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Selon un rapport inquiétant de l’Onu, publié le 26 janvier 2012, la guerre civile de l’année dernière en Libye aurait permis à des groupes armés africains tels que Boko Haram et Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) d’accéder à de vastes caches d’armes.

Selon ce document, qui analyse l’impact de la guerre civile en Libye sur les pays du Sahel, les autorités de certains pays estiment que la secte islamiste Boko Haram, responsable de la mort de centaines de chrétiens en 2011 et de plus de 250 autres cette année au Nigeria, entretient des liens de plus en plus étroits avec Aqmi.

Les armes évoquées par le rapport sont des “lance-grenades, des mitrailleuses avec visée anti-aérienne, des fusils automatiques, des munitions, des grenades, des explosifs, ainsi que de l’artillerie légère anti-aérienne montée sur véhicule”.

Certains pays estiment que ces armes ont été livrées clandestinement par d’anciens combattants de Libye, soldats de l’armée et des mercenaires africains à des islamistes et djihadistes.

“Les gouvernements des états visités estiment que, malgré les efforts mis en oeuvre pour contrôler leurs frontières, de vastes quantités d’armes et de munitions issues des stocks libyens parviennent à entrer illégalement au Sahel”, écrivent les auteurs.

La majorité des stocks de missiles sol-air portatifs portés manquants, depuis le soulèvement contre le régime Kadhafi, sont toujours en Libye.

“Certaines de ces armes pourraient être cachées dans le désert et vendues à des groupes terroristes comme Al Qaïda au Maghreb islamique, Boko Haram ou d’autres organisations criminelles.”

D’importants stocks de munitions abandonnés par l’armée de Mouammar Kadhafi restent encore aujourd’hui sans surveillance dans l’est de la Libye et les nouvelles autorités libyennes avancent des raisons budgétaires pour expliquer cette situation qui inquiète la communauté internationale.

La trace d’au moins 10 000 missiles sol-air a été perdue en Libye, a estimé un haut responsable militaire de l’OTAN, par le site Internet de Der Spiegel. Selon l’hebdomadaire allemand, le président du Comité militaire qui regroupe les chefs d’état-major des pays de l’OTAN, l’amiral Giampaolo Di Paola, a tenu une réunion secrète avec des députés allemands, en octobre dernier , dans lequel il a exprimé les inquiétudes de l’Alliance atlantique.

En septembre dernier, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, dans une interview à la chaîne d’informations France 24, a alerté qu’un flux massif d’armements provenant de Libye est récupéré par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

‘’La Libye était un pays super-équipé et super-armé et tout l’arsenal que possédait le régime du colonel Mouammar Kadhafi ou une grande partie, s’est volatilisé et s’est retrouvé sur les axes du Sahel’’, a-il souligné, évoquant même des missiles sol-air. ‘’Il y a un flux massif d’armements qui a quitté la Libye. Les terroristes qui sont dans la zone du Sahel en profitent’’ a-t-il déploré.

Les Israéliens observent aussi avec inquiétude la prolifération des armes et du terrorisme et estiment que la chute du régime de Kadhafi a ouvert la porte aux responsables d’Al Qaïda au Maghreb islamique de s’emparer d’armes lors du conflit libyen. Le chef du renseignement militaire, le général Aviv Kokhvi lors de la réunion à laquelle a également assisté le président de la division Afrique du Nord aux affaires étrangères, Cohen Shalom, ont fait un suivi pointu de cette situation.

Tout comme dans la zone du Sahel, la bande de Gaza est aussi inondée par des armes en provenance de Libye, selon les experts israéliens. Selon des responsables du renseignement militaire, les entrepôts de l’armée libyenne sont devenus l’un des greniers privilégiés des terroristes gazaouïs. Acheminé clandestinement en Egypte, une grande partie de cet armement, y compris divers types de missiles, a fait son chemin vers la bande de Gaza via les tunnels de contrebande près de Rafah, à la frontière Gaza-Egypte.

Ftouh Souhail

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