour l’OLP. Maintenant, nous le savons. Nous avons besoin de clarification sur ce sujet.”

Ultime tentative palestinienne pour esquiver un recours à l’Onu ? Nimr Hamed, le conseiller politique du président palestinien, Mahmoud Abbas, a indiqué ce mardi matin que les Palestiniens ne s’adresseront pas à l’Onu si Netanyahu annonce un moratoire sur la construction dans les implantations, en vigueur durant les négociations, et qu’il est prêt à rouvrir le dialogue sur la base des frontières de 67. Selon lui, le leadership palestinien attend encore une proposition de compromis qui permettrait d’éviter une démarche unilatérale de proclamation d’indépendance de la Palestine aux Nations unies.

Ftouh Souhail

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