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Moncef Marzouki, le président du Congres Pour la République (CPR), supposé être le futur président de la République Tunisienne a refusé de rencontrer une délégation du comité juif américain venue en éclaireur en Tunisie afin de sonder les réelles intentions de la nouvelle équipe dirigeante sur la rupture des relations diplomatiques avec Israël, susceptible d’être incluse dans la future Constitution tunisienne.

La délégation du Comité juif américain qui était conduite par Jason F.Isaacson, directeur du gouvernement et des Affaires internationales, Maia Blume, assistante du directeur, Donald A.Yale et Allan J.Reich du cabinet d’Avocats Seyfarth Shaw LLP a néanmoins rencontré le secrétaire général du parti Ennahdha, Hamadi Jebali.

L’objet de la visite se serait rapporté aux assurances que voudrait avoir les dirigeants juifs américains pour ce qui est d’éviter d’inclure dans la future Constitution tunisienne une clause interdisant l’établissement de relations diplomatiques avec l’Etat d’ Israël.

La commission de réforme politique tunisienne a annoncé, début juillet 2011, l’adoption à la majorité d’un “pacte républicain” visant à servir de socle à la future constitution, qui stipule notamment le refus de toute forme de normalisation avec l’Etat Hébreu.

Ce pacte, qui doit servir de socle pour la nouvelle constitution tunisienne, refuse catégoriquement “toute forme de normalisation avec l’Etat sioniste” et soutient la question palestinienne. Cette mention a été l’objet d’un désaccord entre les membres de la commission, certains ayant jugé qu’elle n’est pas nécessaire dans une déclaration de principes, alors que d’autres, dont le mouvement islamiste Ennahda, qui s’est retiré fin juin 2011 de la commission, avait insisté sur son inclusion.

Le parti Ennahdha, qui était à l’origine de l’idée de l’élaboration de cette clause sur le refus de toutes relations diplomatiques avec Jérusalem, est aujourd’hui en négociation avec les États-Unis. Washington qui a favorisé l’accession au pouvoir des islamistes en Tunisie (ou en l’Egypte) cherchent à normaliser les relations des États arabes avec Israël.

A ce propos, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, va les prochains mois pour convaincre les nouveaux dirigeants arabes de l’urgence d’une normalisation avec Israël ! Mais cela a forcément un prix. En échange, les pays du printemps arabe démocratique vont bénéficier du plan d’aide américaine.

Le président Obama, dans son discours sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, en mai dernier, a annoncé un grand plan économique de « soutien à la démocratie ». Les premiers pays où il sera réalisé sont l’Egypte et la Tunisie. A la demande de Washington, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont présenté au sommet G-8 du 26-27 mai 2011 en France, un plan pour « stabiliser et moderniser les économies égyptienne et tunisienne ».

En même temps, les États-Unis sont en train de créer des fonds d’entreprise à investir en Egypte et Tunisie, sur le modèle de ceux qui ont soutenu la transition en Europe orientale, C’est une initiative bipartisane promue par le sénateur démocrate John Kerry et par le républicain John McCain.

Les régimes de Moubarak et Ben Ali étant écroulés, Washington tente de cette façon de créer une nouvelle base de coopération qui garantisse la continuité avec les forces démocratiques naissantes en Egypte et en Tunisie. Ces deux pays seront le laboratoire où l’on mettra au point le plan, qui prévoit l’allocation de 2 milliards de dollars d’aides américaines pour lancer une initiative globale de partenariat de commerce et d’investissements au Moyen-Orient et en Afrique.

Ftouh Souhail

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