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Le 31 août 2017, jour de rentrée scolaire en Russie, le président russe, Vladimir Poutine a parlé aux jeunes de la nation. Dans son discours, le chef d’Etat surprend tout le monde avec des mots sans équivoque :

 

«L’intelligence artificielle représente l’avenir non seulement de la Russie, mais de toute l’humanité. En ce domaine, il y a des opportunités colossales et des menaces qui sont difficiles à prévenir aujourd’hui ».

 

Dans son discours il a ajouté :

 

« Celui qui deviendra le leader dans ce domaine sera le maître du monde. Et il n’est pas souhaitable que ce pouvoir soit concentré entre les mains d’une seule personne. Donc, si nous sommes les leaders dans ce domaine, nous partagerons ces technologies avec le monde entier, comme nous partageons aujourd’hui les technologies atomiques, les technologies nucléaires. C’est vraiment le futur  regardez ce qui se passe en Israël..».

 

Ceci est totalement vrai. Ceux qui contrôleront le big Data (1) et l’Intelligence Artificielle, contrôlerons le monde !

 

Le président russe  suggère d’implanter des entreprises pour lever des fonds, sur le modèle israélien.

 

La Russie, aujourd’hui au 22e rang mondial du numérique, cherche à se repositionner dans le peloton de tête mondial.

 

Aujourd’hui la Californie et d’autres valley, en Israël ou en Asie, ont pris les rênes de la révolution numérique et savent la monétiser avec succès.

 

Le président russe a affiché sa volonté de rattraper ce retard, et son agacement de voir que les fonds  étrangers  ne peuvent pas  investir dans des compagnies  russes qui ne sont pas en pointe sur le marché.

 

A en croire le président, « il faut s’inspirer du modèle israélien. C’est-à-dire implanter des sièges à l’étranger pour s’étendre à l’international. Mais toujours conserver une identité russe. Nos entreprises pourront ainsi lever des fonds, sans se faire racheter, car la tradition russe est plus tournée vers les produits nationaux (2). »

 

L’économie numérique en Russie est un univers peu connu

 

 Contrairement à leurs aînées qui restent positionnées sur le marché intérieur, en expansion, les jeunes pousses russes du numérique veulent trouver des débouchés à l’international.

 

Selon l’association Russoft des éditeurs et sociétés de services russes, la Russie comptait 2 300 start-up dans le secteur des apps mobiles en 2016 sur un marché  de 1,3 milliard de dollars.

 

La moitié des Russes (70 millions de personnes) sont internautes. Et en 2016,  seulement 150 investisseurs en capital-risque étaient actifs pour un volume d’investissements de 800 millions de dollars.

 

Le potentiel du marché intérieur  ne permet pas aux start-up de se développer sans passer par l’international. Le marché russe n’est pas si gros. Pour les petites structures, il est plus  intéressant de s’ouvrir  à l’international. C’est pourquoi  pour le président russe la présence sur d’autres marchés augmente les possibilités de levées de fonds.

 

 

Le champion du secteur des hautes technologies est Rosnano, un fond d’investissement visant à développer, en partenariat avec des entreprises privées, la production d’équipements de haute technologie en Russie, en particulier dans les domaines de l’énergie (solaire notamment), des nano-matériaux, des biotechnologies, de l’ingénierie mécanique, de l’optoélectronique.

 

Rosnano a créé une filiale dans la Silicon Valley et en Israël pour y développer des partenariats.

 

Parmi les projets déjà développés récemment ou en cours de production : une usine d’opto-électronique et de micro-électronique (Mapper-Lythography) à Moscou, une production de détecteurs neutroniques d’explosifs (Neutron Technologies) près de Moscou, une usine de plastiques à effet barrière (Ouralplastic, pour l’emballage alimentaire notamment) près de Iekaterinbourg, une production de panneaux photovoltaïques (Hevel) en Tchouvachie, une production de puces RFID près de Moscou, et enfin une usine de production de verre à “nano-revêtements” (meilleure isolation thermique) près de Moscou.

 

Des projets “hi-tech” en tous genre activement soutenus par le gouvernement russe. Rosnano doit être partiellement privatisé, mais le président russe a exclu de la privatiser entièrement.

 

Il y a peu, l’entreprise russe Softline, qui propose des solutions et des services IT, a exprimé aussi l’intention  de s’implanter en Israël.  Cela montre l’intérêt porté par les Russes aux technologies israéliennes.

 

 

Il faut  rappeler qu’il existe une collaboration étroite entre de nombreux scientifiques russes et  israéliens. Israël a une minorité substantielle russophone.

 

Souhail Ftouh

 

(1) Le big data est constitué par toutes les données que nous générons à chaque instant, dont le volume global croît exponentiellement. De l’historique de navigation aux localisations GPS, jusqu’au météo et au solde des comptes courants, ces données récoltées par les mobiles, applications et autres objets connectés génèrent de nouveaux usages pour les États et les entreprises.

(2) Un décret du gouvernement russe prescrit aux pouvoirs publics d’acquérir uniquement les logiciels figurant sur un registre national à compter du 1er janvier 2016. D’après les médias russes, les pouvoirs publics ne sont donc en mesure d’acquérir de logiciels de provenance “extérieure” que s’il n’existe pas d’analogues “nationaux” sur le marché russe. Le décret est destiné à “protéger le marché intérieur de la Fédération de la Russie, à développer l’économie nationale et à soutenir les producteurs russes”.

 

 

 

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